Camps de jour: le compte à rebours est commencé

Trois jours. C’est le temps qui reste au gouvernement provincial pour annoncer une aide financière aux camps privés du Québec, sans quoi l’Association des camps du Québec (ACQ) émettra une directive à ses membres, notamment à ceux du Saguenay-Lac-Saint-Jean, en leur demandant de ne pas ouvrir leurs portes cet été. C’est du moins l’avertissement émis par son président, Steven Grenier, dans une lettre envoyée directement au premier ministre Legault.

Steven Grenier affirme que sans cette aide, les membres de l’ACQ ne pourront pas offrir un service sécuritaire aux enfants du Québec.

« Sans une intervention de votre part d’ici le vendredi 29 mai, nos organisations ne seront pas en mesure de remplir la mission que vous leur avez confiée en leur demandant d’ouvrir leurs portes le 22 juin 2020. En effet, un sondage effectué auprès de nos membres démontre que sans un soutien financier des gouvernements, 71 % des camps de jours ne seront pas en mesure d’ouvrir de manière sécuritaire cet été, cette fermeture plongerait le tiers d’entre eux en faillite », peut-on lire dans la lettre.

Le président de l’ACQ explique qu’après la date butoir du 29 mai, il deviendra irréalisable, pour les gestionnaires de camps de jour, d’assurer la préparation nécessaire à la mise en place des nouvelles mesures de santé publique. Il demande donc une aide financière de 11 M$ de la part du gouvernement. 

« Ce montant leur permettrait notamment d’embaucher le personnel supplémentaire nécessaire, de procéder à la location de nouveaux locaux et d’acheter le matériel de protection requis. »

Camps de vacances

En ce qui concerne les camps de vacances, l’ACQ explique avoir besoin de 22 M$ pour assurer leur survie.

« En parallèle de cet enjeu urgent, nous réitérons notre pleine collaboration pour trouver des solutions qui permettront d’assurer également la survie des camps de vacances que votre gouvernement a décidé de fermer cet été en raison de la crise sanitaire. Ces organisations représentent un patrimoine inestimable que nous devons soutenir pour assurer une reprise de leurs activités à l’été 2021. (…) Ce montant permettrait aussi aux camps de rembourser les millions de dollars de dépôt versés par les familles québécoises pour garantir leur place. »

Au Québec, 75 % de tous les camps sont administrés par des organismes à but non lucratif, privés ou de bienfaisance et font notamment partie des 346 membres de l’ACQ. Ils opèrent près de 700 sites à travers la province. 

Réaction des Libéraux

La députée de Vaudreuil pour le Parti libéral du Québec, Marie-Claude Nichols, se dit en faveur des demandes de l’ACQ.

« Je suis en accord à 100 % et j’ai une inquiétude pour les familles du Québec. En fait, ma plus grande inquiétude est pour les ados. On a oublié les ados. Je pense aux jeunes de 14 ans qui ne vont pas à l’école et qui sont trop jeunes pour aller sur le marché du travail. (…) Là, on vient de leur dire qu’il n’y en aura pas de camps de jours et que s’il y en a, ça ne sera pas ouvert à tout le monde ou que ça se peut que leurs parents n’aient pas les moyens pour les envoyer là. »

La porte-parole de l’opposition officielle en matière de sécurité publique croit que cela « cause des préjudices et je pense que le gouvernement est en mesure d’amener un support aux familles ».

Elle est d’avis que l’annonce de l’ouverture des camps de jour faite par le premier ministre est une bonne nouvelle. Par contre, elle déplore le manque de soutien financier en lien avec une telle annonce.

« Les familles, les enfants, tout le monde est content. Le problème est qu’il n’y a pas de soutien financier qui suit cette annonce-là. On garroche ça dans les cours comme ça et on dit arrangez-vous! C’est problématique. »

Pour la députée, la solution est simple. « Le gouvernement doit confirmer avant vendredi un support financier à tous les camps de jour du Québec. (…) Le gouvernement connaît les demandes, car il a travaillé avec les camps pour pouvoir mettre en place les mesures sanitaires. »