Jean-Marc Campion n'est pas ressorti du Palais de justice. Il a pris le chemin de la prison.

Campion attendra sa sentence en prison

Jean-Marc Campion a pris le chemin de la prison le temps de connaître, vendredi, sa sentence pour avoir fait des attouchements sexuels sur une mineure. Il s'expose à une peine de 3 à 12 mois d'emprisonnement.
Le juge Pierre Lortie a pris la cause en délibéré après avoir entendu les procureurs plaider sur la peine à imposer au Félicinois de 59 ans. Rappelons que l'homme, qui habite maintenant dans le secteur de Montréal, a mis la main sur un sein à trois reprises et a touché à la vulve de sa jeune victime une fois. Les événements se sont déroulés entre le 20 et le 31 décembre 2014.
L'homme continue à nier les faits même après avoir été accusé le 29 avril 2016.
La procureure de la Couronne, Me Julie Lajoie, a insisté à plusieurs reprises sur le fait que Campion n'avait jamais démontré de compassion envers la victime. Le rapport présentenciel le démontre clairement, selon elle. « C'est un homme narcissique qui se dit victime de ce qui se passe et qui s'entoure de personnes qui le confortent dans son déni », a-t-elle lancé.
Julie Lajoie considère odieux qu'un homme commette un tel crime envers un enfant, même si les attouchements réalisés ne sont pas les gestes les plus graves dans le cas d'agression sexuelle. C'est le fait qu'il l'a commis dans un contexte d'abus de confiance qui rend le crime plus ignoble, selon Me Lajoie.
Elle a souligné que ces événements ont chamboulé la vie de plusieurs personnes. (Nous ne pouvons être précis afin de protéger l'identité de la victime).
C'est pour toutes ces raisons que Julie Lajoie a demandé au juge de prononcer une forme de « châtiment » à l'endroit de Jean-Marc Campion en lui imposant une peine de 12 mois d'emprisonnement et une interdiction de 10 ans d'être seul en présence d'une personne de moins de 16 ans.
90 jours
L'avocat de Campion, Me Denis Otis, a quant à lui réclamé la peine minimale de 90 jours à purger les week-ends.
De plus, il suggère la réalisation de 150 heures de travaux communautaires et de verser 1000 $ à un organisme.
Il a informé que son client avait été victime d'agression sexuelle dans sa jeunesse. Il a souligné que, selon le rapport sexologique, Jean-Marc Campion avait un risque modéré à faible de récidive.
Par contre, Denis Otis a concédé que son client n'avait pas d'empathie envers la victime et niait son problème de pédophilie. Son avocat assure qu'il va se conformer à une thérapie de groupe en sexologie pour le confronter et l'obliger à s'ouvrir et à écouter les autres.
Pourtant, il a dit lors de son évaluation sexologique que de suivre une thérapie « serait une crisse de perte de temps ».
Parmi les facteurs atténuants, il y a le fait qu'il n'a pas d'antécédents judiciaires, son âge et le peu de chance qu'il récidive.
C'est vendredi que le juge Pierre Lortie fera connaître combien de temps Campion devra rester derrière les barreaux.