L’unité des cadets de la marine du Saguenay en mai dernier, lors d’un voyage à Halifax.

Cadets de la marine: les inscriptions en chute libre

Les jeunes du Saguenay boudent les cadets de la marine. La baisse du nombre d’inscriptions cette année est telle que les activités de formation et de loisirs dispensées par l’organisme à la réserve navale de Chicoutimi pourraient être compromises, faute de financement.

Ce n’est pas parce que les inscriptions génèrent des profits, précise l’officière d’instruction, Émilie Larouche. Au contraire, d’aucuns ignorent que joindre les cadets est tout à fait gratuit et que les jeunes de 12 à 16 ans sont tous acceptés, pourvu que leurs parents signent le formulaire de consentement. C’est simplement que plus il y a d’inscrits, plus le financement accordé par l’Unité régionale de soutien aux cadets (URSC) est grand. Ceci permet aux adolescents de faire plus de choses, permettant ainsi l’ouverture de leurs horizons.

Depuis cinq ans, la fréquentation est en baisse. Mais cette année, il y a pratiquement péril en la demeure, signale Émilie Larouche, qui souhaite mousser les activités des cadets et qui rappelle tout le positif pouvant découler d’un tel cheminement. Les noms de moins d’une vingtaine de jeunes figurent actuellement dans les registres des cadets de la marine. Idéalement, il en faudrait entre 30 et 50 pour que les activités fonctionnement à plein régime. La dégringolade a débuté il y a environ cinq ans. Il n’y a pas si longtemps, signale Émilie Larouche, elle-même une ancienne cadette, les aspirants se bousculaient aux portillons et il n’était pas rare de voir une centaine d’entre eux inscrits chaque année.

« Plus il y a de jeunes, plus il y a de budgets pour des activités. En ce moment, c’est plus difficile. Même pour les activités de théorie, la dynamique n’est pas la même parce qu’il y a moins de monde. En plus, quand on en perd un ou deux, surtout dans les plus vieux, ç’a un effet domino et certains partent. Ce qui est dommage, c’est qu’à partir de 16 ans, les cadets ont droit à un emploi rémunéré alors c’est dommage quand ils quittent », fait valoir Émilie Larouche.

Selon l’officière d’instruction, la marine serait la plus touchée par la diminution des trois éléments. Cette baisse pourrait s’expliquer par l’abondance de programmes enrichis dans les écoles et l’association que font plusieurs parents avec le monde militaire.

« On est dans une société où tout coûte cher et nous, on offre une panoplie d’activités gratuites. Même les sorties et les voyages que l’on fait ne coûtent rien. C’est dommage parce que nous, ce qu’on veut, c’est que les jeunes apprennent les rudiments de la marine et qu’ils se dépassent. Il y a des gens qui associent aussi les cadets à l’armée et étant donné que parfois, au Québec, on a tendance à moins bien voir l’armée, ça a des répercussions », croit Émilie Larouche, précisant que la réserve navale ne peut même pas venir recruter dans les rangs des cadets.

« Ce qui nous anime, c’est les jeunes. C’est leur permettre d’apprendre des choses et de se dépasser. On accepte toute le monde. Il n’y a aucune discrimination et tous les jeunes sont les bienvenus, qu’ils aient un trouble d’apprentissage ou un handicap », poursuit-elle.

Les activités de cadets ont lieu les mercredis soirs. Ils sont aussi appelés à pratiquer des activités nautiques et à faire du bénévolat. Les intéressés peuvent visiter le Facebook des cadets de la marine du Saguenay ou à se présenter sur place les mercredis avec leur carte d’assurance maladie, leur certificat de naissance et un parent.