Ça brasse à la Maison de répit Les Amis d’Hugo de Saint-Félicien

Présidence du conseil d’administration par intérim. Manque d’administrateurs. Changement à la direction générale de l’organisme. Fraude. Interruption de services. Démissions et congédiements. COVID-19. Réouverture avec une offre réduite de services. Mécontentement. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les derniers mois ne furent pas de tout repos à l’Association jeannoise pour l’intégration sociale (AJIS), aussi connue sous le nom de la Maison de répit Les Amis d’Hugo de Saint-Félicien. Le président par intérim Gaétan Bouchard a accordé une entrevue au Quotidien afin de clarifier la situation.

Pour le président, il allait de soi qu’il fallait mettre de l’ordre au sein de l’organisme. « Ça ne marchait pas et on ne pouvait plus continuer comme ça pour une éternité. C’est déjà formidable qu’elle ait réussi à fonctionner et qu’il ne soit pas arrivé de catastrophe. »

Il explique que depuis six mois, la maison de répit implique le CLSC dans sa réorganisation et qu’elle a fait appel à un organisateur communautaire afin « de tout remettre en place. »

« Ça va fonctionner de manière hiérarchique et comme il le faut. Il va y avoir un C.A., qui va donner ses consignes à la direction générale, qui donnera ensuite ses directives aux employés et on va pouvoir donner des services sécuritaires. »

Selon lui, la tempête est maintenant chose du passé. « Tant mieux s’il n’est pas arrivé de bad luck dans un tel contexte d’improvisation et d’insécurité. »

Démission et congédiement

Il ne s’en cache pas, ces changements n’ont pas plu à tous les employés et cela a pu causer différentes frustrations de part et d’autre. « Il y a eu des frustrations, mais il fallait mettre des règlements et on les a mis. »

De l’équipe initiale de cinq employées, il n’en reste qu’une seule. À cela s’ajoute la directrice par intérim Stéphanie Trottier.

Il confirme que trois employées ont démissionné et une autre a été congédiée. « Les employées organisaient leurs horaires de travail. C’est un contexte qui ne pouvait pas perdurer et quand on a voulu mettre en place la structure normale de fonctionnement d’un organisme à but non lucratif, il y a des employées qui n’étaient pas capables de fonctionner à l’intérieur de l’autorité et des règlements que l’on voulait instaurer. »

Manque d’employés

Concernant le manque actuel de personnel, il affirme que de nouveaux postes seront bientôt affichés. « Tout de suite en juillet, on va aller en appel d’offres pour des préposés et on va essayer d’être très attractif, car tout le monde est à la recherche de préposés et on va vouloir combler notre personnel. (…) On veut des préposés, mais c’est sûr et certain que si l’on trouve des éducateurs et éducatrices spécialisés, on va aussi en prendre. »

Même s’il se dit très satisfait par celle qui occupe la chaise de directrice, le poste sera de nouveau affiché. « On va aussi aller en appel d’offres pour la direction générale. Mme Trottier avait accepté un mandat de six mois pour assumer la direction par intérim. »

Comme l’équipe ne compte qu’une seule employée actuellement et qu’elle détient simplement une formation comme animatrice, cela occasionne des ajustements concernant le camp de jour, qui doit se limiter à accueillir une seule personne à la fois quotidiennement.

« Il se fait quand même des camps de jour actuellement et on tente le mieux possible de répondre aux familles. Il y a un peu plus de 40 familles qui utilisent les services de la ressource. »

Fraude

Ne pouvant pas trop commenter la situation compte tenu d’une entente hors cour, le président s’est limité à dire que ce n’était qu’« un petit cas de fraude, mais ça s’est réglé ».

Le Quotidien a su que le montant total serait de moins de 1000 $ et qu’il aurait été remboursé. L’organisme n’aurait alors subi aucune perte financière.

Assemblée générale annuelle

En plus du manque de personnel, l’organisme doit composer avec un C.A. limité. La prochaine assemblée générale se tiendra à l’automne. D’ici là, le conseil d’administration fonctionne en nombre réduit.

« Le conseil d’administration est en tain de travailler sur une structure organisationnelle et, oui, ça entraîne des changements. (…) Et puis il y a des membres du conseil qui sont partis, donc on est quatre membres plus une directrice, mais on a toujours quorum et il y a un comité exécutif, donc ça ne pose pas de problème. »

Projet de 500 000 $

Loin de se décourager, le président explique que cette restructuration devrait aider au développement de l’organisme, qui élargira son équipe au cours des prochains mois.

« L’AJIS va signer une entente à l’automne avec le CIUSSS et le CRDI (Centre de réadaptation en déficience intellectuelle du Saguenay-Lac-Saint-Jean). On va devoir ajouter cinq autres employés, donc il devrait y avoir 10 employés pour fonctionner 24 heures sur 24 et 365 jours par année. On va passer d’un budget de 150 000 $ à près de 500 000 $. »