Le brasseur en chef de la microbrasserie Br77, Maxime Soucy, à droite, a profité d'une affluence moins importante pour prendre le temps de bien expliquer ses produits à sa clientèle, avec l'aide de ses comparses chez Br77.
Le brasseur en chef de la microbrasserie Br77, Maxime Soucy, à droite, a profité d'une affluence moins importante pour prendre le temps de bien expliquer ses produits à sa clientèle, avec l'aide de ses comparses chez Br77.

Brasse ta région : un test réussi haut la main

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
Le festival « Brasse ta région », qui se voulait un substitut au Festival des bières de Saguenay, s’est avéré être « un succès incroyable » pour l’organisateur Robert Hakim, qui jamais n’aurait cru que son événement serait aussi populaire.

L’événement qui devait se tenir en trois séances sur deux jours a finalement été allongé pour répondre à la demande. « Quand on a décidé de faire ça, on ne savait pas dans quoi on s’embarquait. Tant qu’à s’installer, on va rester deux jours, vendredi et samedi. C’était ça au départ, mais les billets se sont vendus en trente minutes. On a donc ajouté un soir, jeudi, et en 20 minutes c’était rempli. C’est au-delà de nos attentes et on voit qu’on répond à un besoin », a expliqué Robert Hakim.

« Brasse ta région » était l’un des premiers événements publics de 250 personnes depuis qu’ils ont été autorisés par la Santé publique, ce qui attirer quelques curieux d’autres organisations. « J’ai vu des gens d’autres événements de Chicoutimi, de Jonquière, de La Baie, les gens du Festival des vins, pour voir si ça fonctionne et si ça se peut. La réponse est oui. C’était la bonne région et la bonne ville pour tester, parce que les gens sont crinqués. On a les meilleurs festivaliers du Québec. Il n’y a rien qui les arrête. Ils sont prêts tout le temps », a souligné le grand manitou des Productions Hakim.

Malgré le succès, il espère que l’été 2021 sera de retour à la normale, pour le bien du Québec et de son industrie touristique. « Les festivals et les événements sont tellement importants pour l’industrie touristique, que si on vit un deuxième été comme ça, tout va s’effondrer. Je suis persuadé qu’on va être correct, avec toujours des mesures sanitaires, mais moins strictes. »


Malgré la pluie et le temps froid samedi soir, des dizaines d'irréductibles amateurs de bière étaient toujours au rendez-vous.

Le bonheur des exposants

Pour beaucoup de microbrasseries, la saison des festivals est l’occasion idéale de se faire connaître. Avec l’annulation de tous ceux-ci, c’est une année plus difficile pour eux. Heureusement, « Brasse ta région » leur a donné l’occasion de renouer avec leur clientèle.

« C’est plus du côté moral que ça fait du bien, de rencontrer des gens. Côté monétaire, c’est un peu moins intéressant, mais on ne fait pas ça pour l’argent. On fait ça pour le plaisir, pour la visibilité et pour avoir un contact avec notre clientèle. Ça fait du bien après un long confinement comme ça », a avoué le propriétaire de la Microbrasserie Saint-Honoré, Francis Laberge.

Cette pensée était assez généralisée chez les exposants. « Ça fait du bien. Avec les fermetures de bars plus tôt cette année, ça fait du bien l’entourage brassicole et d’avoir le contact avec notre client. On vend beaucoup en bouteille et en fût, mais on n’a pas vraiment de contact avec nos clients. Je pense que c’est vraiment ça qui fait du bien. Ça nous permet d’avoir des retours sur les produits qu’on a sortis récemment », a fait savoir le brasseur en chef de la microbrasserie Br77, Maxime Soucy.

Robert Hakim lui-même s’est réjoui pour les exposants qui ont pu sortir et faire connaître leur produit. « Ils n’ont rien fait cet été. Ils sont habitués de faire plusieurs festivals des bières. Le contact qu’ils ont avec les gens, ça fait toute la différence du monde. Ils présentent leurs produits, ils sont contents. »

Le propriétaire de la Microbrasserie Saint-Honoré, Francis Laberge, était bien heureux d'écouter les commentaires des festivaliers qui goûtaient ses produits. 

Une expérience différence

Le maximum de 250 personnes aurait pu être vu négativement chez les exposants, mais ils ont préféré voir le positif de la chose. « Ce qui est plaisant, c’est qu’on ne fait pas que servir de la bière, ce qui est souvent le cas dans les festivals. Là, on a le temps de discuter, d’expliquer nos produits, mais aussi d’avoir un retour des gens », a souligné M. Laberge.

Un avis que partage également Maxime Soucy. « Le nombre réduit de personnes nous permet d’échanger avec les amateurs de bières. Ça permet aussi de pouvoir prendre le temps avec le client de faire découvrir les bières, d’avoir contact spécial. On a le temps d’expliquer le goût, d’où ça vient, quels ingrédients j’ai utilisés pour aller chercher ces petites subtilités-là. »

De son côté, Robert Hakim croit qu’il serait facile d’augmenter la limite de personnes, sans pour autant augmenter les risques de propagation du coronavirus. « On a l’espace pour plus de 250 personnes. On a les produits pour se nettoyer les mains, nos exposants sont régionaux, nos musiciens sont régionaux. Honnêtement, on aurait pu accueillir plus de monde, parce qu’on a tous ce qu’il faut pour. On ne sait pas pourquoi c’est 250 personnes. C’est un chiffre magique. On suppose que c’est pour restreindre les recherches en cas de cas positif, mais les gens sont disciplinés, bien plus qu’on le pense. »