Bolduc craint une fusion des établissements

Le député Yves Bolduc condamne le gouvernement du Québec qui songe à regrouper des établissements hospitaliers de la région pour réaliser des économies.
«Ce sont des scénarios à l'étude, selon ce que j'entends. Il pourrait s'agir d'une fusion entre Roberval et Dolbeau-Mistassini, Roberval et Alma ou même les trois établissements. Le gouvernement veut trouver de nouvelles manières pour économiser. Il impose des coupes et les répercussions vont se faire sentir chez les patients qui vont avoir moins de services», a avancé le député Bolduc, ancien ministre de la Santé, à son arrivée au caucus libéral.
C'est la première fois qu'une telle éventualité est lancée par un politicien. Et ce scénario serait très sérieux, jure Bolduc. «J'ai parlé avec des gens de l'hôpital d'Alma et les coupes sont de l'ordre de 2 M$ l'an prochain et la commande serait aussi de 2 millions par année pour 2015 et 2016. Les gens regardent les scénarios et savent que c'est impossible sans coupures de services. De là est venue l'idée de fusionner les établissements», a-t-il ajouté.
Yves Bolduc pense que cet exercice serait inutile et créerait une onde de choc dans la région. «Ce que ça va causer, c'est une perte d'expertise locale. Ça va créer une très grosse structure au niveau de l'administration. Il n'y a pas d'économie à réaliser. Si le gouvernement fait ça, c'est parce qu'il n'y a pas assez de revenus pour payer le budget de la santé», affirme-t-il.
La situation est tellement sérieuse que l'ex-ministre de la Santé exhorte le gouvernement de clarifier la question. «Si le scénario est réel, qu'on le dise, sinon qu'on arrête de faire circuler cette rumeur qui fait peur aux gens», exige-t-il.
Yves Bolduc estime que les coupures imposées aux établissements hospitaliers de la région vont leur faire très mal. «Ils ne savent plus où couper. Les gens de l'hôpital d'Alma ne savent pas quoi faire pour couper 2 M$ dans leur budget. C'est évident que ça va toucher des services. Ils n'auront pas le choix. Je l'ai vécu en 1995 alors que j'étais directeur des services professionnels. Au lieu d'économiser un million, nous avons fait un déficit d'un million», a-t-il ajouté.
Par exemple, le CSSS Maria-Chapdelaine a de la difficulté à présenter un budget équilibré. La direction a dû piger dans son surplus accumulé pour l'atteindre. Elle devra trouver aussi un plan d'optimisation pour réussir à répondre à la commande de réduire ses dépenses de près de 1 M$ en 2014-2015.
Perte de vitesse
Le député de Jean-Talon estime que le gouvernement Marois a laissé tomber la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean malgré la présence de trois ministres. «Il faut remettre l'économie de la région sur les rails et c'est un de nos sujets à l'ordre du jour», a-t-il ajouté.
Celui qui a été défait dans Lac-Saint-Jean pense que la circonscription peut revenir aux libéraux, si le programme est suffisamment fort pour convaincre les électeurs. Il assure que l'effet Couillard se fait sentir à travers la région.