La députée de Jonquière, Karine Trudel.

Bois: Trudel consternée par l'inaction d'Ottawa

La députée de Jonquière aux Communes, Karine Trudel, est consternée par l'attitude du gouvernement libéral de Justin Trudeau. Selon elle, il est incapable de prendre des engagements sur la mise en place de garanties de prêts pour supporter l'industrie du bois d'oeuvre du Canada qui entrera dans une cinquième guerre commerciale avec les États-Unis à partir de la semaine prochaine alors que le taux de taxe sera confirmé pour une entrée en vigueur le 1er mai.
Karine Trudel réagissait à la déclaration commune du Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ) et de l'Association de l'industrie forestière de l'Ontario (OFIA), qui craignent de plus en plus que le gouvernement canadien abandonne les collectivités et les industriels en s'abstenant de participer à un programme de garanties de prêts. Le gouvernement du Québec a déjà indiqué qu'il allait supporter l'industrie et les travailleurs pour traverser cette prochaine crise.
« Le gouvernement démontre un manque de vision consternant et une capacité inégalée de servir des phrases creuses et des solutions inadéquates à nos problématiques locales, a indiqué Mme Trudel. La semaine dernière, les libéraux ont annoncé que le ministre [François-Philippe] Champagne allait en Chine pour promouvoir l'industrie canadienne du bois d'oeuvre, alors que le Québec n'a pas accès à ce marché et que la Colombie-Britannique y est déjà positionnée ! Je ne suis pas contre l'idée, mais si on ne combine pas de telles actions à un programme de garanties de prêts, on ne fait qu'effleurer le problème sans s'y attaquer sérieusement », stipule le communiqué émis par la députée.
Karine Trudel est d'avis que le gouvernement fédéral met en péril de nombreux emplois en région en refusant comme il le fait de s'associer aux provinces pour la mise en place d'un programme de garanties de prêts. Ce programme permettrait aux entreprises de bénéficier de la possibilité de contracter des emprunts auprès des institutions financières en attendant la résolution du conflit. 
Dans la dernière crise, les entreprises canadiennes ont été dans l'obligation de déposer auprès du gouvernement américain pas moins de cinq milliards $. Ils ont récupéré quatre milliards $ à la conclusion de l'entente entre les deux gouvernements.
Gestion de l'offre
La députée de Jonquière a attiré l'attention de la population sur un autre litige qui se dessine avec le gouvernement américain et dont les impacts seraient majeurs dans la région. Il s'agit de la volonté exprimée par le président américain de revoir les dispositions de l'ALÉNA qui permettent au Canada de maintenir le système de gestion de l'offre dans les produits agricoles (lait, volaille et oeufs).
La députée de Jonquière s'est jointe à ses collègues Tracey Ramsey et Ruth Ellen Brosseau pour réclamer du premier ministre Justin Trudeau une réponse ferme aux allégations du président américain voulant que les pratiques commerciales des producteurs laitiers canadiens sont déloyales. Les néo-démocrates espèrent une réponse ferme de la part du gouvernement canadien qui se doit de protéger, selon le trio, les fermiers canadiens.
Pour le NPD, le gouvernement de Stephen Harper et l'actuel gouvernement ont pratiquement ouvert la porte aux attaques en règle du président américain. Ils ont accepté des ententes comme l'Accord économique et commercial global (AECG) ou le Partenariat transpacifique (PTP).
Demande officielle
Le NPD réitère sa demande officielle au gouvernement libéral de s'engager devant les producteurs agricoles canadiens dont la production est sous la gestion de l'offre de protéger le système dans le cadre d'une renégociation de l'ALÉNA. 
Encore jeudi, le premier ministre Justin Trudeau s'est contenté de livrer des arguments sur la problématique soulevée par son homologue américain sans préciser qu'il refuserait catégoriquement que l'on touche au système de gestion de l'offre. 
Selon les commentaires du premier ministre, la balance commerciale américaine pour les produits laitiers avec le Canada est positive pour un montant de 400 millions $.