Le créneau de la transformation de l’aluminium demeure sous-financé par Ottawa, estime les députés bloquistes du Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Le créneau de la transformation de l’aluminium demeure sous-financé par Ottawa, estime les députés bloquistes du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Bloc québécois: Ottawa doit verser les recettes des contre-tarifs à la transformation de l’aluminium

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
Le Bloc québécois réclame l’investissement des quelques centaines de millions de dollars restants en contre-tarifs, récoltés pendant la guerre commerciale avec les États-Unis, dans la transformation de l’aluminium.

Il y a deux ans, rappelons-le, le Canada avait taxé des produits américains pour punir les États-Unis qui avaient imposé des tarifs douaniers de 25 % et 10 % sur l’acier et l’aluminium. Les recettes liées à ces nouvelles taxes, environ 1,3 milliard $, devaient être redonnées aux entreprises touchées. C’est ce que prétend Ottawa. Mais dans leur calcul, le ministère des Finances a inclus des programmes de prêts commerciaux et d’assurance de la Banque de développement du Canada (BDC) et d’Exportation et développement Canada (EDC). Des programmes qui existaient déjà.

« On estime, de façon très conservatrice, qu’il y a au moins 200 millions $ qui restent à être remis. Mais on pense plus à 400 millions $. On a d’ailleurs demandé une étude exhaustive à ce sujet. L’argent est allé où ? », dénonce Mario Simard, député de Jonquière.

« On pense qu’il est temps d’investir cet argent dans la transformation de l’aluminium. Aux États-Unis, un emploi en métal primaire donne 18 emplois en transformation. Ici, le ratio est d’un emploi pour deux emplois en transformation. Le ratio est clairement insuffisant », ajoute-t-il.

Les députés bloquistes du Saguenay-Lac-Saint-Jean joignent ainsi leur voix à celles des syndicats qui réclament également plus d’investissements dans la transformation. Les élus étaient d’ailleurs en rencontre, vendredi à Québec, avec le CQRDA, AluQuébec, la Société de la Vallée de l’aluminium et le réseau Transal, pour planifier différentes stratégies liées à la transformation de l’aluminium.

« On reste dans la concertation, car les solutions, ils vont passer par les gens du milieu, les acteurs qui travaillent à développer un créneau de transformation. Mais à un moment donné, il va falloir que ça se fasse. Il y a zéro soutien à cette grappe. C’est indécent tout ce qui a été donné à l’industrie pétrolière, contrairement à la forêt ou l’aluminium. Il faut que ça arrête », insiste Mario Simard.