La mairesse de Saguenay, Josée Néron, compte suivre le dossier de près.

BlackRock: Saguenay répondra aux questions

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, s’engage à ce que la Ville réponde à toutes les inquiétudes et questions des citoyens du secteur du Chemin Saint-Isidore, à Laterrière, avant d’aménager des capteurs d’eau dans la nappe phréatique. Elle s’assurera que les données techniques confirment la faisabilité du projet sans mettre en danger l’approvisionnement en eau pour les citoyens.

Au cours d’une entrevue qu’elle accordait au Quotidien jeudi, Josée Néron est revenue sur la sortie d’un agriculteur qui émet de sérieuses réserves sur les impacts du projet qui consiste à pomper de l’eau potable dans la nappe phréatique pour approvisionner le site industriel de Grande Anse. « C’est tout à fait normal que des citoyens s’interrogent et posent des questions. Il s’agit d’enjeux importants et nous allons nous assurer de bien répondre à ces questions. »

Elle a de plus réitéré toute sa confiance au conseiller Michel Potvin qui n’a pas hésité à encourager les agriculteurs du secteur à se manifester. « C’est tout à fait normal qu’un conseiller municipal accompagne les citoyens qu’il représente quand ils veulent s’adresser à la ville pour différentes raisons. »

La mairesse n’a pas mis de temps à relayer aux fonctionnaires les préoccupations des citoyens sur la capacité de la nappe phréatique que l’on souhaite exploiter. De toute façon, insiste Josée Néron, tout le monde a avantage à savoir si la solution retenue pour approvisionner en eau la zone industrielle de Grande Anse permettra un approvisionnement sécuritaire en eau avec les quantités suffisantes à très long terme. L’investissement est de l’ordre d’un peu plus de 30 M$ et doit donc reposer sur un approvisionnement suffisant en eau.

« L’engagement qui a été pris par l’administration précédente représentait un investissement de 3 M$ pour des infrastructures pour l’eau. Il y a toutefois eu de nouvelles discussions pour les besoins de Métaux BlackRock et ces investissements ne sont pas suffisants. La décision en analyse est d’aménager une conduite qui permettra d’approvisionner le site pour d’autres utilisateurs dans le futur et non seulement l’usine de production de fonte de fer et Vanadium », explique Josée Néron.

En plus de la zone industrielle de Grande Anse, les fonctionnaires ont voulu apporter une solution à l’approvisionnement en eau pour le secteur du plateau à La Baie (aéroport). L’approvisionnement de cette zone est en ce moment à la limite et la nouvelle conduite serait raccordée au réseau baieriverain.

« Si nous optons pour puiser l’eau dans le lac Kénogami directement, il faudra une usine de filtration. La qualité de l’eau puisée dans la nappe phréatique permettrait de l’utiliser directement dans le réseau municipal sans traitement. »

Même si la mairesse a entre les mains un certain nombre de données techniques sur le site identifié en 2012 pour aménager les puits de captation, elle n’a toujours pas de certitude quant aux impacts pour les autres utilisateurs. En plus des agriculteurs, Rio Tinto puise de l’eau ainsi que de nombreux propriétaires de résidences qui s’approvisionnent avec des puits artésiens.

« Nous devons composer avec le site de Grande Anse qui a été choisi il y a longtemps. Nous allons trouver la meilleure solution sans mettre à risque l’approvisionnement des citoyens et autres utilisateurs. »

L’un des éléments pour lequel la mairesse souhaite obtenir des précisions est la « connectivité des nappes phréatiques ». Le réseau d’aqueduc municipal de La Baie s’approvisionne également par des puits dans cette nappe phréatique.

La publication de cette histoire a réveillé des souvenirs. Des citoyens de Saint-Honoré ont rappelé que l’installation d’un puits de captation dans le chemin du Volair par la mine Niobec avait fait baisser rapidement le niveau. Niobec a alors procédé à l’installation de nouveaux puits beaucoup plus profonds pour les résidences touchées.

Chambre de commerce et d'industrie

Le président de la Chambre de commerce et industrie Saguenay-Le Fjord, Carl Côté, endosse la position de la mairesse de Saguenay sur la nécessité de répondre aux craintes soulevées par les citoyens dans le projet de conduite d’eau pour la Zone industrielle de Grande-Anse. La Chambre de commerce juge prioritaire de présenter à la population un projet respectueux de l’environnement qui doit tenir compte des préoccupations soulevées par les citoyens. Il est donc nécessaire pour l’organisme de développement économique de réaliser des études techniques complètes qui vont couvrir toutes les facettes de ce projet . « La Chambre de commerce n’est pas pour un projet à tout prix. Il doit respecter l’environnement. » 

Parti des citoyens de Saguenay

Le Parti des Citoyens de Saguenay (PCS) accuse la mairesse, Josée Néron, de freiner le développement économique. 

Le chef du parti, Dominic Gagnon, est notamment revenu sur la sortie du conseiller Michel Potvin quant au projet de BlackRock. «Que dire de la sortie médiatique improvisée du bras droit de l’ERD, Michel Potvin appelé #2 de la ville, qui à propos de l’approvisionnement en eau de BlackRock, et sans même connaître, de son propre aveu, les paramètres phréatiques du dossier, met en péril la confiance des investisseurs dans ce projet audacieux dont la région a bien besoin », a affirmé par voie de communiqué le Parti des Citoyens, qui n’a pas d’élu autour de la table du conseil. (Simone Pilote)