BlackRock aurait trouvé son financement

À l’image de la mine de diamants Renard de Stornoway, la firme d’investissement Orion ainsi que le gouvernement du Québec devraient former les deux principaux partenaires du projet minier de Métaux BlackRock à Chibougamau. La minière s’attend à une participation d’Orion de l’ordre de 50 à 60 % et d’environ 20 % pour Québec, sur une première phase évaluée à 1G $ CAN.

Depuis un an, des discussions ont été entreprises avec la firme d’investissement new-yorkaise Orion, spécialisée dans le secteur minier, qui a démontré un intérêt à investir dans le projet d’exploitation du gisement de fer, de titanium et de vanadium que possède la société canadienne BlackRock, dans le secteur du lac Doré, à Chibougamau.

Une usine de deuxième transformation du minerai qui serait construite sur les terrains du terminal portuaire de Grande-Anse, à La Baie, fait aussi partie du projet. 

La firme Orion Mine Finance Group serait le partenaire principal du projet et investirait de 50 à 60 % des fonds requis pour la réalisation de sa première phase, évaluée à 1 G $ CAN (750 M $ US).

Orion est l’un des partenaires financiers de la mine de diamants Renard de la minière Stornoway, dans les monts Otish, inaugurée à l’automne 2016. Orion détient également 19,7 % des actions de la société de redevances minière québécoise Osisko. La transaction avait été annoncée en juin dernier.

« Orion est content de la façon dont les choses se passent avec la mine Renard. Ils continuent à s’intéresser au Québec et cherchaient un nouveau projet », a expliqué Jean Rainville, chef et président de la direction de Métaux BlackRock, à l’occasion d’un entretien téléphonique avec Le Quotidien, dimanche.

La société a versé 22,5 M $ US dans un premier temps, afin d’évaluer la faisabilité du projet. Métaux BlackRock en est présentement à l’étape de la vérification diligente avec Orion, en vue de préparer le financement de la construction de la mine et de l’usine.

Hausse du prix des métaux

Le prix des métaux étant à la hausse explique en partie l’intérêt d’Orion. Le prix du vanadium, en particulier, a connu une augmentation de plus de 80 % en un an.

La hausse du prix du vanadium est davantage attribuable à un manque de production au niveau mondial à l’heure actuelle, plutôt qu’à une hausse marquée de la demande, a expliqué M. Rainville.

La firme Orion, qui souhaite profiter de ce contexte favorable, applique d’ailleurs une « pression énorme », selon les dires du responsable, sur la société afin que la construction de la mine et de l’usine débute le plus rapidement possible.

Gouvernement du Québec

Le gouvernement du Québec, par le biais d’Investissement Québec et le Fonds capital mines hydrocarbures, devrait être le second partenaire du projet, estime le chef de direction.

« Nous estimons le montant à environ 100 M $ US, mais c’est très, très, préliminaire pour l’instant », a-t-il tenu à préciser. La participation du gouvernement provincial pourrait aller jusqu’à 20 %, selon les premières estimations de la minière.

Le portefeuille restant sera comblé par différents fonds de pension et investisseurs internationaux, dont des partenaires chinois et du Moyen-Orient, qui ont déjà manifesté leur intérêt à investir dans le projet minier.

« On attend de voir le montant d’Orion avant d’aller de l’avant pour déterminer le reste », a précisé Jean Rainville.

Des demandes ont aussi été acheminées du côté du gouvernement fédéral. Les espoirs de l’entreprise semblent cependant minces de ce côté, puisque le palier fédéral n’a pas fait part de son intérêt envers le projet, jusqu’à maintenant.

Jean Rainville, chef et président de la direction de Métaux BlackRock

Grande-Baie: en attente du certificat d’autorisation

Métaux BlackRock n’attend plus que l’obtention de son certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement pour débuter la construction de son usine de transformation au terminal portuaire de Grande-Anse, qu’elle espère débuter au courant de 2018.

Avant d’être en mesure de boucler le financement avec ses partenaires potentiels et de pouvoir procéder à la première pelletée de terre sur les terrains du terminal portuaire baieriverain, le projet doit obtenir le feu vert du ministère de l’Environnement, a expliqué Jean Rainville, chef et président de la direction de Métaux BlackRock.

L’étude d’impact sur l’environnement a été transmise en juillet 2017 au ministère et l’entreprise collabore présentement avec Québec afin de peaufiner le tout.

L’étude d’impact et la documentation sur le projet seront ensuite rendues publiques, par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), à la demande de la ministre.

Une demande d’audiences publiques pourra alors être déposée par tout citoyen, groupe ou municipalité désirant que le projet fasse l’objet d’un examen public, peut-on lire sur le site Internet de l’organisme.

«C’est difficile de prévoir quand le processus sera terminé. Aussitôt qu’on a ça [l’autorisation], on va pouvoir commencer», a précisé M. Rainville, qui se dit prêt à passer par le processus audiences du BAPE.

L’entreprise affirme d’ailleurs qu’elle aura l’usine du genre «la plus verte du monde», alimentée au gaz naturel et bénéficiant de la production hydroélectrique québécoise. «Selon nos études, nos coûts de production seront les plus bas à l’échelle mondiale», a ajouté le chef de direction.

En campagne

Métaux BlackRock a d’ailleurs entrepris une campagne de communication publique afin de faire connaître le projet et d’établir des ponts avec les potentiels entrepreneurs de la région.

«C’est important pour nous de se faire connaître. Les gens vont venir nous voir, et nous allons rencontrer des fournisseurs de services pour savoir rapidement avec qui nous allons pouvoir parler en vue de la construction», a souligné M. Rainville.

Mercredi midi, Métaux BlackRock présentera au Montagnais son projet d’usine devant les membres de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le fjord. Les inscriptions sont acceptées jusqu’à lundi, 16h.

La minière répétera l’exercice jeudi, à Alma, devant les membres de la Chambre de commerce et d’industrie Lac-Saint-Jean-Est.

«Nous voulons profiter des talents de la main-d’oeuvre et être un bon citoyen corporatif», a souligné pour sa part David Dufour, directeur exécutif des régions pour l’entreprise.

La minière vient d’ailleurs d’inaugurer son bureau régional, en décembre, auquel un directeur des ressources humaines et un directeur d’usine doivent éventuellement se greffer.

Métaux BlackRock espère que la construction de son usine de deuxième transformation pourra débuter en 2018, sur les terrains du terminal portuaire de Grande-Anse.

Fonderie: projet d’entente avec la CS des Rives-du-Saguenay

Métaux BlackRock souhaite éventuellement conclure une entente avec la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay afin d’assurer une main-d’oeuvre pour son usine de transformation qui engagera plusieurs opérateurs en fonderie.

« Nous avons été étonnés de voir récemment dans un article qu’il y avait un déclin et qu’il n’y avait plus tellement d’inscriptions », a indiqué David Dufour, directeur exécutif des régions.

Il ignorait auparavant qu’un diplôme d’études professionnelles en fonderie pouvait être complété au Centre de formation professionnelle du Fjord, à La Baie.

Avec le peu d’inscriptions et les départs à la retraite, les besoins sont criants, actuellement, dans le secteur de la fonderie.

LE PROJET DE MÉTAUX BLACKROCK

Phase 1

Construction de l’usine et ouverture de la mine

• 1 G $ CAN

L’usine de transformation

Construction et opération

• 800 emplois pendant la construction

• 350 emplois pour l’opérer

• 1000 emplois indirects en sous-traitance

Fonction

• Transformation du minerai issu du gisement de fer, de titanium et de vanadium de Métaux BlackRock, à Chibougamau, dans le secteur du lac Doré

Production

• Fonte brute de haute qualité 

Produit dédié au marché américain des aciéries

• Ferrovanadium

Produit de haute valeur sur le marché des aciéries permettant d’alléger l’acier

• Scorie de titane

Produit bas de gamme dédié au marché asiatique. 

La phase deux du projet minier proposera un titane de haute qualité.