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Représentant du secteur Laterrière, Michel Potvin et la majorité des autres élus ont demandé de retarder le vote pour l’autorisation de l’implantation d’un bioparc à Saguenay.
Représentant du secteur Laterrière, Michel Potvin et la majorité des autres élus ont demandé de retarder le vote pour l’autorisation de l’implantation d’un bioparc à Saguenay.

Bioparc, thermopompe, bateaux et vin au conseil de Saguenay

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
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Les élus n’ont finalement pas eu à se prononcer sur le projet de Bioparc dévoilé il y a quelques jours par la mairesse Josée Néron et Promotion Saguenay, l’organisation qu’elle préside.

La Ville et Promotion Saguenay ont annoncé, vendredi dernier, un investissement de 1,9 million $ dans la construction d’un bioparc visant à produire du gaz naturel renouvelable sur des terrains adjacents à l’ancien site d’enfouissement sanitaire de Laterrière. Agriméthane, qui a pour actionnaire des producteurs laitiers, Nutrinor et la Fromagerie Boivin, devrait y loger.

Mais à peine annoncé, le projet a créé du mécontentement. Des citoyens de Laterrière se sont plaints du choix du site et une pétition a été lancée. Les odeurs émanant des opérations d’un tel parc susciteraient des craintes chez les voisins du site. Michel Potvin, qui représente les gens de ce secteur, s’est publiquement opposé à l’implantation de ce projet sur ce terrain. « On prévoit 2000 à 3000 “vannes” par année. Les gens du secteur ont enduré pendant 30 ans un dépotoir et là, on leur demande de subir d’autres éléments », a plaidé M. Potvin.

Pour que le bioparc puisse s’installer à cet endroit, les élus doivent autoriser un changement d’usage. Ce point était à l’ordre du jour, lundi, en séance du conseil, mais une grande majorité des élus ont voté pour son report afin d’en discuter davantage en privé. Seulement deux élus ont voulu aller de l’avant, soit Marc Pettersen et Raynald Simard.

Le dossier a aussi été l’objet d’un face à face entre les deux candidates à la mairie, Josée Néron et Julie Dufour. Cette dernière, qui s’est dite pour le projet, a reproché à la mairesse de l’avoir annoncé avant même d’obtenir l’approbation des citoyens concernés. Julie Dufour a aussi pointé la double fonction, soit mairesse et présidente de Promotion Saguenay, un organisme qui était perçu comme une « machine électorale » par les deux femmes, durant le mandat de Jean Tremblay.

« Ce projet est porteur et s’inscrit dans une vision d’avenir. Mais le développement durable passe par une condition, l’acceptabilité sociale. En annonçant le projet, vous avez mélangé un projet de promoteur privé avec un projet de Promotion Saguenay. Les gens ont des craintes. Et on ne voudrait pas que les beaux projets achoppent par des craintes », a insisté Mme Dufour.

« En mars 2017, vous avez dit « une seule personne ne peut être à la fois président de Promotion Saguenay, président du comité exécutif de Promotion Saguenay, maire de Saguenay et président du comité exécutif de Saguenay. Cela équivaut à se rendre des comptes à soi-même ». Quand allez-vous écouter vos propres conseils et engagements ? », a ajouté la conseillère.

La mairesse Josée Néron s’est défendue en accusant Julie Dufour et Michel Potvin de « sortir ça d’un chapeau ».

« Vous étiez aux réunions où on parlait du projet. M. Potvin et vous auriez pu à maintes reprises exprimer vos craintes, mais vous ne l’avez jamais fait. J’ai même toujours entendu de votre part que c’était un excellent projet. Vous parlez de récupération électoraliste, c’est un effet miroir, c’est votre jeu », a répondu Mme Néron. Cette dernière admet avoir dénoncé à l’époque de Jean Tremblay le fait qu’un maire puisse être président de Promotion Saguenay. Mais après l’avoir essayé, elle estime qu’il s’agit désormais de la meilleure stratégie pour assurer un développement économique cohérent.

Encore la thermopompe

Les élus de Saguenay ont dû pour une énième fois discuter du règlement de thermopompe qui, depuis quelques mois, monopolise les débats aux séances du conseil.

Les élus ont accepté la proposition de Marc Pettersen de réduire la distance pour l’installation d’une thermopompe à 0,2 mètre de la limite d’un autre terrain, plutôt qu’un mètre.

Lorsque ce dossier est à l’ordre du jour, les élus passent de longues minutes à en discuter, ce qui a fait déborder le vase, lundi, pour Julie Dufour.

« Si on prenait tout le temps qu’on a passé sur ce règlement de thermopompe, on aurait eu le temps de faire trois consultations publiques, puis amener les gens aller-retour à Warwick », a-t-elle lancé.

« Il faut faire confiance en l’intelligence des gens. Personne ne veut que sa maison soit laide. Mais là, j’ai déjà pris trop de temps des citoyens sur un règlement de thermopompe. Passons au vote », a-t-elle demandé.

Cette dernière a voté en faveur de l’amendement, et ce, comme la majorité des élus. Julie Dufour avait même proposé la fin des permis pour l’installation des thermopompes. Brigitte Bergeron, Marc Bouchard, Jimmy Bouchard et Michel Thiffault auraient souhaité un règlement plus sévère, en votant contre l’amendement.

Lac Kénogami

Saguenay veut réduire les plaintes contre l’achalandage sur le lac Kénogami en limitant le nombre de bateaux sur les quais privés.

Il sera impossible d’en accoster plus de trois sur le même quai et les propriétaires ne peuvent détenir plus d’un quai sur un terrain privé.

C’est donc dire que plus de trois bateaux à la fois se trouvaient régulièrement sur un embarcadère.

« C’est une demande qui émane de nombreux citoyens et je pense que cette modification sera intéressante pour le secteur. On avait des problèmes chaque année », a indiqué Jimmy Bouchard, conseiller du secteur.

Saguenay a copié ce qui se fait ailleurs au Québec en limitant le nombre de bateaux à trois.

« Le règlement actuel prévoit aussi qu’un propriétaire ne peut avoir plus d’un quai », a rappelé M. Bouchard.

La SAQ Sélection déménagera… temporairement

Saguenay autorisera le déménagement temporaire de la SAQ Sélection dans le centre commercial Place du Royaume. En séance du conseil municipal, il a été possible d’apprendre que d’importants travaux seront menés dans l’actuel local de la Société d’État, sur le boulevard Talbot. Saguenay permettra ce changement pour six mois. Il a cependant été impossible d’en savoir davantage sur la nature des travaux à réaliser dans l’actuel bâtiment de la SAQ.