À compter du 31 octobre, le Marché Pilote, de Bégin, fermera ses portes, faute de rentabilité.

Bégin: la fin du Marché Pilote après 41 ans

Les Béginois seront privés du seul commerce de dépannage du village à compter du 31 octobre, alors que le Marché Pilote fermera ses portes.

L’homme d’affaires Valin Pilote annonce que le commerce affilié à la bannière Axep cessera ses activités après 41 ans d’existence, en raison de l’impossibilité de le rentabiliser.

« On ne fait plus de bonnes affaires parce qu’il n’y a plus de volume d’affaires. Je mange de l’argent. Ça fait 10 ans que je perds 15 000 $ par année », a déclaré M. Pilote.

Le propriétaire ajoute avoir de la difficulté à atteindre un volume de vente de 14 000 $ par semaine, alors qu’auparavant, il pouvait se situer entre 30 000 et 35 000 $.

Selon lui, le bâtiment est devenu trop grand, entre autres, depuis la fermeture de la boucherie, tandis que les frais fixes comme l’électricité, les taxes et les salaires des employés grimpent annuellement.

Il y a une douzaine d’années, M. Pilote avait repris les affaires de son père, qui a ouvert le commerce en 1976.

Tout en rappelant que Bégin a déjà compté deux autres dépanneurs, il explique qu’on y vit exactement le même phénomène de dévitalisation commerciale que plusieurs autres villages autour du Lac-Saint-Jean, alors que les citadins travaillant dans les plus grandes villes s’approvisionnent dans les commerces existants pour économiser avant de revenir à la maison.

« Ça va brailler à Bégin, mais que voulez-vous ? Les gens devront parcourir 20 kilomètres pour aller chercher une pinte de lait à Saint-Ambroise ou à Saint-Nazaire. C’est pas sorcier », affirme-t-il.

Son commerce a déjà embauché jusqu’à huit employés.

La fermeture imminente du dépanneur ne devrait pas causer de surprise chez les élus municipaux, selon lui, puisqu’il affirme les avoir déjà informés de la situation précaire du commerce et avoir suggéré de créer une coopérative de consommation, comme il en existe une à Petit-Saguenay, où à peu près tous les citoyens sont membres.

« Ils me sont arrivés en suggérant une étude de rentabilité. J’ai pas besoin d’une étude de rentabilité pour savoir que ce n’est pas rentable. Pour la formation d’une coopérative, c’est aux gens à se prendre en main. »

Il ajoute que Bégin a pourtant investi 120 000 $ pour l’achat d’équipements pétroliers nécessaires à l’opération d’une station-service sans personnel par Pétroles R.L., comme c’est le cas à Saint-Félix-d’Otis.


«  Ça fait 10 ans que je perds 15 000 $ par année.  »
Valin Pilote

Au cours des prochains jours, M. Pilote entend procéder à une grande vente de liquidation de sa marchandise et laisser le bâtiment en vente pour taxes municipales impayées, puisque la démolition demanderait un débours de 50 000 $.

Son principal défi, à l’âge de 62 ans, sera pour lui de se dénicher un nouvel emploi, d’autant plus qu’il ne bénéficie pas de la couverture de l’assurance-emploi ou d’une autre protection, mais pas question de rester dans le secteur de l’alimentation, puisqu’il en a plein le dos d’œuvrer dans le domaine. « Je n’en veux pas à personne, mais il faut que je me trouve une job. »

mairie

Le maire de Bégin, Gérald Savard, affirme que Bégin et la MRC ont déployé des efforts pour trouver un repreneur ou créer une coopérative avec la confection d’un montage financier, mais que personne n’a démontré d’intérêt.

M. Savard termine en affirmant que son village n’échappe pas au même phénomène vécu dans le passé à Saint-Nazaire, à Saint-Coeur-de-Marie ou à Sainte-Monique. « Les gens font des commandes pour deux, trois semaines en ville et reviennent les bras pleins. »

M. Savard a confirmé qu’il y a quatre ans, Bégin a acquis les équipements pétroliers au coût de 120 000 $ dans le but de continuer à desservir les citoyens en essence.