La directrice générale de l'Association québécoise des établissements de santé, Diane Lavallée, semble douter des effets réels de la hausse de la rémunération des médecins.

Beaucoup d'inquiétude

Au sixième jour de l'élection provinciale, l'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux (AQESSS) et sa directrice générale, Diane Lavallée, s'inquiètent du maintien et de l'accès des services offerts à la population.
Dans le cadre d'une tournée provinciale des directions d'établissements entreprise depuis le dépôt du budget par le ministre des Finances, Nicolas Marceau, Mme Lavallée dénonce le fait que le gouvernement ne respecte pas les engagements pris visant à augmenter les budgets de la santé de 4,8% par an jusqu'en 2017-2018. L'augmentation de 3% des budgets globaux annoncée par M. Marceau représente 976 M$, soit un manque à gagner de 635 M$ pour 2014-2015. Ce sous-financement par rapport aux prévisions risque d'allonger les listes d'attente en plus de priver des patients de certains services tandis que des régions risquent d'écoper plus que d'autres au niveau des temps d'attente.
Mme Lavallée précise que la moitié de la hausse des budgets (540 M$) sera destinée aux médecins, une hausse que l'AQESSS ne souhaite pas voir annuler, mais plutôt étalée sur une plus longue période. «Dans le cadre de la présente campagne électorale, on considère qu'il est important que les partis politiques disent ce qu'ils entendent faire pour conserver le réseau intact.»
Parmi les possibilités qui s'offrent, l'AQESSS considère que la révision du panier de services offerts par un organisme indépendant constitue une avenue tout comme le mode de financement axé sur le patient.
La directrice considère que l'informatisation des dossiers médicaux des patients peut représenter une source d'économie par l'évitement d'examens répétitifs, la prescription de médicaments découlant du "magasinage" des établissements de santé par de nombreux patients.
Dvilleneuve@lequotidien.com