Evens Bergeron, Richard Thériault et Yves Thériault feront partie de la délégation régionale qui participera à la tentative de battre le record Guinness.

Battre un record de moulins à battre

Une délégation d’une vingtaine de personnes du Saguenay–Lac-Saint-Jean participera à la tentative de record Guinness du plus grand nombre de moulins à battre qui fonctionnent simultanément pendant 15 minutes à Saint-Albert en Ontario, le 11 août prochain. Deux moulins à battre partiront de la région pour battre le record.

C’est de la grande passion pour l’ingénierie agricole d’un agriculteur de Saint-Bruno, Evens Bergeron, que cette participation est venue. Ces moulins, qui servaient autrefois à moudre le blé, ont été remplacés par les moissonneuses-batteuses. Les engins doivent être fonctionnels pour le record.

Deux moulins à battre le blé seront transportés de la région en Ontario pour aider à battre un record Guinness. Les organisateurs tentent de réunir 150 moulins.  Ces moulins, qui servaient autrefois, à moudre le blé et ont été remplacés par les moissonneuses-batteuses.

M. Bergeron et sa bande ont déjà participé à l’ancien record de 111 moulins en 2015. Cependant, un groupe du Manitoba avait battu ce record en 2016 avec 139 moulins. Cette fois, M. Bergeron viendra en aide à l’organisateur François Latour qui tentera de réunir 150 moulins.

Les activités entourant ce record visent à recueillir des fonds pour la Fondation canadienne du cancer du sein. M. Latour, qui a perdu son épouse Suzanne en raison du cancer du sein, tout juste après avoir battu le record Guinness pour la première fois, souhaite amasser au moins 100 000 $ pour la cause. « On le fait pour le plaisir, mais on le fait aussi pour la cause », explique M. Bergeron.

Le groupe compte bien y laisser sa marque et faire la promotion de la région. « On va porter une salopette et un chandail blanc. On va avoir un drapeau, distribuer des dépliants, on veut vendre la région. De coutume, on ne passe pas inaperçu quand on sort. Quand on arrive quelque part, on fait toujours de quoi pour se faire remarquer », de dire Richard Thériault, un ami de M. Bergeron.

Si les gens du Manitoba décident de retenter le coup de rebattre le record, Evens Bergeron est prêt à recommencer encore et encore. « S’ils le battent encore, on va le refaire. Là on part avec deux moulins. La prochaine fois on va partir avec quatre », dit-il sans aucune hésitation. Il ne dirait pas non à l’idée de tenter une marque conjointe et de se déplacer dans l’Ouest canadien. « Je n’haïrais pas ça aller dans l’Ouest. »

Un second record sera également tenté lors de la même journée, soit celui de former le plus grand ruban rose humain, symbole du cancer du sein. Plus de 8264 personnes doivent s’y présenter pour battre le record. L’organisatrice de cette seconde marque, Juliette Forgues, la grande soeur de l’organisateur François Latour, s’attend à recevoir au moins 10 000 personnes vêtues de rose.

Une démonstration en région

Les 24 et 25 août, M. Bergeron et ses amis passionnés de machinerie agricole seront à L’Ascension-de-Notre-Seigneur pour les Journées du Patrimoine de nos ancêtres dans le cadre des festivités du centenaire de la municipalité. Ils feront des démonstrations des vieilles machines.

Les passionnés veulent poursuivre dans la même veine en participant à un événement par année. D’ailleurs, M. Bergeron souhaite éventuellement accueillir une journée portes ouvertes de l’Union des producteurs agricoles afin de faire des démonstrations.

Il aimerait aussi s’associer avec le Village historique de Val-Jalbert. « On ferait du foin dans le milieu public. On serait comme des comédiens et nous ça nous ferait plaisir. On ne serait même pas des comédiens, on serait de vrais agriculteurs. »

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LA RESTAURATION DE MACHINERIE, LA PASSION D'EVENS BERGERON

(Samuel Duchaine) – Pour Evens Bergeron, cet événement lui permet de dévoiler au grand jour sa grande passion pour la machinerie agricole patrimoniale. L’agriculteur possède de multiples engins de ferme datant de plusieurs époques. Quelques-unes de ses machines datent du 19e siècle. 

« Ça me prend de l’adrénaline et je vais la chercher avec ces projets-là parce que j’aime ça. La machinerie m’a toujours attiré. Jeune, j’aimais les motoneiges et les motos », raconte le père de quatre enfants. Les pommes ne sont pas tombées loin de l’arbre. Son fils est également un passionné de l’ingénierie et deux de ses filles sont diplômées en agriculture.

« Quand on parle d’une passion, c’est ça. Evens passe ses journées et ses soirées à remettre en état ses machineries », explique son ami Richard.

Evens Bergeron a remis en état une dizaine de tracteurs, des moulins à battre, une presse à foin et plusieurs autres engins de ferme. Il a même remis à neuf une vieille auto tamponneuse pour le bal de finissants de sa fille. « Les autres arrivaient tous avec de belles autos. Elle est arrivée avec la petite voiture qui n’avance pas vite. Les gens ont trouvé ça drôle. Ça fait de bons souvenirs », raconte M. Bergeron, avec toujours autant de passion.

Il avait fait la même chose pour son garçon, avec un tracteur Ford de huit cylindres qui grondait comme une voiture de course.

« Evens, ce n’est pas quelqu’un qui cherche la gloire. Il est tellement passionné. Lui, il n’a jamais lâché. Il trouve encore des choses sur Internet. Il va acheter des pièces pour compléter des collections », raconte Richard Thériault, qui a beaucoup d’admiration pour la passion de son bon ami.

M. Bergeron n’est pas seulement un bricoleur. Il s’intéresse aussi à l’histoire derrière ces engins. « Il va faire des recherches pour savoir qui les a fabriqués, comment ç’a été fait », ajoute M. Thériault. 

L’exemple parfait de ces recherches est un de ses moulins à battre de 1951. M. Bergeron a fait ses recherches afin de trouver le prix que chargeaient les agriculteurs de ces années, pour faire une affiche de l’époque avec un prix réaliste pour battre les grains.