Le barrage de Chute-à-la-Savane à Sainte-Monique.
Le barrage de Chute-à-la-Savane à Sainte-Monique.

Barrages hydroélectriques : plus de 25 M$ en revenus pour les municipalités de la région

Guillaume Roy
Guillaume Roy
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Le Saguenay-Lac-Saint-Jean occupe une place unique au Québec quand on parle de production d’hydroélectricité, car c’est dans la région où l’on retrouve le plus de barrages privés. En plus des revenus de plus de 9 M$ tirés d’une taxe spéciale sur les installations hydroélectriques, quelques municipalités, comme Alma et Saguenay, génèrent des revenus de leurs propres installations de production et de distribution. Avec les projets de minicentrales au Lac-Saint-Jean, l’énergie hydroélectrique génère des revenus de plus de 25 M$ pour les municipalités de la région. Tour d’horizon.

C’est à Saint-David-de-Falardeau que les revenus des barrages représentent la plus grosse part du budget de la municipalité, car Produits forestiers Résolu (PFR) paie un montant de 3,1 M$, sur un budget total de 7,6 M, soit 42 % du budget. « Ça génère des fonds qui nous aident à développer notre municipalité », souligne la mairesse Catherine Morissette.

À Saguenay, la ville génère des revenus nets de 3,8 M$ avec ses barrages hydroélectriques et 6 M avec son réseau de distribution Hydro-Jonquière. De plus, la ville tire des revenus de taxe de plus de 2,55 millions de dollars avec les barrages privés de Rio Tinto, PFR et Elkem Métal. Il a été impossible de connaître le montant exact des versements faits par ces deux industriels, mais une étude sur la fiscalité foncière de la production hydroélectrique au Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui date de 2013, révèle que Saguenay tirait déjà des revenus de 2,55 M$ provenant de ces installations en 2011. Cette étude a été réalisée par Marc-Urbain Proulx de l’UQAC et Marie-Claude Prémont, professeure à l’École nationale d’administration publique.

« Une chance qu’on tire des revenus des barrages, parce que la croissance économique est faible, et les dépenses augmentent plus vite que les revenus », soutient Michel Potvin, conseiller municipal et responsable des finances à Saguenay. Sans ce montant de plus de 12 M$, Saguenay devrait taxer davantage ou réduire les services.

Même son de cloche à Alma, où la ville génère des revenus de 2,16 M$ avec son réseau de distribution en plus de recevoir 1,4 M$ en taxe de Rio Tinto. « Ces sommes nous permettent de moins taxer la population tout en offrant des services de qualité », remarque le maire Marc Asselin.

Selon le rapport sur la fiscalité des barrages, qui tire ses données de 2011, Péribonka recevait 468 420 $, L’Ascension-de-Notre-Seigneur 358 308 $, Saint-Nazaire 50 000 $, Sainte-Monique, 804 382 $, et la MRC du Fjord-du-Saguenay 1,16 M$. Selon les hausses que Le Quotidien a pu vérifier à Alma et à Saint-David-de-Falardeau, ces montants ont cru de plus de 20 % entre 2011 et 2020.

Plusieurs autres municipalités, comme Saint-Augustin, Saint-Jeanne-d’Arc, Dolbeau-Mistassini, Saint-Gédéon, Saint-Ambroise et Saint-Charles-de-Bourget, reçoivent aussi de petits montants, de 500 à 20 000 $, provenant des barrages hydroélectriques.

Le rapport souligne que « la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean est effectivement la principale région qui perçoit ce type de taxation municipale [NDLR : tirés de centrales d’entreprises industrielles autoconsommatrices d’électricité], avec un montant annuel total de plus de 9 M$ sur les 10,8 M$ perçus à l’échelle du Québec ».

Les barrages communautaires du Lac-Saint-Jean

Depuis la parution de l’étude, deux nouveaux barrages ont été construits au Lac-Saint-Jean, grâce à un partenariat entre la communauté de Mashteuiatsh et les MRC du Domaine-du-Roy et de Maria-Chapdelaine. Jusqu’à maintenant, le barrage de Val-Jalbert génère des revenus annuels de plus de 3 M$ et ces revenus augmenteront au fur et à mesure où les communautés rembourseront la dette contractée pour la construction. En ce qui a trait au barrage de la 11e chute, sur la rivière Mistassini, il ne génère pas encore de profits, car les sommes engrangées servent à rembourser la dette pour l’instant.

En plus des revenus tirés des barrages communautaires, la MRC de Maria-Chapdelaine perçoit aussi des sommes, d’environ 850 000 $ en 2020, provenant des barrages Péribonka IV et Betsiamites, d’Hydro-Québec.