Les professeurs Marc-Urbain Proulx, Marie-Claude Prémont et Luc-Normand Tellier ont débattu des enjeux du développement des régions, à l’occasion du Bar des sciences.

Bar des sciences: un appel au courage politique

Un appel à la réalisation de projets de développement pour les régions éloignées a été lancé jeudi, lors du Bar des sciences, à la marina de Chicoutimi. Les panellistes présents ont pu débattre des solutions à mettre sur place pour aider les régions à tirer davantage leur épingle du jeu, dans la soirée organisée par le Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT).

Marc-Urbain Proulx, professeur à l’UQAC en sciences économiques et administratives, Marie-Claude Prémont, professeure titulaire à l’École nationale d’administration publique, et Luc-Normand Tellier, professeur émérite au Département d’études urbaines et touristiques de l’UQAM, ont exposé chacun leur point de vue sur les enjeux de la région.

Avec différentes idées, ils ont tous démontré un besoin grandissant de la population à mettre en place des actions pour donner davantage de pouvoirs aux régions éloignées, désavantagées face aux métropoles. Ils s’entendaient tous sur deux points, soit que le développement des régions n’est pas aussi simple que cela peut en avoir l’air, et que cela prendra des gens courageux pour faire changer les choses.

Isabel Brochu a animé les discussions entre les professeurs Marc-Urbain Proulx, Marie-Claude Prémont et Luc-Normand Tellier, dans le cadre du Bar des Sciences.

Les trois professeurs ont montré diverses solutions pour amener les régions vers leur plein potentiel. Marie-Claude Prémont a insisté sur le fait que les régions ne retiraient pas assez de leurs ressources hydroélectriques, même lorsqu’elles sont privées, comme au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Elle aimerait voir des candidats politiques avec plus de courage qui feraient changer cette « injustice systémique ». Luc-Normand Tellier a conseillé de créer des compétences dans le domaine régional, comme le fait présentement la France. Il pense que si des fonctionnaires développent des connaissances dans le domaine régional, ils pourront mieux faire face aux élus et apporter un véritable changement.

En entretien avec Le Quotidien, Marc-Urbain Proulx a soulevé que sa solution se baserait sur des acquis déjà obtenus par les régions, mais en les améliorant. « Ce que je comprends, c’est qu’il faut utiliser des outils que nous avons pour les rendre plus opérationnels, comme les schémas d’aménagement des MRC », a-t-il soutenu. Il a aussi noté que l’État n’était pas contre le développement des régions, mais qu’elles manquaient présentement d’idées.

Pour Isabel Brochu, coordonnatrice au CRDT, la soirée fut un énorme succès. « Ça s’est super bien passé, les gens ne connaissent pas beaucoup la science régionale, et on a pu voir que les chercheurs qui y travaillent ne sont pas toujours d’accord. Les gens ont compris que ce n’était pas si simple ». La coordonnatrice a animé les débats, et a admis être très contente du taux de participation, alors que l’activité se tenait au même moment que le débat des chefs.

Plusieurs candidats politiques, de la Coalition avenir Québec, de Québec solidaire et du Parti québécois sont également venus écouter les propos des professeurs.