Environ 80 personnes ont assisté à la séance préparatoire à l’audience publique de la commission du BAPE sur le projet d’Énergie Saguenay, mercredi soir, à l’hôtel Le Montagnais, à Chicoutimi.

BAPE sur Énergie Saguenay: le président défend son intégrité

Le président de la commission d’enquête du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sur le projet d’Énergie Saguenay, Denis Bergeron, a défendu l’intégrité de sa présidence et a refusé de démissionner, lorsqu’interpellé sur le sujet par un citoyen lors de la rencontre préparatoire tenue mercredi soir à Chicoutimi.

Quelque 80 personnes ont assisté à la rencontre préparatoire, à l’hôtel Le Montagnais, en prévision du début de l’audience publique de la commission du BAPE, le 16 mars, sur le complexe de liquéfaction d’Énergie Saguenay au port de Granse-Anse, lié au projet de 14 G $ d’exportation de gaz naturel de GNL Québec à partir de l’Ouest canadien.

Après une brève présentation du déroulement que prendra la première partie de l’audience, les anciens liens du président de la commission d’enquête avec l’industrie pétrochimique ont rapidement été remis en question par un citoyen, qui lui a demandé s’il comptait se retirer de la présidence, peu après le début de la période de questions.

« Les nouvelles étant ce qu’elles sont, oui, j’ai travaillé à auditer des usines de produits chimiques pendant 15 ans. Il faut bien comprendre que le travail que je faisais était à titre contractuel. On faisait des visites ad hoc pour vérifier l’application et le code de pratiques de ces usines, notamment au niveau santé et sécurité, au niveau de la sécurité des procédés et des relations communautaires », a tout d’abord tenu à préciser celui qui a travaillé de 1995 à 2011 pour l’Association canadienne de l’industrie de la chimie, qui compte notamment parmi ses membres des entreprises pétrolières et gazières.

Le commissaire Laurent Pilotto, Alexandre Corcoran-Tardif, agent d’information au BAPE, et Denis Bergeron, président, ont écouté les questions des citoyens.

« Donc, je n’ai jamais été, comme tel, un employé de l’industrie chimique ou un lobbyiste », a-t-il ensuite insisté. Le président a défendu son impartialité et expliqué que le commissaire Laurent Pilotto et lui respectaient les valeurs éthiques et déontologiques du BAPE et qu’ils avaient signé en ce sens des déclarations de conflits d’intérêts.

« Au bout, je crois qu’on est capables de faire notre travail et on va le faire avec transparence et avec la collaboration du public », a-t-il conclu.

Les échanges du président avec les citoyens, qui pouvaient poser deux questions par tour de parole, ont duré près de deux heures. Le commissaire d’expérience, qui a confirmé en être à plus de 15 commissions d’enquête au BAPE, a rappelé à plusieurs reprises aux citoyens que la séance était consacrée aux questions d’informations en prévision du déroulement de l’audience et non aux opinions.

Une dizaine de membres de la Coalition Fjord et son président, Adrien Guibert-Barthez, accueillaient les participants avant la séance à l’hôtel Le Montagnais, en remettant des dépliants aux participants. Des affiches dénonçant le projet de GNL Québec avaient également été installées dans le couloir précédant la salle où se déroulait l’événement.

Une vingtaine de citoyens se sont succédé au micro, dans le calme et le respect. Plusieurs personnalités politiques et publiques régionales ont également assisté à la rencontre.

Le lieu de la tenue des séances de l’audience, annoncées uniquement au Saguenay jusqu’à maintenant, a été ramené à l’avant-plan à plusieurs reprises par des militants qui demandent à ce que des séances soient également tenues à Québec et à Montréal.

Questionné sur la liberté et l’indépendance que pouvaient avoir les commissaires dans ce dossier, Denis Bergeron a répondu qu’il comptait respecter les règles de procédures et les avis légaux du BAPE prescrivant que l’audience devait se dérouler dans la région touchée directement par le projet.

Plusieurs personnes ont également remis en question le fait que la commission d’enquête du BAPE ne soit consacrée qu’au projet de complexe industriel d’Énergie Saguenay, sans englober la construction prévue du gazoduc de 750 kilomètres.

Le président a expliqué que le choix d’analyser le projet par module a été le choix du promoteur, et non de la commission, et a convenu que les différents processus légaux entourant l’évaluation du projet global demanderont « un effort » pour les citoyens.

Environ 80 personnes ont assisté à la séance préparatoire à l’audience publique de la commission du BAPE sur le projet d’Énergie Saguenay, mercredi soir, à l’hôtel Le Montagnais, à Chicoutimi.

Le rapport remis au plus tard le 15 juillet

Le rapport de la commission d’enquête du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sur le projet d’Énergie Saguenay devra être remis au plus tard le 15 juillet à Benoit Charette, ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Cette date marque la fin du délai maximal de quatre mois accordé au BAPE pour accomplir son mandat. 

Le ministre disposera ensuite de 15 jours pour rendre le rapport public, précise le BAPE, dans un communiqué émis mercredi.

Le ministre a ensuite la responsabilité de formuler ses recommandations au Conseil des ministres, rappelle l’organisme, sur son site Internet. Le Conseil des ministres devra alors décider si le projet est autorisé, refusé, ou si des modifications sont exigées. 


Réponse aux groupes environnementalistes: la première partie dans la région

La première partie de l’audience de la commission du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sur le projet d’Énergie Saguenay se tiendra uniquement à Chicoutimi, mais il n’est pas exclu que les commissaires décident de tenir des séances de la seconde partie de l’audience également à l’extérieur du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Le président du BAPE, Philippe Bourke, a répondu, mercredi en après-midi, à la lettre signée par une quarantaine de représentants de groupes environnementalistes qui avait été adressée aux commissaires Denis Bergeron et Laurent Pilotto.

Dans la missive datée du 28 février, les groupes demandaient la tenue d’audiences publiques à Montréal et à Québec, en plus du Saguenay–Lac-Saint-Jean, en raison de l’importance des impacts du projet industriel sur la province.

Philippe Bourke a tout d’abord rappelé qu’en vertu des règles de procédures du BAPE, les séances de l’audience publique d’un projet doivent se tenir dans la région où le projet est susceptible de se réaliser. 

« Cette règle est chère au BAPE puisqu’elle s’appuie sur les valeurs et les fondements de l’institution, écrit M. Bourke, dans la réponse qui a été rendue publique. Elle se veut une marque de déférence envers les citoyens de la région qui sont plus directement touchés par les projets et, ce faisant, le BAPE démontre un très grand respect pour les communautés d’accueil. »

À la fin de sa lettre, le président invite les signataires à faire part de leurs préoccupations et recommandations aux commissaires lors de la première partie de l’audience, qui débute le 16 mars, à Chicoutimi, et dont la deuxième partie est prévue au même endroit, le 20 avril. Il rappelle que les commissaires déterminent, pendant leurs fonctions, la portée qui doit être donnée au mandat reçu.

Des nuances

Si la lecture de la lettre du président laisse plutôt entendre de prime abord une réponse négative à la demande des groupes environnementalistes, sans qu’elle soit exprimée de façon explicite, des nuances doivent cependant être perçues, a-t-on assuré au Quotidien, du côté des communications du BAPE.

On explique que les commissaires ont toute la latitude afin d’assurer l’indépendance et l’impartialité des travaux et qu’ils auraient ainsi la possibilité, s’ils le jugent nécessaire, de choisir par exemple de tenir des séances de la deuxième portion de l’audience également à l’extérieur du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Pas nécessaire, selon Josée Néron

Du côté de la Ville de Saguenay, la mairesse Josée Néron ne voit pas pourquoi des audiences publiques seraient tenues à l’extérieur de la région. 

La mairesse affirme que lorsqu’il y a des audiences ailleurs, il n’y en a pas à Saguenay, même lorsque ça peut concerner la Ville.

Elle ajoute que la route dans la Réserve faunique des Laurentides est d’excellente qualité pour assurer la sécurité de tout le monde, que la région est accueillante et qu’on y trouve de bons hôtels et de bons restaurants. Avec Anne-Marie Gravel


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Les détails du déroulement de l’audience

Le nombre de journées consacrées à l’audience publique de la commission d’enquête du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sur le projet d’Énergie Saguenay variera selon les besoins du public et de la commission. L’audience, séparée en deux parties à Chicoutimi, permettra tout d’abord au public de s’informer et de s’exprimer sur le projet.

Mercredi, le BAPE a partagé des informations supplémentaires sur le déroulement des deux parties de l’audience publique qui auront lieu à Chicoutimi, dont les dates avaient déjà été annoncées au cours de la dernière semaine.

1e partie : s’informer

• À compter du 16 mars, à l’hôtel Le Montagnais, à Chicoutimi

La première partie de l’audience publique aura lieu au même endroit que la rencontre préparatoire à l’audience publique tenue mercredi soir, a annoncé le BAPE, par voie de communiqué. L’audience débutera à 19 h, à l’hôtel Le Montagnais, dans la salle La Montagnaise 3.

Cette première partie de l’audience « permettra à la population et à la commission de s’informer sur le projet afin d’en prendre connaissance et de mettre en lumière tous ses aspects », précise-t-on.

Des questions peuvent être transmises à la commission d’enquête pendant deux semaines, à partir du jeudi 12 mars et jusqu’au jeudi 26 mars à 16 h, par courriel à l’adresse energie-saguenay@bape.gouv.qc.ca.

Les séances publiques seront diffusées en direct sur le site du BAPE (www.bape.gouv.qc.ca) et elles feront ensuite l’objet de transcriptions qui seront rendues publiques.

2e partie : s’exprimer

• À compter du 20 avril, à l’hôtel Le Montagnais, à Chicoutimi

La deuxième partie de l’audience se poursuivra au même endroit, a précisé le BAPE, et cette étape sera alors l’occasion pour la commission d’enquête de recueillir l’opinion et les suggestions du public.

« Elle entendra alors toute personne, tout organisme, tout groupe ou toute municipalité qui désire s’exprimer sur le projet, que ce soit sous forme de mémoire ou de présentation verbale », explique-t-on.

La première partie de l’audience publique du BAPE sur le projet d’Énergie Saguenay permettra à la population de s’informer sur le projet, tandis que la seconde partie permettra ensuite aux citoyens de s’exprimer.