Une dizaine de citoyens et d’organismes ont déposé un mémoire sur le projet de desserte en gaz naturel de la zone industrialo-portuaire.

BAPE: peu d’appuis au projet

Le projet de desserte en gaz naturel de la zone industrialo-portuaire (ZIP) de Saguenay a soulevé beaucoup d’inquiétudes et a reçu peu d’appuis, mardi, lors de la deuxième séance du Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) qui avait lieu à La Saguenéenne. Cette séance était consacrée au dépôt des mémoires.

Le projet de gazoduc d’Énergir, qui desservirait pour l’instant une seule entreprise, Métaux BlackRock, est estimé à 30 millions de dollars. Selon l’échéancier fourni par le BAPE, il pourrait être en mis en fonction dès juillet 2020.

La soirée a démarré tout en contrastes. Louise Morand, porte-parole du Regroupement vigilance hydrocarbures Québec, a demandé un moratoire sur le développement de tout nouveau projet qui utilise des énergies fossiles, affirmant qu’il fallait réduire de manière « radicale » notre consommation d’hydrocarbures.

Pierre Charbonneau, deuxième personne à présenter son mémoire, a apporté son soutien indéfectible aux grands projets industriels et à ce gazoduc. « Il faut donner la bonne source d’énergie aux industries pour favoriser le développement du parc industriel de Grande-Anse », a dit celui qui base son argumentation sur son expérience professionnelle d’ingénieur.

Une soixantaine de personnes étaient présentes pour cette deuxième séance publique du BAPE.

Réserves

Par la suite, citoyens et organismes ont exprimé leurs réserves sur le projet. Adrien Guibert-Barthez, porte-parole de la Coalition Fjord, a émis des doutes sur la logique derrière le projet. Il a rappelé que le chemin de fer de la ZIP n’avait toujours pas été utilisé. « Le gouvernement construit des infrastructures pour des entreprises qui ne voient pas le jour », a affirmé M. Guibert-Barthez, inquiet que la même chose se produise pour cette desserte de gaz naturel.

Prenant la parole pour le Conseil régional en développement durable, Alexandra Dupéré a déploré le morcellement de l’étude du projet de desserte en gaz naturel et des activités de la minière Métaux BlackRock. « L’entreprise est le seul client d’Énergir pour l’instant et d’exclure des éléments de l’évaluation ne permet pas une pleine compréhension des impacts ».

Agriculteurs

Gilles Brassard, président de l’UPA Fjord/Saguenay, a fait une présentation de ce qui, selon lui, causera des préjudices aux agriculteurs qui sont présents près de la zone du gazoduc : limitation de la grosseur des équipements pouvant être utilisés, drainage des sols complexifié, stress pour les propriétaires en raison des accidents, etc. Ce discours a été appuyé par un producteur agricole, Nicolas Lavoie, qui prenait la parole à titre de citoyen après M. Brassard.

Une citoyenne, Louise Denis, a quant à elle soulevé ce qu’elle considère comme des bémols dans le discours d’Énergir, de manière philosophique. Trois autres personnes s’exprimant à titre individuel devaient encore présenter leur mémoire au moment d’écrire ces lignes. La Chambre de commerce et d’industrie de Saguenay-Le Fjord, de son côté, n’a pas pu se présenter au BAPE mardi soir.

Dépôt du rapport

Cette deuxième séance, qui faisait suite à celle tenue le 9 juillet dernier, met fin aux consultations publiques du BAPE. L’organisme provincial a maintenant jusqu’au 7 novembre pour rédiger son rapport et le remettre au ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Le rapport sera ensuite rendu public dans un délai maximal de deux semaines après son dépôt.

Il revient ensuite au conseil des ministres, qui aura pris connaissance des recommandations du BAPE, d’autoriser ou non la construction de la desserte en gaz naturel de Grande-Anse.