Rivière du moulin à Chicoutimi.

Bande la rivière du Moulin: une qualité moyenne

En dépit des efforts de sensibilisation et d’une offre de reboisement, la qualité de la bande riveraine de la rivière du Moulin demeure moyenne, et ce, de son embouchure jusqu’à 30 kilomètres en amont, ce qui laisse la porte ouverte à des dépassements de critères quant à la présence de phosphore, de coliformes fécaux et de matières en suspension.

Ce constat a été fait par le Comité de bassin versant Rivage de la rivière du Moulin, au terme de deux années d’intervention visant à sensibiliser les riverains à l’importance de cette bande, dans le cadre d’un programme de reboisement et d’une étude sur les changements de comportements.

En entrevue, Marie-Anne Bergeron, chargée de projet pour le comité, a mentionné que depuis 2016, des travaux de caractérisation ont été effectués par photo-interprétation géomatique et une visite de validation sur le terrain à bord d’une embarcation pour chaque section de 50 mètres linéaires. Il a été évalué en 2016 que 79 % des bandes riveraines en terrains bâtis étaient inadéquates pour combattre la filtration des contaminants ou ralentir l’érosion.

L’absence de végétation, la présence de maisons érigées à moins de 15 mètres du rivage et la tonte de gazon en bordure du plan d’eau sont toutes des causes pouvant être à l’origine des problèmes de pollution.

Dans le cadre de l’activité, les intervenants ont mené deux campagnes de sensibilisation et ont visité 169 propriétés. « En 2016, nous sommes allés voir les gens pour collecter des informations sur leurs habitudes en leur demandant de répondre à un questionnaire. La réception a été très bonne puisque la majorité (147) a accepté de répondre au questionnaire », affirme Mme Bergeron. L’an dernier, un retour a été effectué pour vérifier les changements d’habitude.

Il en est résulté que le programme de reboisement pourtant offert à peu de frais n’a permis de reboiser que huit terrains avec 1063 végétaux sur une superficie de 2975 m2. Selon les données colligées, 29 % des répondants en 2017 affirmaient avoir modifié certains de leurs comportements dans la bande riveraine tandis que 38 % exprimaient l’intention de le faire.

Malgré ces efforts, Mme Bergeron constate qu’il est encore difficile de faire changer les habitudes des citoyens, puisque beaucoup ne connaissent pas l’importance de la bande riveraine pour la protection des cours d’eau. La vieille habitude de la propriété avec vue sur le lac ou la rivière persiste.