Banalisation de la violence sexuelle

Malgré une diminution du taux de signalement des infractions sexuelles au Québec en 2011, les Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean estiment qu'il ne faut pas crier victoire trop vite. Une certaine forme de banalisation, concept qui sera d'ailleurs le thème de la Journée d'action contre la violence sexuelle faite aux femmes le 21 septembre prochain, est en partie responsable de cette amélioration illusoire.
«Notre expérience, nous démontre qu'encore trop de femmes, et particulièrement les adolescentes, ne signalent pas le crime dont elles sont victimes à la police parce que d'une part, elles ont intégré le message de banalisation véhiculé dans la société et que, d'autre part, elles craignent que la police en fasse de même», explique Carole Tremblay, intervenante du CALACS à la Maison ISA-Saguenay, par voie de communiqué.
Une enquête sociale générale sur la victimisation au Canada relate que 58% des victimes ont admis ne pas avoir signalé une agression sexuelle à la police parce qu'elles considéraient que l'incident n'était pas assez important. «Comment prendre au sérieux la violence sexuelle exercée à ton endroit, lorsque la société projette partout, du journal local à la télévision, que les femmes sont des «objets» de consommation jetables. L'industrie de la séduction est en plein essor, et la banalisation de la violence sexuelle rend les frontières de l'acceptable de plus en plus ambiguës», ajoute Vicky Grondin, intervenante au CALACS Entre Elles.
À l'occasion de cette 31e journée d'action, le Regroupement québécois des CALACS a lancé une campagne de sensibilisation sur le web. La population est invitée à consulter le site www.maisonisa.com. Pour plus d'informations, les personnes intéressées peuvent contacter le CALACS Entre Elles du Lac-Saint-Jean au 1-866-666-1004 ou la Maison ISA du Saguenay au 418-545-6444.