La famille de Thomas Audet a tenu une cérémonie afin de souligner les trois ans du décès du jeune garçon.

Bambin mort en attente de la DPJ: trois ans sans réponse

La famille de Thomas Audet a souligné le troisième anniversaire de son décès lors d’une cérémonie au cimetière de Saint-Ambroise, mardi soir. Trois ans après le décès du petit garçon, la famille est toujours dans le néant quant à savoir les circonstances de son décès. Thomas est décédé à 22 mois en attente des services de la Direction de protection de la jeunesse (DPJ), alors qu’une demande avait été faite un mois auparavant.

Depuis le décès de Thomas, la famille cherche à savoir ce qui est arrivé le 18 juin 2016. Le grand-père du jeune homme, André Simard, explique que « la seule réponse que nous donnent les autorités est que l’enquête suit son cours ». Trois années ont passé, mais les membres de la famille n’ont toujours pas reçu le rapport d’autopsie, ce que déplore M. Simard. « Trois ans, trois ans pour une enquête et elle n’est même pas terminée. C’est inadmissible. »

André Simard est le grand-père de Thomas Audet. Il agit comme porte-parole de la famille.

Durant ces trois années, André Simard « a entendu toutes sortes d’histoires, mais ne connaît pas la vérité ». Il a vécu « trois années d’enfer », dit-il, avant de raconter l’histoire de sa première année de deuil. « Pendant un an, je n’ai pas été capable de sortir de chez moi. Il y avait un petit bonhomme en face qui avait à peu près l’âge de Thomas. Quand je le voyais, je rentrais à l’intérieur. Je n’étais pas capable de le regarder », raconte-t-il avec une voix pleine d’émotion.

Avec cette cérémonie, André Simard souhaite d’abord et avant tout rendre hommage au petit Thomas, mais aussi que le message passe. « J’espère de tout mon cœur que le mouvement de ce soir va faire bouger les choses. »

La famille a installé des affiches prêt de la pierre tombale de Thomas pour dénoncer l’absence de réponse des autorités.

À la suite du décès de Thomas, la Commission des droits de la personne avait pris six mois avant de remettre son rapport dans lequel elle avait émis 23 recommandations au CIUSSS, dont cinq qui touchaient spécifiquement le cas de Thomas. « Si ces recommandations peuvent sauver un seul enfant, je vais être content », ajoute-t-il.

Une quarantaine de membres et amis de la famille étaient présents lors de la cérémonie chargée en émotion, ce qui a réjoui M. Simard. « On attendait une vingtaine de personnes et on en a environ quarante, ça fait chaud au cœur. »

Une quarantaine de personnes ont assisté à la cérémonie soulignant les trois ans du décès de Thomas Audet.

La famille a entamé une poursuite envers le CIUSSS il y a déjà quelques mois. M. Simard ne voulait pas en dire plus sur le sujet, mais tient à rappeler que cette poursuite « est pour la justice et non pour l’argent ». Il ne blâme pas non plus les travailleurs de la DPJ. « Je ne juge pas leur travail, ce n’est pas à moi de faire ça et je ne suis pas bien placé pour le faire. » Il souhaite néanmoins que des correctifs soient appliqués et croit que le manque de personnel n’est pas le seul problème que rencontrent les services d’intervenants en jeunesse.

L’Alliance du personnel professionnelle et technique de la santé (APTS) a lancé une campagne visant à faire bouger les choses à la DPJ après le décès de la fillette de Granby. Elle invite les députés de l’Assemblée nationale à adopter une peluche pour se rappeler des enfants qui ont besoin d’une amélioration des services. M. Simard est heureux de voir un tel mouvement, mais n’est pas certain que les élus ont un tel pouvoir. « Si vous voulez, je vais en adopter une, peluche. On a déjà fait des démarches auprès de Sylvain Gaudreault, mais lui aussi, il s’est fait répondre que l’enquête était en cours et qu’il ne pouvait rien faire ».

Bien que de savoir ce qui est arrivé lui ferait le plus grand bien, il n’oubliera jamais la perte de Thomas. « Mon petit bonhomme me manque et je ne le retrouverai jamais. »