Le conseiller Simon-Olivier Côté est président de la Commission du développement durable et de l’environnement de Saguenay.

Bacs bruns: une économie estimée à 4,2 M$

En dépit de la signature de près de 7000 citoyens s’opposant au règlement d’emprunt pour l’acquisition de 75 000 bacs bruns grand format, Saguenay maintient sa décision d’aller de l’avant avec ce type de collecte des matières putrescibles à compter de 2020, en invoquant une économie de 4,2 M$ sur 15 ans.

Dans le cadre d’une rencontre de presse, le conseiller et président de la Commission du développement durable et de l’environnement, Simon-Olivier Côté, accompagné de Denis Bernier, directeur du Service du développement durable et de l’environnement, ont expliqué les motifs économiques et écologiques ayant conduit au choix du bac brun dont les matières seront destinées à la production d’un compost de qualité A. Ce dernier constitue le premier objectif à atteindre afin d’éviter qu’un produit de moindre qualité ne soit enfoui, ce qui constituerait du gaspillage de fonds publics, ont expliqué les deux intervenants. Selon eux, pour obtenir les aides financières prévues, Saguenay n’a d’autre choix que de produire un compost de qualité qui exclura la présence de contaminants ou de résidus de plastique, d’où la nécessité d’effectuer du tri à la source.

À partir des études de coût comparant les modes de collecte à partir du bac et du sac, M. Côté en arrive à la conclusion qu’il en coûtera 27,7 M$ en 15 ans pour utiliser le bac, comparativement à 31,9 M$ pour le sac. Les données fournies tiennent compte du coût d’acquisition et d’entretien du bac, fixé à 7 $ l’unité, le coût de la collecte additionnelle (13 $) et du prétraitement (6 $) pour un coût total annuel de 26 $ par unité.

Pour ce qui est de l’utilisation de sacs, Saguenay évalue qu’il faudrait distribuer 11 millions d’unités par année, ce qui représente 24 kilos de plastique par unité d’occupation sur 15 ans. Étant donné qu’un bac de 240 kg a une durée de vie utile d’au moins 15 années, ce sont des centaines de milliers de tonnes de plastique en moins qui ne seraient pas enfouies.

Denis Bernier, directeur du Service du développement durable et de l’environnement

Un autre facteur favorisant l’utilisation du bac a trait à la mise en service par la compagnie Matrec de camions utilisant une technologie de compressage des matières avec le système Roto Pac qui, à l’aide d’une vis sans fin, permet de transporter plus de matières par voyages, a expliqué M. Bernier. Ce dernier précise qu’un camion est capable de transporter entre 13 et 14 tonnes de matières putrescibles comparativement à sept avec un camion traditionnel. L’utilisation de ce type de camions serait impossible en raison du risque d’ouverture des sacs.

Traitement
En ce qui a trait au traitement des matières putrescibles pour leur transformation en compost et aux coûts reliés, Saguenay n’a pas encore fait son choix puisque les analyses se poursuivent. Selon M. Bernier, les technologies évoluent constamment et rapidement dans le domaine tout comme les conditions de marché et il est encore nécessaire d’évaluer l’éventail de ce qui est offert.

Simon-Olivier Côté a mentionné que ce n’est pas avant un an et demi que les citoyens seront appelés à faire la collecte de leurs déchets de table.

Chaque logement ou maison recevra deux bacs, l’un à petite contenance pour l’accumulation des résidus dans leur cuisine et un autre d’un volume de 240 litres qu’ils déposeront au chemin chaque semaine pendant la saison chaude.

À partir des études de coût comparant les modes de collecte à partir du bac et du sac, Saguenay en arrive à la conclusion qu’il en coûtera 27,7 M $ en 15 ans pour utiliser le bac, comparativement à 31,9 M $ pour le sac.

D’ici là, Saguenay entend poursuivre les efforts de sensibilisation à l’introduction de cette nouvelle collecte en poursuivant l’objectif d’extraire 100 % de ces matières productrices de gaz à effets de serre des sites d’enfouissement traditionnels.

Lors de la présentation, M. Côté a reconnu que l’exercice de mercredi aurait pu se dérouler bien avant la période de signature des registres. Il a rappelé qu’une période de consultation a eu lieu l’hiver dernier sur le sujet et que Saguenay dispose encore d’une année pour présenter son plan de collecte et de traitement des matières putrescibles.