1040 personnes ont signé le registre pour bloquer le règlement d’emprunt pour l’achat de bacs bruns.

Bacs bruns: 1040 signatures le premier jour

1040 citoyens se sont déplacés, lundi, pour signer le registre d’opposition au règlement d’emprunt de 5,5 M $ visant à faire l’acquisition de bacs bruns par Saguenay, dans le seul point de signature situé dans l’arrondissement de Chicoutimi, près de la bibliothèque.

Le conseiller municipal et président de la Commission Développement durable et environnement, Simon-Olivier Côté, a été délégué par Saguenay pour commenter le processus de signature des registres. La mairesse de Saguenay, Josée Néron, a préféré ne pas donner d’entrevue à ce sujet.

Le conseiller rappelle que la signature de registre se tient toujours selon les mêmes modalités. « Tous les conseils de ville donnent lieu à l’ouverture de registre du genre. D’habitude, personne ne se déplace pour signer. Là, on est devant une question qui est plus épineuse. »

La loi, selon lui, encadre la manière dont ces registres se tiennent, et la Ville ne possède pas beaucoup de latitude là-dessus. « À l’heure actuelle, on est dans un processus légal, comme le processus référendaire, comme celui des élections. On n’a malheureusement pas beaucoup de pouvoir là-dessus pour changer ça, précise-t-il. Ce qui se passe présentement, c’est correct. Les citoyens peuvent se manifester tout au long du processus. »

Devoirs faits
C’est la commission que M. Côté préside qui a pris la décision de privilégier les bacs bruns, après avoir sollicité l’opinion de la population à plusieurs reprises. « On a fait deux consultations publiques. Il y a eu à peu près 75 personnes qui se sont déplacées. Il y a KYK qui a remis une pétition contre les poubelles qui auraient pu passer au mois. Ça n’avait pas rapport avec le bac brun. À part ça, il n’y a personne qui s’est manifesté », explique Simon-Olivier Côté.

Après les consultations publiques, les organismes et les citoyens ont eu un mois pour déposer un mémoire. La Ville en a reçu une vingtaine.

« La tendance allait vers les bacs bruns. C’était majoritaire, mais bien sûr pas unanime. Très peu de personnes étaient contre à l’époque », se souvient le conseiller.

« Le Lac-Saint-Jean allait aussi dans cette direction-là. Nous, on voulait avoir une approche plus régionale. Mais la raison majeure qui explique notre décision, c’est la gestion du risque. Quand on regardait tout autour, au niveau du Québec, la plupart des municipalités et des MRC ont fait ce choix. C’est le même coût que prendre des robots ou prendre le bac vert. On a fait une grosse grille d’analyse au niveau de la gestion des risques, les bacs bruns, c’est ce qui a obtenu les meilleurs résultats. C’est aussi ce qui avait l’acceptabilité sociale la plus grande », explique M. Côté.

En juin, Le Quotidien publiait les résultats d’un sondage démontrant que 60 % des habitants de Saguenay étaient en accord avec la collecte des matières organiques par l’entremise des bacs bruns. Le sondage ne faisait cependant pas mention des alternatives possibles.


« Merci à tous ceux et celles qui se déplacent pour signer le registre pour contrer non pas le compostage, mais bien le bac brun. Il existe d’autres alternatives moins coûteuses, plus écologiques et surtout avec beaucoup moins d’inconvénients. »
Dominic Gagnon, chef du PCS via Twitter

Ouverts jusqu’à vendredi
Les opposants à l’achat de bacs bruns devront donc redoubler d’ardeur pour bloquer le règlement d’emprunt de 5,5 M $. Ils ont jusqu’à vendredi 19 h, pour signer le registre. 8022 signatures doivent être récoltées pour que la Ville refasse ses devoirs dans ce dossier, soit en moyenne plus de 1600 par jour.

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PAS LA MÊME POSITION EN 2016

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, avait une attitude différente, quand elle était dans l’opposition, à propos de l’ouverture d’un seul site de signature de registre pour bloquer des règlements d’emprunt.

Si aujourd’hui, elle préfère ne pas commenter la question, en 2016, alors que l’administration Tremblay empruntait 4,5 millions pour investir dans le quai des croisières de La Baie, elle était à l’avant-plan de la contestation et incitait les citoyens à signer les registres. Elle contestait le fait qu’il n’y avait qu’un point de signature à Chicoutimi, et non également à Jonquière et La Baie.

Mme Néron, à l’instar du chef du Parti des citoyens, Dominic Gagnon aujourd’hui, lançait des reproches au maire sur la manière dont on encadrait la signature des registres.

« Il n’était pas évident de se rendre à l’arrondissement de Chicoutimi pour exprimer son opinion. Nous avions demandé au greffe d’avoir des registres ouverts dans les deux autres arrondissements. On nous a dit non, même si cela avait été possible. La prochaine fois, nous allons demander à ce que ça puisse se faire », disait-elle, dans des propos rapportés dans Le Quotidien du 27 août 2016.

Josée Néron proposait aussi de faciliter la contestation des règlements d’emprunts. « Nous envisageons d’ailleurs nous adresser au ministre (des Affaires municipales) afin d’envisager de modifier la loi afin de permettre aux citoyens de voter par Internet ou par pétition. Il faut s’ajuster avec la réalité actuelle et donner l’occasion d’avoir un accès plus facile aux gens pour donner leur opinion », ajoutait celle qui était alors conseillère pour l’Équipe du renouveau démocratique.