Selon le conseiller Claude Tremblay, aucun projet de conversion ne figure dans les cartons de la Ville et il n'y a pas d'acquéreur potentiel en vue. Il rappelle qu'environ 2 millions $ sont requis pour la rénovation du bâtiment construit en 1932.

Avenir incertain pour l'ancien hôtel de ville de Kénogami

Le sort de l'ancien hôtel de ville de Kénogami, un bâtiment phare de l'ancienne municipalité, demeure inconnu. Après l'échec du projet de revitalisation visant à y regrouper des écoles de danse, l'immeuble au cachet patrimonial aura besoin de travaux majeurs pour éviter le pic des démolisseurs.
Le conseiller Claude Tremblay a bien tenté de trouver un acquéreur potentiel pour l'immeuble, dont la partie principale, longtemps occupée par Le Prisme culturel, a été fermée inopinément il y a deux ans pour des raisons de sécurité. Le plafond d'un studio menaçait de s'effondrer et l'un des murs porteurs de l'édifice a dû être solidifié. Des travaux d'urgence ont été réalisés, mais pour assurer l'avenir du bâtiment et le rendre conforme aux normes en vigueur, Saguenay doit investir au moins 2 millions $. Cette somme n'est pas disponible dans les coffres municipaux.
Une partie de l'édifice est encore occupée par des employés du service des immeubles de Saguenay. Ils seront bientôt mutés dans l'ancien garage Supra, près du boulevard du Royaume, rénové par la municipalité. À moins d'un revirement, l'édifice de la rue du Roi-Georges sera condamné.
«Des gens d'affaires du secteur Kénogami se sont montrés intéressés. Il a même été question d'y installer un incubateur d'entreprise. Mais le projet n'a pas été réalisé. Et pour avoir des subventions gouvernementales, ça prend un projet attaché», signale Claude Tremblay.
L'entrée en scène de Jean-Pierre Blackburn, qui a annoncé qu'il briguerait l'investiture du Parti des citoyens de Saguenay (PCS) en mai dans le but de devenir maire de la ville, pourrait avoir un impact sur l'avenir de la bâtisse construite en 1932.
«Je suis certain que s'il est élu, il y trouvera une vocation», croit Claude Tremblay. Il rappelle qu'au moment où il était député de Jonquière et ministre, l'ex-conservateur avait réussi à ficeler un budget pour le projet de revitalisation. Le conseiller municipal estime que la défaite de M. Blackburn, emporté par la vague orange qui a fait élire Claude Patry en 2011, a fait tourner le vent dans ce dossier.
Toujours passionné des centres-villes
Questionné à ce sujet, le principal intéressé confie qu'il réfléchit déjà à une vocation possible pour l'immeuble. Rappelant qu'il n'est pas encore maire de Saguenay et qu'il ne veut pas tenir pour acquis qu'il le sera avant l'élection du 5 novembre, Jean-Pierre Blackburn confie que son «éternelle sensibilité» à l'égard des centres-villes est toujours bien présente.
«J'entends être proactif pour contribuer à leur développement et y insuffler un nouveau dynamisme qui, malheureusement, à Jonquière et Kénogami, s'effrite à vitesse grand V», souligne-t-il.
Le candidat à l'investiture du PCS croit que l'évaluation exhaustive de l'ensemble du parc immobilier de Saguenay doit se poursuivre et que le tout devra faire l'objet d'une réflexion autour de la table du prochain conseil.
«Sans doute que les hauts fonctionnaires auront des documents à jour à présenter aux futurs élus, lesquels permettront de donner une image riche de la situation et des coûts associés aux divers scénarios qui pourraient être envisagés. Aussi, soulignons qu'il n'est pas impossible que le conseil de ville actuel prenne des décisions à ce propos d'ici au 5 novembre, ce qui est tout à fait dans leur droit et prérogative», a-t-il résumé.
Claude Tremblay attristé par le morcellement
Claude Tremblay avait annoncé il y a un temps déjà qu'il ne se représentait pas aux prochaines élections. Il a été conseiller pendant 26 ans.
Le morcellement du secteur Kénogami, dans la foulée du redécoupage électoral à Saguenay, ne s'est pas fait sans un pincement au coeur pour le conseiller municipal sortant, Claude Tremblay.
L'échevin, qui tirera sa révérence en novembre après une carrière politique de 26 ans, estime que le coeur de Kénogami est touché par le redécoupage. Lors du prochain scrutin, les électeurs de l'ancienne ville seront répartis en trois districts électoraux. Le quartier #6, actuellement représenté par Carl Dufour, à Arvida, deviendra le district #5 et s'étendra jusqu'au quartier des fleurs, tandis que celui détenu par Sylvie Gaudreault, dans le secteur du centre-ville de Jonquière, gagnera le boulevard du Saguenay, pour inclure une bonne partie du centre-ville de Kénogami. Il s'agit du quartier #3, où le commentateur sportif et homme d'affaires Michel Thiffault briguera lui aussi les suffrages. Shipshaw, arraché à Fabien Hovington par Julie Dufour aux élections de 2013, disparaîtra. Ce secteur sera annexé à une portion de Kénogami et le tout deviendra le district #2, incluant le quartier des peintres et le secteur du chemin Saint-André (Jonquière-Nord).
«C'est un peu fou, il faut le dire. Le coeur de Kénogami est divisé. Le mont Fortin, le parc Price, le Centre commémoratif Price, le musée Sir William-Price, le centre-ville, c'est tout le sentiment d'appartenance des gens du secteur et ça représente 80 pour cent des dossiers que j'ai travaillés pendant mes mandats. C'est nous qui avons été les plus touchés par le redécoupage. C'est certain que ça me fait quelque chose que ce soit comme ça et on s'est exprimés là-dessus, mais malheureusement, on ne pouvait pas faire grand-chose», analyse Claude Tremblay.
La nouvelle carte électorale de Saguenay fera passer le nombre de districts de 19 à 15. L'échiquier politique s'en voit considérablement chamboulé, puisque certains conseillers qui ont choisi de se représenter hériteront de secteurs où ils sont moins connus. Dans certains cas, le territoire à couvrir est beaucoup plus grand.
Un appui discret à Jean-Pierre Bolduc
Dans le nouveau quartier #2, qui inclut une bonne part de l'actuel secteur de Claude Tremblay, Julie Dufour a annoncé qu'elle tenterait de se faire élire. Elle devra affronter Jean-Pierre Bolduc, porte-étendard du Parti des citoyens de Saguenay (PCS), à qui Claude Tremblay entend donner son soutien de façon plutôt discrète.
«Je vais aider un peu et donner un petit coup de main à Jean-Pierre, mais j'ai fait sept campagnes électorales et je n'ai pas l'intention d'en faire une huitième», confie-t-il.
Le conseiller sortant convient que son quotidien sera modifié de façon considérable au lendemain du 5 novembre, après sept mandats à titre d'élu. Avec sa collègue Sylvie Gaudreault, il est le co-doyen de l'actuel conseil de ville.
«Ça fait 26 ans que je fais ça. J'étais un gars de terrain et je n'étais pas reconnu pour avoir mon portrait dans les journaux toutes les semaines. La plus belle récompense que j'ai eue, c'est d'avoir remporté les 23 bureaux de vote de mon district lors des dernières élections. Je pars sur une bonne note», estime le retraité d'Abitibi-Consolidated et adepte de course à pied. Après avoir quitté son siège, le Kénogamien entend prendre quelques mois de recul, mais n'exclut pas la possibilité de s'impliquer bénévolement au conseil d'administration d'un organisme sans but lucratif.