Sylvain Gaudreault

Avenir du Quotidien: Sylvain Gaudreault s’inquiète pour les retraités

« Il y a trois vaches sacrées au Saguenay–Lac-Saint-Jean : le lac, le fjord et Le Quotidien. On ne peut pas s’imaginer notre région sans cette institution. »

Le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault, a témoigné de l’importance des journaux Le Quotidien et Le Progrès, en plus de manifester son inquiétude quant à l’avenir des régimes de retraite des employés, devant la commission parlementaire sur l’avenir des médias, mercredi. 

« C’est sûr que je voulais être présent pour le dépôt du mémoire de Groupe Capitales Médias (GCM). L’enjeu du déficit actuariel et du taux de solvabilité est passé sous silence depuis le début de la saga. C’est quand même une donnée importante. »

Le député de Jonquière a demandé à Claude Gagnon, président-directeur général de GCM, de fournir les chiffres concernant les régimes de retraite des employés. 

« Il y a un éléphant dans la pièce. L’élément dont personne ne parle, c’est le régime de retraite. Quels sont le déficit actuariel du régime de retraite et le taux de solvabilité ? Combien faudrait-il injecter pour maintenir les prestations des retraités ? », a questionné celui qui a pu bénéficier du temps de parole de son collègue de Rimouski.

Claude Gagnon a évoqué un déficit actuariel d’environ 65 M $ et un taux de solvabilité variant entre 75 % et 78 %, selon les régimes des différents journaux de GCM. 

Les chiffres fournis ont surpris Sylvain Gaudreault. 

« C’est gigantesque comme taux de solvabilité et comme déficit actuariel. C’est très préoccupant. Ça veut dire qu’un éventuel repreneur doit combler un déficit ou conclure une entente avec les retraités. Il y a plus de retraités que de gens qui cotisent. Ça vient changer complètement le portrait de cette entreprise, estime-t-il. Il faut s’assurer que le prochain acquéreur de GCM ou une entente avec le gouvernement permettra de protéger les fonds de pension. Est-ce qu’il peut y avoir une protection, une entente pour combler le déficit ? Il va falloir que le gouvernement tienne compte de cette réalité avec le prochain repreneur. Il ne faut pas refaire comme en 2015, lorsque Power Corporation s’est départie de ses journaux. »

Le député de Jonquière affirme que sa question en commission a suscité des réactions. « Des gens m’ont dit qu’ils n’avaient pas cette information, que ça change la donne et qu’ils s’aperçoivent que le groupe a pas mal moins de valeur qu’il en avait », affirme celui qui insiste sur l’importance des journaux. 

L’élu péquiste est convaincu de la nécessité de taxer les géants du Web. 

« Je ne peux pas imaginer le Saguenay–Lac-Saint-Jean sans Le Quotidien et Le Progrès. Ça m’apparaît essentiel pour l’information locale, la diversité de l’information », a-t-il conclu.