Saguenay a lancé une campagne de consultations publiques portant notamment sur l’avenir de la zone ferroviaire.

Avenir de la zone ferroviaire: une zone culturelle proposée

La zone ferroviaire de Chicoutimi devrait être convertie en une zone culturelle où serait érigé un nouvel immeuble multifonctionnel, qui devrait être une oeuvre en soi, abritant une salle de concert professionnelle de 800 places destinée à la musique, en plus d’une salle polyvalente de 250 places destinée aux arts de la scène. Le projet proposé est évalué à 33 M $.

Après Joan Simard et Étienne Jacques, c’est au tour de la Société de développement culturel du Saguenay–Lac-Saint-Jean de dévoiler une proposition dans le cadre de la consultation entreprise par Saguenay. L’organisme, qui se désigne également sous le nom de Fjord Culture, compte parmi ses administrateurs Dominique Tremblay, à la présidence, Lucien Frenette, Michel Gingras, Aude Gauthier-Martel et Laval Gagnon, à titre de collaborateur.

Dans le mémoire déposé jeudi matin, le groupe propose que la nouvelle salle dispose d’une acoustique de qualité supérieure, avec un temps de réverbération de 1,3 à 2,1 secondes. Cela permettrait de présenter tous les gens musicaux, du jazz à l’orchestre symphonique en passant par le contemporain.

Le projet comprend également l’aménagement d’une salle d’entraînement pour le cirque, des studios de répétition pour la musique, la danse ainsi que des salles d’exposition, des espaces à bureaux pour les organismes culturels, incluant un café-bistro, une garderie et une terrasse, ainsi que des aires publiques de promenade, un jardin de sculptures et une petite scène extérieure.

Selon le groupe, Saguenay doit miser sur la culture pour se revitaliser et se développer après avoir vécu une désindustrialisation comme l’a fait, entre autres, la ville de Bilbao, en Espagne, avec son fameux musée d’art moderne Guggenheim, ou encore Paris, Barcelone et Austin.

L’objectif est d’investir judicieusement et massivement dans la culture afin de modifier l’image de la ville comme l’ont fait celles citées plus haut.

En entrevue, M. Tremblay a expliqué que l’idée de mettre sur pied un tel centre de culture multifonctionnel est née il y a trois ans à la suite d’une étude réalisée à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) en 2016, à la suite de la consultation d’une vingtaine d’organismes du milieu culturel de Saguenay.

L’étude a démontré qu’il y a des besoins particuliers à combler en musique, en théâtre, en danse et en arts du cirque.

M. Tremblay a mentionné que le projet exclut la construction et l’aménagement d’une glace destinée aux sports d’hiver comme le hockey. En ce qui a trait au stationnement, il a indiqué que le tout est tributaire de ce que décidera Saguenay pour remplacer l’édifice de la rue du Havre.

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UN PROJET VERT DÉPOSÉ

Un grand espace vert devrait être aménagé sur la zone ferroviaire au centre-ville de Chicoutimi, comprenant l’aménagement de kiosques maraîchers, d’un carrefour giratoire, d’un parc, d’une fontaine, de nouveaux espaces de stationnement et la démolition de l’autogare actuelle, entre autres. Le coût du projet est estimé à 22 millions de dollars.

Une dizaine de membres du Conseil de district 8, composé de quelques centaines de citoyens, ont travaillé à l’élaboration du mémoire de 20 pages, déposé en bonne et due forme jeudi, la veille de la date limite fixée par Saguenay.

En entrevue, le responsable des communications du comité, Jérôme Duchesne, a expliqué que le projet déposé venait répondre à une vision du futur. La démolition de l’autogare viendrait amputer le secteur de plusieurs cases de stationnement, mais elles seraient comblées en totalité grâce à un réaménagement de la zone portuaire et du boulevard du Saguenay. La limite de vitesse serait diminuée à 30 km/h. D’autres espaces de stationnement seraient aussi créés sur les rues du Havre et Salaberry.

« On coupe une voie dans les deux directions et on aménage des stationnements en parallèle, a expliqué Jérôme Duchesne. Ça aurait pour effet de ralentir la circulation, en plus de créer un lien entre la zone portuaire et le centre-ville de Chicoutimi. En ce moment, c’est un défi de traverser le boulevard du Saguenay dans ce secteur. »

Jérôme Duchesne croit que la démolition de l’autogare pourrait avoir de grands avantages pour les commerçants du haut de la rue Racine. Avec le dégagement de la structure, ils pourraient développer de nouveaux projets, par exemple une terrasse qui donne une vue sur la rivière Saguenay.

« Ça prend un vrai dynamisme au centre-ville de Chicoutimi, a soulevé Jérôme Duchesne. On pense qu’on présente un projet qui va plaire à tout le monde, sans coûter trop cher aux contribuables. »

 Côté salue, mais demeure neutre

Le conseiller municipal du centre-ville de Chicoutimi, Simon-Olivier Côté, est celui qui a créé le Conseil de district 8, en 2014. Fervent d’une démocratie participative, il souhaitait une contribution citoyenne dans les projets du secteur. Impliqué dans le comité, le conseiller s’est toutefois retiré de façon temporaire, puisqu’il siège à la présidence du groupe qui gère le processus de consultations pour la zone ferroviaire.

Simon-Olivier Côté et Jérôme Duchesne ont assuré que le conseiller n’a pas vu le mémoire avant qu’il soit déposé. De plus, il n’a pas été impliqué dans l’élaboration du document. 

« Je salue l’initiative du comité d’avoir préparé un dossier de présentation, mais je ne prendrai pas position. Je vais demeurer neutre tout au long des étapes », a commenté M. Côté, lors d’une entrevue téléphonique.