Une soixantaine de personnes s’étaient déplacées pour en savoir un peu plus sur le Lab-École de Chicoutimi, lundi soir.

Avant-goût du Lab-École

Une école accueillante comme une maison, qui utilise la nature comme outil éducatif. Les grandes lignes de ce qu’aura l’air la future école Marguerite-D’Youville, qui sera l’un des six Lab-École de la province, ont été présentées, lundi soir. Trois-cent élèves, quinze classes, dont 12 du primaire et trois préscolaires, un gymnase, des espaces rassembleurs pour collaborer et manger, du transport actif, mais surtout un accès à la nature, et ce, même de l’intérieur, feront de l’école un lieu d’apprentissage visant à faciliter la réussite éducative des enfants.

C’était soir d’assemblée de cuisine, lundi, au siège social de la Commission scolaire de Rives-du-Saguenay, alors que les gens étaient conviés afin d’en apprendre plus sur les premiers développements du Lab-École de Chicoutimi et de poser leurs questions. La soixantaine de personnes présentes ont surtout constaté que le chantier de réflexion allait bon train et ils ont eu des exemples de ce à quoi pourrait ressembler la nouvelle école Marguerite-D’Youville. 

L’architecte Pierre Thibault, cofondateur du Lab-École avec l’athlète Pierre Lavoie et le chef Ricardo Larrivée, a présenté des exemples de ce qui se fait ailleurs dans le monde, notamment en ce qui a trait aux espaces collaboratifs pour cuisiner, par exemple, ou des classes aux fenestrations imposantes, qui rappellent aux jeunes qu’ils sont près de la nature. Car il s’agit de la mission même du Lab-École, utiliser la nature comme outil éducatif.

Pierre Lavoie, l’un des cofondateurs du Lab-École, a affirmé rêver que tous les jeunes se rendent à l’école à pied.

« Dans nos sondages, nous demandions aux enfants quel était leur endroit préféré à l’école. En majorité, ils nous ont tous répondu que c’était dehors ! On se casse la tête pour construire de belles écoles, mais eux, ils veulent être à l’extérieur. Alors oui, ce sera une priorité », a expliqué de son côté Pierre Lavoie qui, évidemment, encouragera les jeunes bouger tout en étudiant.

Favoriser la mixité et l’entraide, permettre aux enfants de dépenser leur énergie, créer un sentiment d’appartenance fort, encourager les enfants à se rendre à l’école à pied, leur proposer d’apprendre à cuisiner pour favoriser les saines habitudes de vie, et ce, tout en enseignant les matières académiques, figurent parmi les volontés du projet du Lab-École.

La ministre Andrée Laforest assistait à la présentation.

Des questionnements

Les personnes qui assistaient à la présentation, dont la plupart étaient des parents d’enfants de la future école, étaient invitées à questionner les intervenants sur le projet. Un papa s’est d’ailleurs montré quelque peu inquiet concernant le transport actif, qui vise à ce que les enfants vivants dans un rayon de 1,6 kilomètre se rendent à l’école à pied. S’il s’est dit encouragé par le projet, il s’inquiétait en raison du secteur qui est connu comme étant assez dangereux, notamment en raison du boulevard Université. À cette question, Pierre Lavoie a expliqué que son « rêve » était que tous les enfants marchent pour aller à l’école, mais que oui, le secteur était plus problématique. Il a ajouté que la situation est sous analyse et que la balle était également dans le camp de la Ville de Saguenay et du ministère des Transports, qui pourraient investir pour améliorer la traverse dudit boulevard.

D’autres parents ont posé des questions sur le nombre de jeunes qui seront admis, sur l’utilisation des sites environnants, notamment le parc Rosaire-Gauthier et sa piscine, ou les sentiers des Rats-Musqués. Une maman a également demandé si les enfants allaient pouvoir suivre des classes en plein air. Par contre, à toutes ces questions, les intervenants ont précisé que le projet était toujours en chantier de réflexion et que tout était encore à élaborer.

La directrice générale du Lab-École, Natasha Jean, a présenté quelques avants-goûts du concept.

D’ailleurs, d’autres consultations sont prévues au cours des prochains mois, afin d’écouter les parents et de prendre en compte leurs suggestions.

À la mi-octobre, les quatre projets retenus des firmes d’architectes qui ont soumissionné pour le Lab-École seront dévoilés. Le projet final sera annoncé en février prochain.

Pierre Thibeault, cofondateur du Lab-École et architecte

Six écoles à l’échelle provinciale

Initialement, 171 écoles ont fait des demandes au gouvernement du Québec pour devenir un Lab-École. Seulement six ont été retenues. À Chicoutimi, c’est l’école Antoine-de-Saint-Exupéry qui a été sélectionnée. Toutefois, en raison de sa position géographique, le site actuel a été écarté. Le Lab-École sera donc situé sur le site de l’ancienne école Marguerite-D’Youville, mais avec les élèves des écoles Antoine-de-Saint-Exupéry et L’Horizon.

La construction neuve et l’aménagement final nécessiteront un investissement de 15,5 M $.

La ministre responsable de la région et députée de Chicoutimi, Andrée Laforest, qui s’était déplacée pour la présentation, a affirmé qu’elle souhaitait que Marguerite-D’Youville soit le premier Lab-École à ouvrir ses portes de la province. Mais il reste encore bien du travail, puisque son ouverture est prévue pour 2022, tandis que celle de Québec, la première à avoir été mise en chantier, doit ouvrir en 2021.