Aux villes de faire leur liste

Québec appelle les municipalités à dresser la liste de leurs bâtiments patrimoniaux et promet qu’elles auront accès à des fonds pour les préserver, afin d’éviter que d’autres pièces d’histoire comme la maison du patriote Boileau, démolie jeudi à Chambly, ne croulent elles aussi sous le pic des démolisseurs.

La ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, a profité de l’annonce de la reconnaissance d’Arvida comme 13e site patrimonial de la province, dimanche, à Saguenay, pour lancer un message aux municipalités.

« Si vous voulez avoir quelque aide que ce soit, faites la liste de vos biens et de vos sites patrimoniaux, pour toutes les villes du Québec, je le demande aujourd’hui », a exhorté la ministre.

« Je sais qu’il y a beaucoup de boulot, a-t-elle ensuite précisé en mêlée de presse. Mais quand même, ce serait vraiment important, pour ne pas qu’on vive des situations comme on a vécu cette semaine, c’était vraiment déplorable. »


«  Aujourd’hui, on peut reconnaître que maintenant, Arvida n’appartient pas juste à Arvida, mais appartient au reste du Québec. C’est un joyau, c’est le 13e. C’est un événement historique, je pense qu’il faut en être très, très, fiers.  »
Carl Dufour, conseiller municipal du district 5 de Saguenay

Fonds disponibles

Sa collègue à la Culture et aux Communications, Nathalie Roy, a renchéri en ajoutant que les deux ministères souhaitent travailler en collaboration avec les municipalités pour leur permettre de réaliser « travaux d’importance » pour préserver leurs biens patrimoniaux.

« Villes, municipalités, de grâce, faites en sorte que vous citiez des immeubles, des bâtiments patrimoniaux que vous considérez qui ont une valeur à protéger, et cette liste-là, nous la voulons. Et à partir du moment où vous citez un bâtiment, vous aurez droit à de l’aide », a-t-elle lancé, en reconnaissant qu’un travail de communication devait être fait dans ce dossier.

« Aidez-nous à vous aider », a conclu la ministre.

À Saguenay, la démolition de la maison historique Bossé, sur la rue Racine, en octobre, avait soulevé de nombreuses critiques et mené à la formation, au début du mois de novembre, d’un comité sur le patrimoine.


« C’est une très, très bonne nouvelle. Maintenant, il va falloir aller plus loin : il va falloir le faire connaître, ça va devenir un produit d’appel, pas juste pour le Saguenay, pas juste pour le Québec, ça va devenir un produit d’appel mondial [...]. Ensuite, il faut qu’on continue le travail pour la reconnaissance auprès de l’UNESCO  »
Sylvain Gaudreault, député de Jonquière, qui avait fait visiter Arvida en août 2016 au ministre de la Culture de l’époque, Luc Fortin

« C’est la Modernité qui entre par la grande porte dans le patrimoine national du Québec. [...] C’est à travers Arvida que les Québécois ont accédé à la Modernité et ont accédé à la planète, finalement, par leur contribution à travers l’effort de guerre et ainsi de suite, donc c’est [la reconnaissance par Québec] extrêmement important »
Lucie K. Morisset, professeure titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain de l’UQAM et spécialiste d’Arvida, qui livre des conférences à travers le monde sur l’ancienne ville de compagnie