Marcia Pilote sera de passage cette semaine dans la région.

Aux antipodes de la «jeune millionnaire»

Auteure et conférencière, Marcia Pilote s’arrête au Saguenay-Lac-Saint-Jean, cette semaine, pour rencontrer ses lecteurs, mais surtout, les femmes qui suivent ses conseils et astuces pour vivre une « vie comme elles aiment.»

Celle qui a commencé sa carrière en tant que comédienne s’amène dans la région alors que l’industrie des coachs de vie et des conférenciers « glamour  » est ébranlée par l’histoire de la jeune millionnaire Éliane Gamache Latourelle. Une révélation qu’attendait avec impatience Marcia Pilote, estimant que ces personnalités au succès instantané nuisent au milieu et surtout aux gens qui les écoutent.

«  Je trouve cela dangereux toute cette prolifération de coachs ou conférenciers vedettes qui mettent une vie “glamour” de l’avant. Quand je vois des livres sortir comme ça (dont celui de la jeune millionnaire), j’ai mal au cœur. D’abord, parce que, malheureusement, ça pogne. Ces personnalités ont toujours du succès, du succès comme je n’en ai jamais eu. Et ça dupe les gens. On fait miroiter des choses, alors que ce n’est pas la réalité. Ça fait mal paraître aussi les filles comme moi, qui ont du cœur, qui ont une formation pertinente », dénonce celle qui baigne dans le milieu depuis 25 ans. 

Cette image de «  glamour  », elle l’a toujours combattue. Le milieu médiatique l’a souvent trouvé trop «  communautaire  », admet l’auteure.

«  Je me suis battue toute ma vie contre ce créneau. Les femmes ordinaires, qui ne sont pas “glamours” ou riches, ça pogne moins. Des femmes de tous les jours, on n’en voit d’ailleurs plus à la télé. Toute ma vie, ç’a été ma peine, ma lutte. Dans les médias, je n’ai jamais pu avoir ma place pour ces raisons. On ne me trouvait pas assez “glamour”. Je suis loin d’être millionnaire. Comme tout le monde, j’ai de la difficulté à arriver certains mois », confie celle qui a joué notamment dans Chambre en ville, À plein temps et Livraison spéciale.

Sans se réjouir de la déconfiture d’Éliane Gamache Latourelle, son histoire devient un bon prétexte pour se poser les vraies questions, croit Mme Pilote. Pourquoi sommes-nous attirés vers ces modèles ou cette image souvent porteuse d’illusions ?

«  Quand on aime les vraies affaires, pas les artifices, on voit qu’il est nécessaire d’avoir une prise de conscience collective pour que ça change ! En ce qui me concerne, c’est fait depuis très très longtemps. Depuis toujours même. »

« D’un point de vue humain, j’ai de la peine pour cette personne. Mais d’un point de vue social et collectif, cette divulgation était nécessaire. »

En milieu de semaine, Marcia Pilote fera un saut au Lac-Saint-Jean pour une journée-causerie avec des lecteurs. Elle sera à Chicoutimi samedi toute la journée pour une de ses populaires conférences. Pendant 6 heures, elle échangera avec les femmes qui se déplaceront à l’hôtel La Saguenéenne.

«  Ce n’est pas une conférence, un atelier, un spectacle d’humour, une table ronde. C’est tout ça et rien de ça en même temps. J’aime décrire cette journée comme un gros souper de filles. Parce que je viens comme une amie à leur rencontre. On boit du vin, les femmes peuvent se lever quand elles veulent, c’est vraiment une rencontre entre amies  », décrit Mme Pilote.

Durant cet après-midi, la conférencière propose des outils pour les aider à améliorer leur vie quotidienne, notamment sur le lâcher-prise ou sur la résilience. 

Marcia Pilote cumule plus d’une centaine de ces rencontres, tenues un peu partout au Québec. Elle opte normalement pour un sous-sol d’église ou une salle communautaire pour réunir les femmes. Ça sera la première fois qu’elle présentera son événement dans un hôtel. 

Il est impossible d’acheter des billets à l’avance pour cette activité réservée aux femmes. Il faut se présenter à l’entrée le jour même.

« Ce n’est pas pour exclure les hommes, mais entre femmes, on se comprend mieux. Nos réalités, elles se ressemblent », justifie-t-elle. 

«  Pour les billets, c’est la journée même. Parce que ça arrive des fois qu’on se lève et qu’on n’a pas envie d’aller à un concert ou une conférence. On se sent obligé parce qu’on a des billets. Donc, à mon gros souper de filles, il y a juste des femmes qui veulent vraiment être là. Et je rembourse celles qui n’ont pas aimé leur après-midi. C’est une politique que je maintiens depuis le début, et je n’ai jamais eu à rembourser personne  ».

Les femmes qui veulent en savoir davantage peuvent se rendre sur le site de Marcia Pilote.