Joyce Bélanger et Mélanie Minier, toutes deux mères d’un enfant autiste, avaient fait une sortie dans les pages du <em>Quotidien</em>, en novembre dernier, pour dénoncer les changements d’enseignants avec lesquels devaient composer leurs enfants en raison du système d’attribution des postes à la Commission scolaire De La Jonquière. ­
Joyce Bélanger et Mélanie Minier, toutes deux mères d’un enfant autiste, avaient fait une sortie dans les pages du <em>Quotidien</em>, en novembre dernier, pour dénoncer les changements d’enseignants avec lesquels devaient composer leurs enfants en raison du système d’attribution des postes à la Commission scolaire De La Jonquière. ­

Autre rentrée sous le signe de l’anxiété pour des parents d’enfants autistes de Jonquière

Anne-Marie Gravel
Anne-Marie Gravel
Le Quotidien
La rentrée se fera sous le signe de l’anxiété et de l’insécurité pour certains parents d’enfants autistes et d’élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA) fréquentant des écoles de Jonquière. Ces derniers ont l’impression de ne pas avoir été entendus. Après une sortie dénonçant les changements d’enseignants fréquents l’automne dernier, des échanges avec la commission scolaire, le syndicat et le député Sylvain Gaudreault, le processus d’attribution des postes reste le même au Centre de services scolaires De La Jonquière. Plusieurs enfants qui ont besoin de stabilité devront s’adapter à de nouveaux enseignants à la rentrée.

En novembre dernier, les parents avaient dénoncé dans les pages du Quotidien le système d’attribution des postes au sein de la Commission scolaire De La Jonquière, aujourd’hui devenu le Centre de services scolaires De La Jonquière.

Une entente entre l’organisation et le syndicat permet aux enseignants de postuler sur tous les postes du Centre de services scolaires De La Jonquière, peu importe si la personne en place désire conserver sa classe. Ainsi, certaines classes d’adaptation changent de mains de façon régulière, ce qui perturbe des enfants qui se désorganisent lorsqu’ils font face à des changements.

«Malgré toutes les démarches, rien n’a changé. Ce qu’on craignait est arrivé, déplore Mélanie Minier, mère d’une jeune fille autiste de 11 ans. Ma fille était dans la classe d’une enseignante extraordinaire qui était en place depuis huit ans. Là, elle s’est fait “bumper” par une enseignante qui a plus d’ancienneté. Peut-être que la nouvelle enseignante est compétente, je ne le sais pas. Mais je ne comprends pas pourquoi celle qui était en place depuis huit ans à temps plein, qui a côtoyé les enfants toutes ces années et qui est parvenue à faire des miracles, est “bumpée” pour une histoire d’ancienneté. Elle voulait rester. Elle aime ces enfants.»

Les parents ont eu bon espoir de voir les choses changer au cours de la dernière année. Aujourd’hui, ils ont l’impression d’être de retour à la case départ. «Je croyais que la commission scolaire était ouverte à trouver une solution. Je me rends compte que ce n’est pas le cas. Je sentais aussi une ouverture du syndicat. On nous a dit qu’on comprenait nos inquiétudes. Aujourd’hui, on me dit que tout va très bien et qu’il n’y a pas de problème», raconte Mélanie Minier, qui déplore aussi le fait que des enseignants conservent un statut temporaire pendant près de 10 ans.

Joyce Bélanger vit elle aussi une période angoissante. Son fils Nathan, 12 ans, devra une fois de plus s’adapter à une nouvelle situation en septembre. L’an dernier, l’enseignante qu’il avait depuis quelques années a elle aussi été «bumpée». La nouvelle enseignante effectuait un retour progressif, c’est donc dire qu’elle était remplacée quelques jours chaque semaine. «Elle est repartie en congé après deux mois. Ç’a super bien été avec la remplaçante qui a été là jusqu’en mars. Pendant la COVID, mon garçon a complètement changé. Son anxiété a diminué, ses comportements agressifs aussi. Ses tics et ses tocs ont diminué de 50%. On a travaillé très fort à la maison. Lors du retour en classe après le confinement, l’enseignante du début d’année est revenue. J’ai préféré garder mon fils à la maison. Je ne voulais pas le déstabiliser encore. Là, elle doit reprendre la classe. J’ai des inquiétudes. Quel est son état de santé? Les autres enfants sont très affectés eux aussi. Mon garçon est très calme en ce moment. J’ai peur de le retourner dans la gueule du loup. Je n’ai pas de nouvelles de l’école. Pourtant, ils devaient faire quelque chose pour éviter ces situations.»

Le papa de Nathan se désole également de la situation. «C’est un enfant spécial. Si tu changes sa routine, il devient désorganisé. Un enfant spécial devrait avoir des droits spéciaux même si ça ne correspond pas aux conventions écrites. Tous les enfants autistes vivent des situations différentes. Ça met la famille complète dans des situations difficiles», met-il en contexte. 

Les parents espèrent encore être entendus. Ils poursuivent leurs démarches pour changer les choses. Une plainte officielle sera notamment déposée au Protecteur du citoyen du Québec.