Le président de la fédération régionale de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Mario Théberge.
Le président de la fédération régionale de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Mario Théberge.

Autonomie alimentaire: un programme qui réjouit l'UPA

Katherine Boulianne
Katherine Boulianne
Le Quotidien
Enthousiasme. C’est sans contredit le mot qui décrit le mieux la réaction du président régional de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Mario Théberge, quant à l’annonce faite par Québec concernant l’autonomie alimentaire.

« Je suis très content, et je sais que les producteurs d’ici seront satisfaits. C’est acquis d’avance ; je ne vois pas comment un producteur pourrait être déçu. Peu importe la production, peu importe le secteur de la région. »

Ce sont 157 millions qui seront investis en province afin d’accroître l’autonomie alimentaire. Les mesures annoncées jeudi par le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), André Lamontagne, sont principalement destinées à soutenir la croissance de l’offre alimentaire, à augmenter la productivité, à accélérer les investissements agricoles et à favoriser l’achat local.

Des consultations menées en région, dont un passage au Saguenay–Lac-Saint-Jean l’été dernier, ne sont certainement pas étrangères à la satisfaction engendrée par cette annonce. Selon Mario Théberge, la visite d’André Lamontagne aura permis au ministre de bien saisir les besoins des agriculteurs.

« Les régions qui ont été consultées, dont la nôtre, l’ont mis au parfum des vraies affaires. J’en comprends qu’il a bien entendu nos demandes. L’UPA existe depuis longtemps, et un programme favorable comme ça, c’est la première fois que je vois ça ! »

Des retombées en région

Alors que les nouvelles mesures auront des impacts partout en province, elles pourraient être particulièrement profitables au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Selon une étude de 2017 de la firme ÉcoRessources, le Québec pourrait augmenter sa production de 30 % dans la prochaine décennie, si les bonnes conditions sont réunies. Pour la région, il est permis de penser que cette projection pourrait même être dépassée, estime Mario Théberge.

L’annonce pourrait bénéficier à tous les secteurs de productions.

« Dans les dernières années, nous avons perdu beaucoup d’unités animales. Des producteurs de bovin, d’agneau, de porc et de volaille qui ne sont plus là pour toutes sortes de raisons économiques. Si on pouvait seulement rattraper ces pertes, ce serait une augmentation de plus de 30 %. »

Si l’on se fie aux données de 2017 publiées par le MAPAQ, l’élevage de bovin de boucherie arrive effectivement au dernier rang des principales productions de la région, avec des revenus bruts de 15 millions de dollars. Il est devancé au premier rang par la production laitière (107 M$), les grandes cultures (44 M$), les bleuets (35 M$) et les pommes de terre (22 M$).

Mais malgré ces revers en ce qui concerne la production animale, le président de la fédération régionale de l’UPA souligne tout de même que le Saguenay–Lac-Saint-Jean continue d’avoir une forte présence sur la scène agricole.

« Au Québec, on perd constamment des fermes, un bon pourcentage chaque année. La région est la seule en province où le nombre de fermes ne diminue pas, entre autres à cause des productions horticoles de petite taille qui se sont développées. Elles étaient une cinquantaine il y a quelques années et elles sont maintenant 180. »

Se nourrir chez nous

À l’image des commerçants d’ici qui militent pour l’achat local, les producteurs régionaux souhaitent mettre de l’avant les produits de chez nous. Du montant total des investissements prévus pour accroître l’autonomie alimentaire, près de 24 millions $ seront d’ailleurs dédiés à promouvoir les aliments produits et transformés au Québec. Une initiative également saluée par Mario Théberge, qui ajoute que les derniers mois auront au moins eu un effet positif à ce sujet.

« Ça fait longtemps que l’on dit qu’il faudrait que le consommateur achète chez nous. Mais la COVID-19 nous a amené une conscientisation qu’aucune publicité n’aurait réussi à réaliser. L’importance d’acheter local, le consommateur le sait maintenant. Tout le monde le sait. »

Avec les 1204 entreprises agricoles qui se trouvent sur le territoire du Saguenay–Lac-Saint-Jean, selon des données de 2017 du MAPAQ, les consommateurs auront amplement le choix quand viendra le temps de remplir le réfrigérateur avec des produits d’ici.