Jean-Yves Gallant, surintendant chez Inter-Cité, Nicolas Riverin, directeur général, François Desgagnés, directeur pavage, et Isabelle Blouin, chargée de projets, ont tenu à expliquer les augmentations du coût des contrats de pavage.

Augmentation du coût du pavage des rues: Inter-Cité Construction réplique à Saguenay

Inter-Cité Construction ne comprend pas où la Ville de Saguenay a pêché ses chiffres, lorsqu’elle a fait état d’augmentations de 175 % à 325 % des coûts pour le pavage des rues et la réfection des bordures et trottoirs. La compagnie a réuni les médias, jeudi en après-midi, afin d’expliquer que les prix pour le pavage, par exemple, ont plutôt augmenté de 35 %. Et si on regarde le contrat global de l’an dernier comparativement avec la soumission d’aujourd’hui, la hausse est plutôt de 47 %, le coût du contrat global passant de 6,5 millions à 9,5 millions de dollars. Selon la compagnie, il faut tenir compte de bien des facteurs avant de tirer des conclusions.

La compagnie spécialisée en pavage a tenu à donner sa version des faits, lors d’une rencontre de presse à ses bureaux du boulevard du Royaume, à Chicoutimi. Pour expliquer l’augmentation de coûts en détail, Inter-Cité Construction a produit un épais document, qu’elle a remis aux journalistes.

Ainsi, on apprend que l’augmentation en ce qui concerne le pavage seulement est de l’ordre de 35 %, comparativement à l’an dernier. La Ville faisait état d’une augmentation de 225 %.

« On ne comprend pas du tout. Ces chiffres sont complètement faux. Nous aurions aimé que la Ville nous demande des explications, au lieu de faire une sortie de la sorte sans nous consulter. Ça nous a heurtés lorsqu’on a entendu parler de parallèle avec la Commission Charbonneau », a affirmé le directeur général d’Inter-Cité, Nicolas Riverin.

« Le contrat de cette année est bien différent de celui de l’an dernier. Premièrement, on passe de 31 rues à 40, mais avec des tronçons beaucoup plus petits, ce qui fait en sorte que les chantiers sont plus coûteux, puisqu’il faut se déplacer souvent, pour des petites portions. Ça entraîne des coûts en main-d’œuvre, en signalisation et en transport plus importants », a expliqué le directeur pavage de l’entreprise, François Desgagnés.

Les exigences de la Ville sont également plus nombreuses que par les années antérieures, expliquent les représentants d’Inter-Cité. Par exemple, sur tous les chantiers, des signaleurs pour les manœuvres de recul sont obligatoires, ce qui occasionne des coûts supplémentaires en main-d’œuvre. D’importants montants en pénalités sont également chargés pour tout retard, et Inter-Cité estime que ces pénalités, qui peuvent atteindre des montants de 100 000 $, sont irréalistes et doivent être prises en compte dans les soumissions.

« Oui, les montants des soumissions ont augmenté par rapport à l’an dernier. On ne le nie pas, mais on est en mesure d’expliquer pourquoi. Et surtout, ce ne sont pas du tout des augmentations aussi importantes que la Ville avance », a noté Nicolas Riverin.

Notons que le prix du bitume a également augmenté de 35 %.

« Bref, il est bien difficile de prendre deux contrats différents et de les comparer sans explication », note le directeur général, affirmant que le manque de main-d’œuvre complique la chose.

Pour ce qui est des bordures et des trottoirs, il est vrai que les augmentations de coûts sont plus importantes que pour le pavage, mais pas de l’ordre de 325 % et de 250 %, comme l’a avancé la Ville, plus tôt cette semaine. Selon les chiffres d’Inter-Cité, le coût du contrat pour les bordures a augmenté de 114 % ; celui des trottoirs, de 93 %. Ces augmentations s’expliquent, selon Inter-Cité, par la complexité des contrats – davantage de trottoirs et de bordures dans des entrées de citoyens – et par le problème à trouver un sous-traitant. En effet, un seul sous-traitant a soumissionné pour le contrat.

Estimant que les coûts étaient déraisonnables, la Ville de Saguenay a relancé un appel d’offres pour la réfection de ses rues. Questionné à savoir si Inter-Cité allait soumissionner de nouveau, le dirigeant a répondu que présentement, la compagnie avait décroché trois contrats, soit deux pour le ministère des Tansports du Québec et un pour la Ville d’Alma.

« Les augmentations étaient de l’ordre d’environ 35 % aussi », a précisé Nicolas Riverin.