Le président du Syndicat des employés-es manuels du soutien scolaire du Lac-Saint-Jean (CSN), Régis Lachance, le président du Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Engelbert Cottenoir, et la présidente du Syndicat du soutien technique de la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean (CSN), Karo-Lyne Gauthier, ont dévoilé les enjeux en vue de la prochaine ronde de négociations du secteur public.

Augmentation de la violence

La santé et sécurité, la reconnaissance du personnel et la stabilité des emplois font partie des priorités des employés de soutien du secteur scolaire de la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean en vue des prochaines négociations. La FEESP-CSN est à l’origine d’une consultation qui se déroule en ce moment, aux quatre coins de la province, et qui permettra de jeter les bases du cahier de revendications.

Des rencontres tenues, au cours des dernières semaines, avec les 420 membres des syndicats des employés-es de soutien manuels et techniques de la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean, ont permis d’en apprendre davantage quant à leurs revendications en vue de la prochaine ronde de négociations du secteur public.

Une forte augmentation des actes de violence, notamment à l’endroit du personnel de soutien, est remarquée en milieu de travail.

« Les gens qui œuvrent dans le domaine du soutien scolaire sont de plus en plus souvent victimes de violence, de comportements agressifs et de violence verbale. Cela vaut particulièrement pour les éducateurs spécialisés. Cela affecte beaucoup leur travail, cela mine leur moral en plus de les affecter comme personnes. Ces choses sont dérangeantes et n’ont pas lieu d’être à l’intérieur du cadre du travail », a mentionné le président du Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Engelbert Cottenoir.

M. Cottenoir est d’avis que les années de compression budgétaire se font sentir, entre autres, au niveau de l’épuisement professionnel et de la surcharge de travail. Le manque de ressources à divers niveaux est encore d’actualité. À ce sujet, la présidente du Syndicat du soutien technique de la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean (CSN), Karo-Lyne Gauthier, souligne tous les à-côtés qui se sont ajoutés aux tâches de certains postes. « Ce qu’on entend beaucoup, c’est qu’on doit faire plus avec égal ou moins », a-t-elle expliqué. Mme Gauthier souligne que les postes temps plein de technicien en éducation spécialisée sont de 28,5 h contrairement à 35 h dans d’autres commissions scolaires.

À l’instar de bien des entreprises, le secteur public peine, lui aussi, à recruter et à retenir la main-d’œuvre. La difficulté à rivaliser avec le salaire et les conditions offertes au privé sont à la base, entre autres, de ces difficultés. « Le salaire des tuyauteurs et des menuisiers est environ la moitié du salaire de quelqu’un qui travaille au privé dans le domaine de la construction. C’est difficile de garder notre monde. On a réussi parce que c’est plus tranquille dans la construction », a mentionné le président du Syndicat des employés-es manuels du soutien scolaire du Lac-Saint-Jean (CSN), Régis Lachance.

« Auparavant, on demandait aux gens d’être reconnaissant parce qu’on les faisait travailler. Maintenant, les employeurs devraient être reconnaissants du fait qu’il y a des gens compétents qui travaillent pour eux. Quand on parle de reconnaissance du travail, c’est tout cela. C’est de reconnaître la contribution que les gens apportent à ton organisation. Tout le monde a son utilité, son importance », a ajouté M. Cottenoir

Le secteur scolaire de la FEESP-CSN est à l’étape de la compilation des résultats. Le cahier de revendications sera complété au cours des mois à venir. En vertu de la loi, le dépôt est prévu à la fin du mois d’octobre. Le gouvernement provincial aura jusqu’au 15 décembre pour y répondre alors que les conventions collectives viendront à échéance le 31 mars 2020.