Lors de son arrivée en Australie, le 10 juillet 2019.
Lors de son arrivée en Australie, le 10 juillet 2019.

Audrey Bourdon, l’Almatoise qui rêvait de l’Australie

Guillaume Pétrin
Guillaume Pétrin
Le Quotidien
Audrey Bourdon chérissait un rêve depuis qu’elle était toute petite, celui de visiter l’Australie. C’est maintenant chose faite. En effet, la jeune Almatoise vit au pays de Skippy le kangourou depuis plus de dix mois, un voyage qui n’a pas été de tout repos avec les incendies qui ont dévasté le pays pendant plusieurs mois et la pandémie de COVID-19.

C’est le 8 juillet 2019 qu’Audrey Bourdon a quitté son Lac-Saint-Jean natal pour prendre l’avion vers l’Australie, ce dont elle rêvait depuis si longtemps. Pourquoi ?

« J’ai toujours voulu voyager. Je rêve de l’Australie depuis que je suis toute petite. C’est un pays où tout est magnifique : les plages, les animaux, les villes, le climat. J’avais envie de perfectionner mon anglais aussi, alors un voyage était une bonne façon de réaliser tout ça. »

Audrey Bourdon.

Même si elle en rêvait depuis toujours, la jeune femme de 25 ans n’osait pas. Une publication vue sur Facebook l’a par contre convaincue de transformer son rêve en réalité.

Un kangourou vu un matin à la plage.

« C’est une idée qui est apparue dans ma tête un soir, alors que je naviguais sur Facebook. J’ai vu une publication d’une fille qui parlait d’un voyage qui avait changé sa vie. Comme j’ai toujours voulu venir en Australie, je me suis mise à regarder de plus en plus, puis j’ai commencé à dire que j’aimerais partir en voyage. Quelqu’un d’important pour moi m’a dit d’arrêter de me dire que j’aimerais y aller et de plutôt foncer et de le faire. Après tout, c’est tellement vrai ! Aussi simple que ça en a l’air, j’ai quitté mon emploi, entreposé ma voiture et j’ai acheté un billet aller simple pour l’Australie ! »

Audrey n’a pas fait les choses à moitié. Elle a quitté son emploi comme assistante-photographe chez Mode Choc et s’en est trouvé rapidement un autre là-bas. Durée minimale de son voyage : un an !

Un édifice à Sydney.

« Présentement, je suis au pair à Melbourne, donc nounou à domicile. Ça me permet d’habiter chez des gens gratuitement tout en voyageant. J’ai un visa vacances-travail. Je peux donc voyager et/ou travailler à ma guise. Le visa est d’une durée de 12 mois. J’avais prévu revenir à la fin de mon visa, en juillet 2020. Il y a la possibilité d’obtenir une deuxième année en obtenant un travail spécifique régional d’une durée de trois mois, par exemple, en ferme agricole ou animale. J’essaie de trouver un endroit pour terminer mes jours de ferme ! »

Incendies dévastateurs

Les grands incendies de forêt et de brousse ont débuté en juin 2019 en Australie. Un mois plus tard, Audrey Bourdon débarquait là-bas. Ils se sont terminés au début du mois de mars dernier.

Lac Eacham.

Ces feux ont brûlé des millions d’hectares de végétation et ont détruit des milliers de bâtiments. Les dommages sont évalués à plusieurs milliards de dollars et ont fait chuter d’autant les revenus dans l’industrie touristique.

Ces incendies ont aussi tué quelques dizaines de personnes et la perte d’animaux frôle le milliard, selon certaines estimations. Comment a-t-elle vécu cette grande catastrophe ?

Le paysage des Whitsundays.

« Je me suis tenue le plus loin possible des incendies. Quand cela a commencé, j’habitais à Mackay dans le Queensland. Ensuite, mon ami et moi nous sommes dirigés vers Cairns, plus au nord. J’avais très peur d’être près de tout ça, alors on n’a pas été touché par les feux. »

COVID-19

Les feux de forêt ne sont pas le seul chamboulement que la voyageuse a dû affronter. La pandémie mondiale de COVID-19 s’ajoute au lot. Même si certains États ont commencé à relâcher certaines restrictions, elle aussi a dû vivre le confinement.

Airlie Beach.

« C’est le confinement, comme tout le monde ! Les grandes surfaces sont encore ouvertes et les enfants avec qui je travaille vont encore à la garderie. Ils ont arrêté seulement trois semaines. Sinon, les parcs sont fermés et toutes les activités sont annulées. On n’a pas beaucoup de nouveaux cas par jour, entre 10 et 20 quotidiennement, alors on est vraiment chanceux ! »

Inquiétudes parentales

Tous ces événements n’ont pas dû aider à rassurer ses parents, alors que leur fille se trouve à plus de 16 000 kilomètres de distance.

Sydney au coucher du soleil.

« Mes parents ont toujours su que j’étais à l’abri des feux, alors ils n’étaient pas tellement inquiets. Ils m’appelaient pour savoir comment ça allait, et ils ont eu confiance en mon jugement. »

En ce qui concerne le coronavirus, leurs souhaits étaient différents. « Ils voulaient que je revienne en raison de la pandémie. J’ai essayé, mais mes vols ont été annulés plusieurs fois alors j’ai décidé d’annuler mon retour plutôt que de devoir prévoir encore un autre vol. Je me sentais plus en sécurité ici que dans les aéroports. Je vis chez des gens formidables et je ne manque de rien. C’est certain que j’aurais préféré passer au travers de tout ça avec mes proches, mais à voir comment la situation évoluait au Canada, j’aimais mieux rester ici. L’important, c’est que tout le monde soit en santé et à l’abri de tout risque. »

Lors de son expédition en petit avion.

Retour

Tous ces événements l’ont toutefois empêchée de vivre pleinement son voyage. « C’est certain qu’avec les événements que l’Australie a vécus cette année, je n’ai pas pu voyager autant que prévu. J’ai encore beaucoup de choses sur ma liste, mais ce que j’ai apprécié le plus était de faire de la plongée dans les coraux en allant visiter l’île des Whitsunday. Un ami pilote m’a amenée en avion ! C’était tout simplement incroyable et ça m’a donné envie d’apprendre à piloter ! »

Comme le Canada et l’Australie se ressemblent sur plusieurs points, le mode de vie des Australiens se rapproche de celui des Canadiens. Elle avoue donc ne pas trop être dépaysée.

Levé du soleil à Mackay.

« Je n’ai pas le mal du pays du tout ! Je m’ennuie de mes proches seulement. J’adore l’Australie et j’aimerais beaucoup rester ici aussi longtemps que possible. J’ai hâte de revenir pour voir les gens que j’aime, mais je sais qu’aussitôt arrivée, j’aurai envie de repartir ! »

La plage à Mackay.