Parmi les établissements ayant fait l’objet de plaintes, le conseil a dénoncé l’utilisation du sexisme et de la pornographie par la firme de production AD4X sur le terrain adjacent au bar Le Paradox de l’Hôtal Plaza, à La Baie.

Auditions pornographiques: Le Paradox encore pointé du doigt

L’utilisation de la pornographie pour mousser la vente d’alcool comme cela a été le cas le 7 septembre dernier à l’Hôtel Plaza de La Baie, le détournement des lois et la mise en marché de produits très alcoolisés fortement sucrés destinés spécifiquement aux jeunes font dire au Conseil d’éthique de l’industrie québécoise des boissons alcooliques que 2017 a été l’année de tous les excès.

Dans son onzième rapport annuel dévoilé lundi, le président du Conseil d’éthique, Me Claude Béland, est très sévère face à l’indifférence et au laxisme de l’État québécois qui permet toutes les dérives et néglige l’application de l’esprit de ses propres lois en matière de promotion des ventes d’alcool.

Au cours de l’an dernier, le conseil a traité une vingtaine de plaintes provenant de 28 personnes et organismes ayant estimé que certaines pratiques de fabricants ou distributeurs d’alcool ont contourné les lois ou dérogé au code d’éthique.

En entrevue au Quotidien, M. Béland constate que depuis la naissance du conseil, la raison économique et la nécessité de créer de la richesse n’ont jamais pris autant d’importance pour justifier la vente d’alcool, et ce, au détriment des conséquences sociales de cette consommation.

Bar Le Plaza

Parmi les établissements ayant fait l’objet de plaintes, le conseil a dénoncé l’utilisation du sexisme et de la pornographie par la firme de production AD4X sur le terrain adjacent au bar Le Paradox de l’Hôtal Plaza, à La Baie. L’entreprise a été le lieu de convocation de candidats intéressés à tourner une scène dans un film pornographique. Même si le conseil n’a pas à porter de jugement de nature morale impliquant des adultes consentants, il a considéré comme contraire aux dispositions du code d’éthique les scènes de beuverie et de sexisme qui ont été filmées et diffusées dans l’établissement licencié, entre autres, le calage d’alcool, le versement d’alcool dans des verres placés entre les seins des femmes, lit-on dans le rapport. 

Commentant cet événement, M. Béland a déclaré que la principale excuse des propriétaires de bar pour justifier ces pratiques se résume à la nécessité d’attirer des clients aux dépens du corps et des conditions sociales des femmes.

Four Loko

Parmi les sujets ayant retenu l’attention du conseil figure la mise en vente des boissons Four Loko par Blue Spike qui, dès le début de 2017 a fait l’objet de plaintes. Le conseil considère que cette boisson a été conçue pour exacerber les sensations fortes chez les jeunes. 

« Elle est mise en marché de manière à attirer les jeunes par ses couleurs, son lettrage et le design des canettes. »

Cette boisson offerte en canette de 568 ml dans les dépanneurs et les épiceries a un taux d’alcool très élevé à la limite de ce qui est autorisé pour la vente dans les établissements, soit 11,9 %. Une seule canette contient l’équivalent de quatre verres standard d’alcool et 65 g de sucre, l’équivalent de 13 cuillères à thé. 

Les mêmes commentaires s’appliquent pour le FckdUp, l’équivalent québécois du produit américain.

Le rapport dénonce également le comportement de grandes chaînes d’alimentation, épiceries et dépanneurs qui effectuent de la promotion croisée de la bière et qui consiste à se servir de ce produit comme produit d’appel pour attirer les clients dans leurs établissements, et ce, en toute légalité.

L’État blâmé

M. Béland se montre très sévère envers l’État lorsqu’il affirme que toutes ces initiatives se sont multipliées parce que la banalisation de l’abus de l’alcool a atteint des sommets et tout en qualifiant l’indifférence de l’État d’indécente.

« L’organisation d’événements ou l’excès est présenté comme un attrait, la difficulté que l’on a de se renseigner et de suivre toutes les activités illégitimes, voire illégales, dont on fait la promotion, nous permettent de croire que nous ne voyons dans le rapport du Conseil que la pointe de l’iceberg. »