Le député Sylvain Gaudreault était accompagné, entre autres, de l’audiologiste Marc-Olivier Blackburn.

Audiologie: des travailleurs dénoncent la CNESST

Des travailleurs actifs et à la retraite atteints de surdité industrielle et d’acouphène réclament de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) qu’elle poursuive le remboursement des frais d’évaluation en audiologie comme cela se faisait jadis avant la modification de la réglementation.

Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, accompagné de l’audiologiste Marc-Olivier Blackburn et de travailleurs dont le niveau de surdité a été dûment reconnu comme lésion professionnelle, a dénoncé le fait que, depuis un an et demi, la CNESST refuse le remboursement de certains services en audiologie.

Selon M. Blackburn, le Saguenay-Lac-Saint-Jean est constitué de travailleurs qui ont longtemps œuvré dans des milieux industriels comme la foresterie, l’aluminium ou l’agriculture qui les ont exposés à des niveaux de bruit importants pendant de longues années à une époque ou les équipements de protection et la règlementation n’étaient pas aussi efficaces.

Ces personnes dont la lésion a été reconnue nécessitent une visite aux deux ou trois ans chez l’audiologiste afin de vérifier l’état de situation de leur ouïe, procéder à l’ajustement de leur appareil, etc. Bien que ces services soient remboursés auparavant, la CNESST a modifié ses directives. « Il est difficile de penser que la CNESST croit que les gens à la retraite n’ont pas besoin de services en audiologie », affirme M. Blackburn.

Gilles Turmel fait partie de ces travailleurs aux prises avec un problème d’acouphène depuis 1980, une lésion reconnue depuis longtemps. 

À la suite de son dernier examen, M. Turmel s’est vu refuser le remboursement des frais d’environ 70 $. Depuis, il doit se battre devant le Tribunal du travail et les instances d’appel pour recevoir son dû, une situation qu’il qualifie de véritable gaspillage de temps et d’argent. Selon les données fournies, en septembre 2017, quinze contestations sur 19 ont reçu un jugement favorable du Tribunal administratif du Québec, reconnaissant leur droit au remboursement.

M. Gaudreault affirme que les travailleurs de la région sont particulièrement touchés puisqu’ailleurs dans la province, à Québec, Montréal ou Laval, il n’y a pas de telles contestations.

Le député a fait part de son intention d’interroger le gouvernement sur le sujet afin qu’il y ait application du règlement sur une base uniforme et que des travailleurs comme ceux de la région, de la Côte-Nord, de l’Abitibi, etc. cessent de faire l’objet de discrimination. « On intervient pour lancer un signal et éviter que la situation empire puisqu’à l’avenir il y aura de plus en plus de situations comme celles-là », conclut M. Gaudreault.