Les couloirs des palais de justice de la région ne sont pas dotés de caméras de surveillance.

Aucune caméra dans les palais de justice

Les palais de justice du Saguenay-Lac-Saint-Jean ne disposent pas de service de surveillance vidéo. Aucune caméra ne filme les lieux fréquentés autant par les criminels, les présumés contrevenants, les témoins, les victimes et les officiers de justice.

« Il n’existe aucune caméra qui fonctionne dans tous les palais de la région. Ça n’a pas de sens. Des choses sont volées, des gens se lancent des menaces, de la drogue a même été retrouvée. Une fois, on a aussi trouvé des couteaux mis dans une certaine position. Était-ce une menace ? On n’a jamais su comment les couteaux s’étaient retrouvés à cet endroit », rapporte un des employés d’un palais de justice qui a bien voulu confirmer l’absence de caméras dans les couloirs menant aux différentes salles de cour.

« Est-ce qu’il faudra attendre un drame avant que ça bouge », lance un autre employé, encore étonné par l’absence d’un tel outil.

Pour des questions de sécurité, le gouvernement refuse de confirmer la présence ou non d’un système de surveillance par vidéo dans les établissements de la région. « Le ministère de la Sécurité publique n’émet aucun commentaire par rapport aux mesures de sécurité entourant les activités judiciaires dans les palais de justice justement pour des raisons de sécurité. Il importe toutefois de préciser que des évaluations sont effectuées de façon continue et que les mesures de sécurité peuvent être modulées au besoin, selon des situations spécifiques, en raison du contexte propre à chaque palais de justice », écrit Olivier Cantin, représentant du ministère.

En d’autres termes, les palais de justice du Saguenay-Lac-Saint-Jean n’auraient pas besoin de ces outils, contrairement à d’autres institutions qui sont dotées de caméras, d’appareils à rayon X et de détecteurs de métal. Une réponse qui choque le président du Syndicat des constables spéciaux du gouvernement du Québec, Franck Perales.

« Je ne comprends pas qu’on puisse penser que la présence de caméras n’est pas nécessaire dans certains palais de justice. On encourage la présence de ces outils partout, même les détecteurs. Tout ce qui peut aider les constables à assurer la sécurité des lieux, on le souhaite. On le souhaite pour nos membres au Saguenay-Lac-Saint-Jean et pour tous les autres », plaide M. Perales.

La priorité demeure la présence physique de constables, car il s’agit des premiers répondants en cas d’altercation ou d’incident. Les caméras de surveillance peuvent cependant dissuader certains individus de poser des gestes malheureux.

« C’est évident que ça peut influencer les gens à ne pas faire de mauvais coup. Les caméras permettent aussi d’aider les enquêtes lorsqu’un événement survient dans un palais de justice. Ça aide à compléter l’enquête, car l’image est ce qu’il y a de plus impartial comme source », ajoute le président syndical.

Les mesures de sécurité se sont toutefois resserrées dans les palais de la région, au cours des derniers mois. À la suite de l’incident survenu au palais de justice de Maniwaki, où un constable a tiré sur un individu, le gouvernement a accepté de mettre deux agents spéciaux pour surveiller les salles et les étages. À Chicoutimi, comme à Alma et Roberval, il n’était pas rare de ne voir qu’un constable en charge d’une salle. Certains étages étaient même parfois complètement découverts de surveillance.