La directrice générale du CAVAC, Nathalie Turcotte, et la chef de service, Mélanie Lapointe, rappellent que l’organisme est là pour soutenir toute personne victime ou témoin d’un acte criminel, peu importe son âge ou son sexe.

Au service des victimes depuis 30 ans

Au cours des 30 dernières années, la nature des crimes nécessitant l’entrée en scène d’intervenants du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) a peu changé. Un élément a cependant évolué de façon considérable : la rapidité d’intervention et de prise en charge, le tout dans le but de favoriser un retour à l’équilibre le plus rapidement possible.

Voilà l’un des constats dressés par la directrice générale du CAVAC Saguenay-Lac-Saint-Jean, Nathalie Turcotte, et la chef de service, Mélanie Lapointe. Les deux femmes ont assisté à une conférence de presse à Montréal, mercredi dernier, un événement organisé pour souligner le 30e anniversaire de l’adoption de la Loi sur l’aide aux victimes d’actes criminels. Celle-ci a donné lieu à la création des premiers CAVAC en 1988. Pour marquer le coup, le réseau en a profité pour dévoiler sa nouvelle image.

Le CAVAC de la région a ouvert ses portes en 1989. Depuis ce temps, ses intervenantes ont pris en charge des centaines de personnes, hommes, femmes, enfants et personnes âgées, victimes ou témoins d’un acte criminel.

« Plus on intervient rapidement après un événement, plus on fait en sorte qu’on évite la cristallisation des symptômes. Ça permet de normaliser tout ça dans le temps. Avant, les gens pouvaient attendre des mois avant de rencontrer quelqu’un. Qui dit attente dit désorganisation », signale Mélanie Lapointe, qui travaille à partir du Palais de justice d’Alma et qui se spécialise dans les suivis post-traumatiques.

Cette présence dans tous les palais de justice de la région témoigne de l’élément de proactivité qui caractérise désormais les activités de l’organisme soutenu par le ministère de la Justice. Dans le cadre du programme Accompagnement à la cour, toute personne appelée à témoigner dans une cause peut bénéficier du support et de l’encadrement d’une ressource du CAVAC. Agissant comme facilitatrices, les intervenantes démystifient le processus judiciaire et le vulgarisent. Elles arrivent aussi à dédramatiser certaines situations afin de diminuer la tension inhérente au fait de se retrouver devant un juge. 

« On met de la ouate et on rend le processus judiciaire plus confortable pour la personne », image Nathalie Turcotte.

Confidentiel

Qu’il s’agisse de violence conjugale, de situations conflictuelles entre voisins, d’accrochages familiaux ou d’intimidation, le CAVAC supporte les victimes dans une panoplie de dossiers. L’organisme travaille main dans la main avec plusieurs groupes communautaires, particulièrement lorsqu’il est question de violence conjugale ou d’agressions sexuelles.

« On travaille en concertation avec des organismes comme le CALACS, la Maison ISA et des ressources en hébergement », note Nathalie Turcotte.

Il arrive que des victimes se présentent directement aux bureaux du CAVAC, sur la rue Racine, à Chicoutimi, pour demander des services. Elles peuvent rencontrer un membre de l’équipe en toute confidentialité, dans des locaux verrouillés. 

Fait à noter : environ 40 pour cent de la clientèle du CAVAC régional, le troisième plus gros au Québec en termes de territoire desservi, est masculine. Fournissant quelques statistiques, Nathalie Turcote et Mélanie Lapointe signalent que 39 pour cent des personnes qui ont eu recours aux services en 2016-2017 étaient des victimes de violence conjugale ou familiale. 

Informer

Nathalie Turcotte croit que le 30e anniversaire est un bon prétexte pour faire parler du CAVAC et informer la population au sujet de son offre de services.

« Le message qu’on aimerait lancer, c’est qu’il y a des services et que c’est normal de ne pas tous les connaître. On est là pour aider les victimes et les accompagner en leur disant à quelles portes frapper. On veut informer les gens au sujet des ressources qui existent pour eux », explique Nathalie Turcotte, qui dirige une équipe formée d’une vingtaine de personnes.

Signe que le CAVAC a beaucoup évolué en 30 ans, des ressources sont dorénavant présentes dans les services de police, ce qui permet d’intervenir auprès des victimes rapidement après l’événement. Le 30e anniversaire est aussi l’occasion, pour le CAVAC, de lancer une première page Facebook et une application mobile.