Paul a bien cru avoir droit à la PCU, sous les conseils d’une personne mal intentionnée.
Paul a bien cru avoir droit à la PCU, sous les conseils d’une personne mal intentionnée.

Au moins trois tentatives de fraude reliées à la PCU à Jonquière

Patricia Rainville
Patricia Rainville
Le Quotidien
Pendant que les cas de fraudes liés aux demandes de Prestation canadienne d’urgence (PCU) se multiplient au pays, au moins trois personnes de Jonquière auraient été victimes d’une tentative de fraude, au cours des dernières semaines. Un malfaiteur aurait en effet fait miroiter aux personnes vivant de l’aide sociale qu’elles avaient droit de recevoir la PCU, si elles suivaient ses recommandations.

Le dossier a atterri sur le bureau des députés du comté, dont celui de Mario Simard, qui exhorte les gens à faire preuve de prudence et, surtout, à ne pas faire de demande si elles n’y ont pas droit, puisque les conséquences peuvent être graves financièrement.

Plusieurs cas de vols d’identité et de fraude à la PCU ont été rapportés aux corps policiers du Québec, rapportait La Presse, la semaine dernière. On parlait d’un stratagème somme toute assez simple. Une personne se fait voler son identité et un compte est ouvert à l’Agence du revenu avec les informations personnelles dérobées. Une demande de PCU est placée au nom de la personne fraudée, mais l’argent est déposé dans un compte X.

Le stratagème rapporté par une victime au député de Jonquière Mario Simard n’est pas identique, mais le résultat est le même. Au moins une personne a reçu un chèque de 6000 $ et le malfaiteur aurait tenté d’hameçonner deux autres personnes.

Pour protéger son identité, nous appellerons la victime Paul.

Proposition
Paul vit de l’aide sociale et a des problèmes de consommation de stupéfiants. Une connaissance lui dit qu’elle connaît un moyen d’obtenir un chèque de la PCU et qu’elle a besoin de ses informations personnelles pour aller de l’avant. Paul lui donne donc son numéro d’assurance sociale et autres informations nécessaires à l’inscription sur le site du gouvernement canadien. La connaissance place la demande et la somme de 6000 $ est versée dans le compte de Paul. Mais la connaissance lui demande ensuite de lui transférer l’argent, prétextant devoir faire quelques manipulations pour que l’argent soit bien «administré» et n’ait pas à être remboursé. C’est à ce moment que Paul se doute de quelque chose et qu’il en parle avec des proches, qui le poussent à dénoncer.

Le député bloquiste de Jonquière Mario Simard exhorte les gens bénéficiant de l’aide sociale à ne pas faire de demande de PCU, puisqu’ils devront tôt ou tard rembourser.

Paul n’a pas voulu dénoncer la situation aux policiers, par peur de représailles. Il a affirmé que deux autres personnes auraient été piégées de cette façon.


« L’individu mal intentionné lui a vraiment dit que c’était légal et qu’il y avait un moyen pour les gens sur l’aide sociale d’avoir droit à la PCU, ce qui est faux. Il faut le répéter, encore et encore. »
Le député fédéral de Jonquière Mario Simard

Finalement, une personne de confiance de Paul se tourne vers les députés de Jonquière Sylvain Gaudreault et Mario Simard, afin d’obtenir de l’aide et surtout être conseillé sur comment rembourser la somme obtenue frauduleusement sans pénalité à l’aide sociale.

C’est d’ailleurs ce qui a poussé le député bloquiste à parler de la situation avec Le Quotidien, puisqu’il craint que plusieurs personnes bénéficiant de l’aide sociale aient fait des demandes de PCU, contraints ou de leur plein gré, et que le remboursement les place dans une bien mauvaise posture, financièrement parlant.

«On parle de gens extrêmement vulnérables. Cette personne (Paul) s’est fait convaincre, parce qu’elle souffre de problèmes, notamment de consommation. L’individu mal intentionné lui a vraiment dit que c’était légal et qu’il y avait un moyen pour les gens sur l’aide sociale d’avoir droit à la PCU, ce qui est faux. Il faut le répéter, encore et encore. On a eu beaucoup d’appels au bureau à ce sujet, puisque certains croyaient y avoir droit, étant donné qu’ils avaient reçu un revenu supérieur à ce qui est exigé pour avoir la PCU. Mais l’aide sociale n’est pas considérée comme un revenu», a expliqué Mario Simard, lors d’un entretien téléphonique.

Il craint maintenant que les demandes de remboursement, dans quelques mois, s’accumulent. « Je ne jette pas le blâme sur le gouvernement fédéral, c’est tant mieux si la PCU a été accessible rapidement, mais c’est aussi facile pour les personnes mal intentionnées. Et pour une personne vivant sur l’aide sociale, rembourser 6000 $, c’est énorme », souligne M. Simard.

Le député bloquiste invite les gens qui seraient dans une situation similaire à celle de Paul à porter plainte à la police ou à communiquer avec leur député, qui pourra les diriger et les conseiller.

Pas de plaintes officielles à Saguenay
Du côté du Service de police de Saguenay, le porte-parole Luc Tardif a questionné les services d’enquêtes économiques et aucune plainte concernant la PCU n’a été déposée depuis le début de la pandémie.