Florence Boucher, aujourd’hui âgée de 19 ans, est ambassadrice des régions pour l’hôpital Sainte-Justine.

«Au moins, je suis encore en vie»

Florence Boucher respire le bonheur et la joie de vivre. Même si elle doit encore subir des opérations et qu’elle ne peut bouger comme elle le voudrait, elle est tout simplement contente d’être en vie.

Et pourtant, cette vie, elle a bien failli la perdre l’après-midi du 5 octobre 2011. La petite fille alors âgée de 11 ans a été happée par un autobus de la Société de transport du Saguenay (STS) aux coins des rues Chabanel et Sydenham. Elle est restée coincée sous les roues de l’autobus, avant que le chauffeur n’en soit avisé et qu’il ne doive reculer son immense véhicule.

« Je me suis fait passer sur le corps deux fois, lance Florence, aujourd’hui âgée de 19 ans. Je n’en veux pas au conducteur et je voudrais lui pardonner, même s’il n’a rien à se reprocher. Il ne m’a pas vue. Si j’avais un conseil à donner, c’est d’établir un contact visuel avec le chauffeur, car son angle de vision n’est pas aussi grand qu’on le pense », raconte Florence, lors d’un entretien avec Le Quotidien.

« J’ai encore de la difficulté à me remémorer cet événement. Chaque fois que j’entends parler d’un accident avec un autobus, ça me chamboule. Je me revois sous l’autobus », ajoute-t-elle.

L’accident est survenu le 5 octobre 2011.

Florence Boucher, qui est ambassadrice et co-porte-parole avec les sœurs Dufour-Lapointe pour le Défi jeunesse de Sainte-Justine (amasser des fonds pour le centre de traumatologie), comprend mieux aujourd’hui pourquoi il aura fallu plus de 40 minutes pour la sortir de sa mauvaise position.

À l’époque, elle ne savait pas, personne ne l’informait de ce qui se passait.

« J’avais peur. Je ne comprenais pas ce qui s’était passé. J’étais là et je me demandais ce qu’ils faisaient. On aurait dit qu’ils ne faisaient que prendre des photos. Moi je voulais juste sortir de là. »

« Je me sens coupable de ce que j’ai fait vivre à mes parents [Catherine Munger et Jean-François Boucher], à mon frère Antoine et à bon beau-père [Roger Blackburn]. J’ai vu Roger réconforter mon grand frère sur place et ça me faisait mal. Ils étaient abattus », raconte-t-elle.

Sept ans plus tard, Florence Boucher doit encore subir des opérations. Les ligaments de ses genoux sont en mauvais état, ce qui l’empêche de courir ou de faire un changement de direction rapide. « C’est dur pour moi, car j’étais très sportive. »

« J’ai encore des greffes de peau, j’ai des problèmes urinaires et je fais des infections urinaires sans qu’on sache pourquoi. J’en aurai probablement pour le reste de ma vie et je ne pourrai jamais être normale, comme les autres. Mais au moins, je suis encore en vie », lance Florence, le sourire fendu jusqu’aux oreilles.

Sainte-Justine

À la suite du tragique accident, Florence a été amenée à l’hôpital Sainte-Justine de Montréal en avion-ambulance. Elle y a été reçue par une panoplie de spécialistes, qui devaient voir à lui sauver la vie et à la reconstruire.

Elle a été hospitalisée durant quelques mois, le temps de réapprendre à marcher, notamment.

Florence avait reçu la visite des joueurs du Canadien de Montréal, dont l’ancien des Sags, David Desharnais (51), alors qu’elle était à Sainte-Justine.

« Je me souviens de ma première journée. Vous étiez là d’ailleurs. Je ne comprenais pas pourquoi je devais réapprendre à marcher à 12 ans, moi qui marchais depuis l’âge d’un an. J’étais impatiente. Je vivais beaucoup de frustration. J’ai pensé que c’était pour revenir plus vite que ça », dit-elle.

Quant à son implication à titre d’ambassadrice des régions pour l’hôpital Sainte-Justine de Montréal, Florence Boucher encourage la population à récolter des dons pour le centre de traumatologie. La Fondation CHU Sainte Justine a choisi pour sa nouvelle campagne, Guy A Lepage comme ambassadeur. Cette annonce se jumelle au lancement de sa campagne la Maladie d’amour des enfants propulsée par une vidéo forte en émotions. Sur la chanson La Maladie d’amour de Michel Sardou, reprise par Ariane Moffatt et Martha Wainwright, ainsi quel es jeunes voix de Clémentine, Thierry et Ariane, des enfants de Sainte-Justine.