Lucien Côté a accepté de revêtir son habit de saut pour le photographe du Progrès, même si ses plans ont changé en raison d’une blessure.

Au coeur des commémorations

En mars dernier, Lucien Côté s’est envolé vers le Texas pour prendre part à une formation de parachutistes avec le Liberty Jump Team dans un but bien précis : sauter lors des célébrations du 75e anniversaire du débarquement de Normandie. Malheureusement, une mauvaise manoeuvre lors de son deuxième saut est venue briser son rêve.

Maniaque du monde militaire et réserviste au Régiment du Saguenay pendant 10 ans, l’homme de 37 ans de Saint-Honoré avait assisté au 60e anniversaire du débarquement. Alors qu’il était déployé en Bosnie, il avait donné rendez-vous à sa conjointe Karine Gagnon, en France, et avait dit à la blague qu’il reviendrait 15 ans plus tard, pour le 75e. Son souhait est exaucé, mais les circonstances seront différentes de ce qu’il avait prévu au cours des derniers mois.

Il pensait donc à ce voyage depuis plusieurs années. L’an passé, il a accentué ses recherches et c’est en fouillant sur Internet qu’il a appris l’existence de cette équipe de saut basée dans le sud des États-Unis. Il a communiqué avec eux, rempli les conditions nécessaires et a finalement été accepté.

« Cette équipe est basée au Texas et elle saute à partir d’un DC3, un avion authentique d’origine qui a participé au débarquement, avec des parachutes à voilure ronde de type militaire. Chaque année, ils vont sauter aux commémorations », a expliqué Lucien Côté, vendredi matin, quelques heures avant de s’envoler pour la France avec son père Denis.

C’est à la lecture du livre Le jour le plus long : 6 juin 1944, de Cornelius Ryan, quand il était au secondaire, que Lucien Côté a commencé à s’intéresser au débarquement de Normandie.

Il s’est donc rendu aux États-Unis, à la fin mars, et après quelques jours, une fausse manoeuvre à l’atterrissage de son deuxième saut l’a mené directement à la table d’opération. Une fracture du péroné et une entorse à la cheville venaient de mettre fin à son projet. Il a été opéré au Texas sous anesthésie et s’est fait installer une plaque de métal avec sept vis. Deux mois après l’accident, il vit encore avec les conséquences de cette malchance. Il a travaillé fort pour sa réhabilitation au cours des dernières semaines afin de pouvoir se rendre malgré tout en France.

« J’ai dû renoncer au saut, mais la fin de semaine du 7 juin, je vais tout de même me joindre à l’équipe pour aller suivre tous les sauts avec l’équipe au sol. Je vais les accompagner dans le village de Montebourg, là où ils seront localisés pour faire le pliage des parachutes. Ensuite, ils vont sauter dans plusieurs villes historiques où il y a eu des largages dans la nuit du 5 au 6 juin, comme Amfreville, le village de Graignes, le village de Sainte-Mère-Église, la zone de saut la Fière et le village d’Angoville-au-Plain.

« Et le jeudi 6 juin, mon père et moi serons présents au Centre Juno Beach pour la journée de commémoration du 75e sur la plage canadienne, à Courseulles-sur-Mer », se console celui qui, après sa blessure, pensait devoir faire une croix sur l’aventure.

À l’école de saut, Lucien Côté a côtoyé des gens très sympathiques et a partagé sa chambre avec un Américain de Chicago. Le président de l’équipe est un Français d’origine qui est marié avec une Américaine, dont le père a d’ailleurs sauté dans la nuit du 5 au 6 juin 1944. Il y avait également un Suisse, un Britannique et un autre Français, le reste de l’équipe d’une trentaine de membres étant composée d’Américains. Au total, une centaine de parachutistes du Liberty Jump Team sauteront la semaine prochaine, dont quatre ou cinq Canadiens.

D’autres équipes seront présentes pour sauter durant la semaine. Lucien Côté cite notamment le saut du 9 juin où quelque 1000 militaires de sept nations sauteront dans le secteur de la Fière.

Au total, il passera 18 jours en Europe, dont une dizaine dans le secteur du débarquement de Normandie.

C’est depuis qu’il est tout jeune qu’il s’intéresse au parachutisme. Enfant, il voyait souvent les militaires s’entraîner à l’aéroport de Saint-Honoré avec leur parachute militaire rond et c’est à la lecture du livre Le jour le plus long : 6 juin 1944, de Cornelius Ryan, quand il était au secondaire, qu’il a commencé à s’intéresser au débarquement de Normandie.

« Pourquoi ? Parce que c’est la plus grosse opération jamais orchestrée en terme d’effectifs et de déploiement », explique-t-il en rappelant la présence d’un million de soldats et l’arrivée de 7000 bateaux et 18 000 parachutistes sur 100 kilomètres de plages, le matin du 6 juin.