Attribution des contrats de remplacement des CF-18: Richard Martel déçu des nouveaux délais

Le député conservateur de Chicoutimi–Le Fjord Richard Martel est surpris et déçu des nouveaux délais dans l’attribution du contrat de remplacement de la flotte de chasseurs CF-18.

Celui qui amorce son deuxième mandat au comité parlementaire de la Défense a appris en même temps que tout le monde, mardi matin, qu’Ottawa accordait aux manufacturiers en lice un délai supplémentaire de trois mois avant de soumettre leur proposition, laquelle devait être prête à la fin du mois.

« C’est intrigant. Le Canada est-il capable de prendre des décisions ? On n’en peut plus de ces retards qui mettent en danger la capacité de nos forces armées, et là, il s’en rajoute », a déploré le représentant conservateur.

Martel et James Bezan, critiques en matière de Défense, viennent justement de soumettre avec leurs collègues six motions au comité qui a commencé ses travaux lundi. L’une vise à faire comparaître le ministre de la Défense, Harjit Singh Sajjan, concernant l’Opération Impact en Irak. Celle déposée par le député Martel se lit comme suit : « Que le Vérificateur général comparaisse devant le Comité avant le 5 mars 2020 au sujet de son Rapport 3 de l’automne 2018, La force aérienne de combat du Canada, et que la réunion soit télévisée. » Ce rapport, rappelons-le, reprochait au gouvernement de ne pas avoir de plan pour maintenir la capacité aérienne du pays aux prises avec une pénurie de pilotes, de techniciens et d’avions.

Le Canada avait réagi à l’époque en se portant acquéreur de 25 F-18 que les Australiens s’apprêtaient à envoyer à la casse, dont huit pour les pièces, mais seulement deux ont pris leur envol depuis. Les conservateurs demandent d’ailleurs à l’officier parlementaire du budget de rendre des comptes au comité sur les coûts de cette flotte intérimaire.

Ces motions, explique Richard Martel, seront débattues cette semaine par le comité de la Défense, qui compte six libéraux, quatre conservateurs, un bloquiste et un néo-démocrate. « Nous allons voir lesquelles seront adoptées », a indiqué le député de Chicoutimi–Le Fjord, qui espère avoir l’occasion d’entendre le ministre de la Défense et le Vérificateur général.

Selon Richard Martel, ce sont les manufacturiers qui ont demandé ce délai avant de soumettre leur proposition, mais il ne peut dire pour quel motif.

Trois manufacturiers ont manifesté l’intention de présenter une proposition au Canada : le suédois SAAB, fabricant du Gripen, un avion de quatrième génération comme le F-18, l’américain Boeing, fabricant du Super Hornet, un F-1825 % plus gros que ceux de l’Aviation royale canadienne possédant une « certaine furtivité », ce qui en fait un chasseur de 4,5e génération, et Lockheed Martin, concepteur du F-35, chasseur de 5e génération.

La française Dassault avait décidé de ne pas soumettre la candidature du Rafale, tout comme Eurofighter, manufacturier du Typhoon, estimant que le cahier de charge du Canada favorisait l’achat d’un avion furtif comme le F-35.

Le Canada doit annoncer son choix en 2022 et prendre livraison des premiers avions en 2025.

Le député conservateur Richard Martel est surpris des nouveaux délais dans l’attribution du contrat de remplacement de la flotte de chasseurs CF-18.