La surface de l’angle mort d’un camion de déneigement, que l’on voit en rouge, est assez impressionnante.

Attention aux angles morts des camion de déneigement

Impressionnante la vue qu’on a au volant d’un camion de déneigement. Celle qu’on a mais surtout, celle qu’on n’a pas en raison des angles morts qui deviennent autant de pièges mortels pour les conducteurs ou piétons insouciants.

Alors que les grattes avec leurs grandes ailes ont commencé à patrouiller les routes de la région, Transport Québec et les contrôleurs routiers de la SAAQ ont invité la presse régionale à constater de visu combien il peut être dangereux de trop s’approcher d’un véhicule de déneigement en pleine action en tenant pour acquis que le chauffeur nous a vus. Parce que dix pieds autour, il ne voit rien.

On a tous des angles morts sur nos voitures. Et si vous ne le savez pas déjà, restez chez vous, vous êtes dangereux sur la route. Eh bien ! sur un gros camion, ces angles morts sont plus gros.

Si vous voulez traverser la rue devant une déneigeuse et que la gratte vous cache le visage du chauffeur, dites-vous qu’il ne vous voit pas la face lui non plus et il risque de vous attraper en passant.

Même chose si vous immobilisez votre voiture près du camion, il ne vous verra pas et s’il tourne, il risque de vous accrocher.

Pour en faire la démonstration, les contrôleurs routiers avaient installé de grandes toiles rouges autour du camion. Chaque journaliste s’est assis dans le siège du conducteur et a pu lui même constater qu’il ne voyait pas les toiles dans les rétroviseurs. Même chose pour la mini fourgonnette stationnée derrière. On l’apercevait à peine derrière le tapis rouge complètement invisible.

Cette démonstration convaincante, les gens du contrôle routier la présentent dans toutes les écoles primaires de la région. Souvent, les messages de sécurité aux parents passent par les enfants. « Mais on veut sensibiliser aussi les enfants eux-mêmes, car bien qu’ils ne conduisent pas, ils sont piétons ou cyclistes et ils doivent être conscients des dangers que représente la proximité des poids lourds », explique Nancy Doucet, porte-parole du service de contrôle routier de la SAAQ. Elle ajoute que pratiquement chaque écolier du Lac-Saint-Jean a eu l’occasion de monter dans la cabine d’un camion pour constater ces angles morts et que la campagne va bon train, maintenant, au Saguenay.

Impatience

Le chef des opérations de Transport Québec à Chicoutimi, Karl Blanchette, avait aussi un autre message à passer aux automobilistes, tout aussi essentiel pour la sécurité des usagers de la route : la patience.

« Sur le pont Dubuc, nos déneigeuses prennent plus que la moitié de la travée. Il n’y a pas de place pour une voiture. Mais il y en a qui nous dépassent quand même, et par la droite (du côté de la gratte). C’est sûr qu’il y a un accrochage », déplore-t-il.

Pourtant, traverser le pont n’est une affaire que de quelques minutes. « Les gens n’ont qu’à rouler derrière et à patienter un petit peu. Mais certains sont impatients. »

M. Blanchette souligne que ses équipes de déneigeurs, tout comme celles des sous-traitants du ministère, font tout en leur pouvoir pour accommoder les automobilistes.

Dans la Réserve faunique des Laurentides, par exemple, les déneigeuses qui doivent se mettre à deux pour dégager la voie double sont décalées afin de permettre aux automobilistes de les dépasser. Mais ceux-ci doivent quand même agir avec prudence et ralentir au moment où ils arrivent à la hauteur du véhicule qui, souvent, projette de la poudrerie, réduisant la visibilité.

« Lorsque le camion gratte seulement la neige, il roule au maximum à 50 kilomètres à l’heure. S’il fait de l’épandage, la vitesse tombe à 40 », explique Karl Blanchette. Une automobile n’est donc pas obligée de le doubler à 100 km/h.

« S’il y a beaucoup de neige et qu’il serait dangereux de dépasser, les deux déneigeuses vont travailler côte à côte pour bloquer le trafic. Ce n’est pas pour embêter les automobilistes, mais pour les protéger », met en garde le chef des opérations de Transport Québec.

Dans le rétroviseur, on ne voit pas les toiles rouges placées autour du camion en raison des angles morts.

2700 kilomètres

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Transport Québec entretient 2700 kilomètres de route. Pour ce faire, le ministère dispose de 20 camions auxquels s’ajoutent 80 véhicules provenant d’entrepreneurs privés, pour un coût total de 21 M$. L’entretien des routes requiert aussi 55 000 tonnes de sel et 123 000 tonnes d’abrasifs.