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Arvida veut devenir le Vieux-Québec de Saguenay

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
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Arvida veut devenir le Vieux-Québec de Saguenay. Le quartier détient tous les atouts pour devenir le pôle touristique historique de la ville, plaide Carl Dufour, estimant toutefois que le politique devra s’impliquer pour y arriver.
Carl Dufour confirme que des plans sont en cours pour améliorer l’aménagement du centre-ville d’Arvida.

Arvida, la ville de compagnie fondée en 1926, jouit, rappelons-le, du plus haut statut juridique de protection du patrimoine au Québec, soit celui de site patrimonial déclaré. Une douzaine de lieux dans la province détiennent ce titre, dont le Vieux-Montréal. Mais pour atteindre de nouveaux sommets, la ville et les députés devront montrer un véritable intérêt, estime le conseiller municipal d’Arvida.

« Les touristes qui viennent dans la région, ils vont à Val-Jalbert, au Zoo de Saint-Félicien. Oui, on a le fjord, mais ce n’est pas exclusif juste à notre ville, ce fjord », pointe celui qui représente Arvida depuis 12 ans à la table du conseil municipal.

« Le quartier historique a le potentiel de devenir notre pôle touristique. Il faudra toutefois continuer d’investir de l’argent, ce qui n’a pas été fait dans les dernières années, du moins, il faudra accélérer le pas si on veut arriver à notre objectif en 2026, aux 100 ans d’Arvida. »

Des investissements municipaux ont été faits à Arvida, notamment la bibliothèque et le Palace, mais ce sont des sommes qui étaient prévues bien avant que le secteur historique ne soit reconnu. Pour faire d’Arvida un véritable pôle touristique, le secteur doit d’abord accueillir un musée et un léger réaménagement du centre-ville s’impose. Deux projets en branle, mais qui demanderont une volonté politique, rappelle Carl Dufour.

L’Église Saint-Thérèse accueillera dans quelques semaines une exposition sur Arvida. ­

« Je me bats comme conseiller municipal depuis longtemps, mais ça me prend de l’aide. C’est un dossier que je ne peux mener seul, c’est la ville, mes collègues, qui doivent statuer à ce sujet. »

Des plans pour réaménager le centre-ville sont en cours de réalisation, à la demande du conseiller. Carl Dufour veut principalement ajouter des espaces verts et modifier certaines zones piétonnes. Des travaux autour du pont d’Arvida, le seul de ce type en aluminium au monde, seraient aussi nécessaires, selon le conseiller, pour mieux accueillir les touristes. La pierre angulaire du quartier demeure l’Église Sainte-Thérèse qui, dans un avenir rapproché, pourrait devenir la « gardienne de la mémoire » en accueillant le premier musée sur Arvida, propose M. Dufour.

« La Ville est en train de mener des consultations sur les églises. Car inévitablement, certaines vont fermer. Ici, l’église est dans un quartier historique, elle est protégée. Mais avant qu’elle ne soit placardée ou fermée, il faut prendre position, comme Ville. Est-ce qu’elle pourrait servir de musée ? », propose M. Dufour, ajoutant que la transition devra évidemment se faire en respect avec les paroissiens. D’ailleurs, une partie de l’église accueillera dans quelques semaines une exposition sur Arvida.

UNESCO

Le projet de faire inscrire Arvida au patrimoine bâti de l’UNESCO n’est pas mort, ajoute M. Dufour. Ce dernier est d’ailleurs convaincu qu’avec une volonté politique forte, la région aurait été en mesure de faire inscrire la ville de compagnie sur la liste indicative du Canada. Cette liste se veut, en quelque sorte, un inventaire que le pays défendra devant le comité international, au cours des prochaines années.

Pour qu’un lieu proposé puisse être inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, il doit d’abord figurer sur la liste indicative du pays où il se trouve. Seulement deux candidatures par année peuvent être soumises par chaque pays aux fins d’examen par le comité international.

« Le dossier est toujours vivant. C’est encore le but ultime d’être sur cette liste. Pourquoi n’y est-on pas, malgré toutes les reconnaissances d’experts dans le monde ? Ce qu’on a manqué, c’est du lobby politique. Il est presque inexistant. On n’a pas mis de pression sur le gouvernement, on n’a pas été tannant. Faudrait peut-être commencer à l’être », laisse tomber M. Dufour.

« Ce que les experts nous ont toujours dit, c’est qu’on est sur la bonne voie et de continuer d’investir dans Arvida. Si on veut monter un étage plus haut, il faut le faire. »

Arvida, reconnue comme la capitale historique de l’aluminium, est admirée par divers experts internationaux pour représenter, notamment, l’aboutissement de la société industrielle.