Josée Néron s’est dite satisfaite des résultats financiers vérifiés.

«Arrêter d’emprunter pour payer l’épicerie»

Le dernier exercice financier de Saguenay s’est soldé avec un excédent de 1,4 million $ par rapport à ce qui avait été budgété. Au 31 décembre 2017, la dette se situait cependant à 420 millions $, une augmentation de 24 millions $ par rapport à 2016.

La mairesse Josée Néron a été bien claire dans son discours sur la situation financière de la Ville, prononcé lundi soir, lors de l’assemblée mensuelle du conseil de Saguenay.

« Nous allons travailler à arrêter d’emprunter pour payer l’épicerie », a-t-elle déclaré.

En dépit de la dette, Josée Néron s’est dite satisfaite des résultats financiers vérifiés, lesquels sont conformes aux normes comptables canadiennes pour le secteur public. D’autant, a-t-elle précisé, qu’ils tiennent compte de deux réserves de 500 000 $ créés sur recommandation du comité de transition, nommé à la suite de l’élection de novembre dernier. L’une de ces réserves est destinée à la réfection des infrastructures désuètes, tandis que l’autre permet de faire face aux fluctuations des coûts liés à l’achat d’énergie et à l’acquisition d’équipement électrique.

En ce qui a trait au réseau hydroélectrique détenu par Saguenay, lequel comprend les centrales Pont-Arnaud et Chute-Garneau, la mairesse a rappelé qu’il s’agit là d’une source importante de revenus pour la Ville.

« En 2017, Hydro-Jonquière termine l’exercice avec un apport de 9,4 millions $, soit une marge bénéficiaire de 19,4 pour cent. Sans Hydro-Jonquière, nous aurions dû taxer 8,3 millions de plus pour nous permettre de boucler notre budget de fonctionnement », a mis en relief la première magistrate.

80 millions en travaux
L’an dernier, des travaux ont été réalisés à hauteur de 80,3 millions $. La majeure partie de ce montant, 52,3 millions $, a été consacrée aux infrastructures routières, d’égout, d’aqueducs et de parcs. L’état du réseau routier demeure un problème majeur à Saguenay, alors que plusieurs routes, soit 425 kilomètres, sont classées D et E.

« Il nous faudra dix ans pour y arriver », a expliqué Josée Néron, après avoir fait part de l’intention de son administration de réparer 38 kilomètres en 2018, comparativement à 31 kilomètres en 2017 et 37 kilomètres au cours des deux années précédentes.

Au sujet de la dette, les élus de Saguenay veulent la contenir. Une politique de gestion de la dette devrait être adoptée sous peu, laquelle permettra de maintenir son coût de financement à un prix raisonnable pour les contribuables.

Au cours de la séance tenue au Vieux-Théâtre de La Baie, les élus ont donné leur aval à un emprunt de 12,1 millions $ afin de garantir les obligations de la Ville envers le régime de retraite des employés municipaux. Josée Néron n’a pas caché que la décision de l’ancienne administration d’emprunter, sur plusieurs années, pour renflouer le régime, pèse lourd sur les finances municipales.

« C’est une façon de faire qui était permise, mais qui a un impact important sur la dette. Comme conseil, on va essayer de tranquillement, mais sûrement, ramener la donne par souci d’équité générationnelle et de saine gestion des deniers publics », a-t-elle indiqué.

Dons et subventions
La refonte du programme de dons et subventions, un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre au cours des dernières semaines, sera assortie de l’adoption officielle d’une politique basée sur la reconnaissance des organismes, a annoncé Josée Néron.

« Tout le monde va devoir refaire l’exercice. C’est la pierre angulaire de ce programme-là. Quand la reconnaissance sera accordée, on verra si les organismes peuvent recevoir une aide financière », a conclu l’élue.

CRYPTOMONNAIE, TRAITEMENT DES DONNÉES INFORMATIQUES ET CANNABIS 

Saguenay modifie son règlement de zonage pour faciliter l’implantation d’une usine d’entreposage et de traitement de données informatiques. 

Un avis de motion a été présenté, lundi soir, pour permettre la création d’une ferme de minage de cryptomonnaie. Peu de détails ont filtré à ce sujet au cours de l’assemblée qui s’est échelonnée sur près de trois heures. La mairesse a toutefois parlé d’« un très beau projet, qui sera bientôt présenté à la population ». 

La légalisation du cannabis a aussi mobilisé une partie des discussions, alors que des modifications au zonage ont dû être entérinées pour permettre l’implantation de commerces destinés à la vente de produits dérivés dans les centres-ville. La mairesse Néron a précisé, non sans un léger fou rire puisqu’il s’agit d’un domaine avec lequel elle a admis être peu familière, qu’il est principalement question de produits d’alimentation comme des muffins et des huiles, par exemple. C’était en réponse à une question du conseiller d’Arvida, Jean-Marc Crevier, qui s’interrogeait sur la nature précise de ces dérivés de la plante.

Le Baieriverain Éric Simard s’est pour sa part inquiété de la présence d’un tel commerce à proximité d’une zone scolaire. Il a vite été rassuré par son collègue Simon-Olivier Côté, qui a rappelé que des règles très strictes encadrent l’implantation des boutiques, notamment en ce qui a trait à la distance les séparant d’établissements fréquentés par des jeunes.

Enfin, notons que le conseiller Marc Bouchard présidera la nouvelle table Ville étudiante, mise en place par Saguenay, en collaboration avec l’UQAC, les deux cégeps et les commissions scolaires du territoire