Armstrong continue de défendre le bac brun

Kevin Armstrong persiste et signe : Saguenay aurait eu à construire une infrastructure si elle avait choisi de faire du compost en sac, en vertu de la loi. Il réfute les propos de Michel Laforest, publiés la semaine dernière dans Le Quotidien, alors que le chef de la direction stratégique de Waste Robotics s’attaquait au choix de la Ville pour le bac brun.

Dans l’article, publié le 10 octobre, on pouvait lire : « Enfin, Michel Laforest croit qu’il est faux de dire que la loi oblige les villes à faire du compost à l’intérieur, nécessitant ainsi l’implantation d’infrastructures destinées à cette fin. “Pour le tri optique, oui, mais pour le compostage, la directive du ministère de l’Environnement est très claire. On n’est pas obligés de faire du compostage fermé’’, dit le chef de la direction stratégique, documents en main. »

Dès que l’équipe du développement durable de Saguenay a lu ces lignes, elle a demandé au gouvernement une clarification au sujet du règlement. Le document a ensuite été fourni au Progrès, et on y peut lire : « Les exigences en matière environnementale requièrent que le compostage de toute matière organique collectée en sacs, autres que des sacs de papier, soit effectué dans un bâtiment fermé avec ventilation à pression négative et avec traitement de l’air vicié », a signalé Nicolas Juneau, de la Direction des matières résiduelles. C’est ce qui confirme donc que le choix du compostage en sac aurait exigé que Saguenay construise des infrastructures supplémentaires.

Quant à la différence de 18 millions $ entre les chiffres de Saguenay et ceux de M. Laforest, elle est difficilement explicable, a avoué M. Armstrong. « On ne comprend pas d’où il sort la différence de 18 millions, parce que les chiffres de M. Laforest ne sont pas publics », admet-il. Il invite donc M. Laforest à publier ses études. Certes, les différences de chiffres dénoncées par le chef de la direction stratégique de Waste Robotics entre le rapport de 2016 et les données actuelles utilisées par la Ville sont, selon le conseiller, tout à fait normales. Ce ne serait qu’en raison de l’avancée des recherches. « Il n’y a pas des données plus à jour et plus réelles que celles qui sont présentement sur le site Internet de la Ville. Nous avons pris les données du marché actuel, donc elles sont plus justes que celles de 2016 », s’est défendu le conseiller.

M. Armstrong soutient aussi que Saguenay, lorsqu’elle comptabilise les prix, tient compte de toute l’envergure du projet. « J’ai l’impression que M. Laforest ne compte que la collecte des déchets et ne compte pas leurs traitements. Ça doit jouer dans la différence de prix », a noté le conseiller.

Il tenait d’ailleurs à souligner que l’utilisation des bacs bruns était la mesure la plus écologique, sans aucun doute. « Dans les prochaines années, notre objectif est de diminuer et même de bannir le plastique à usage unique », a-t-il ajouté. Même si des sacs recyclables pouvaient être utilisés avec cette technologie, ils apporteraient un coût encore plus grand aux citoyens. Avec la tendance environnementale grandissante, qui fait que plusieurs commerces éliminent les pailles et les bouteilles de plastique, il ne voit pas comment la Ville pourrait utiliser une technologie qui demande aux citoyens de se procurer des centaines de sacs en plastique supplémentaires, alors que le bac peut être réutilisé. « On achète un bac une fois, mais des sacs seraient multipliés par les citoyens », a conclu M. Armstrong.