Le chef de la direction d’Arianne Phosphate, Jean-Sébastien David, explique que l’entreprise projette de construire une usine de deuxième transformation.

Arianne Phosphate songe à la deuxième transformation

La minière Arianne Phosphate projette de construire une usine d’acide phosphorique pour transformer le minerai qu’elle extraira du lac à Paul. Cette usine, qui est encore au stade de l’ébauche, représente un débouché de plus pour le minerai, qui aura déjà subi une première transformation, estime le chef de la direction, Jean-Sébastien David.

En entrevue avec Le Progrès, M. David affirme, d’emblée, que la priorité demeure de commencer l’extraction du minerai d’apatite au lac à Paul. « L’ouverture de la mine, ça nous laisse des options. Ces options-là, c’est une usine d’acide phosphorique », raconte M. David.

Selon Jean-Sébastien David, 85 % des entreprises qui font de l’extraction d’apatite possèdent une usine d’acide phosphorique. Qu’Arianne Phosphate investisse ou non dans la production d’acide phosphorique, le minerai produit par l’entreprise, après une première transformation, sera vendu à une usine qui oeuvre dans le domaine. L’acide phosphorique peut être utilisé dans le domaine alimentaire, tant humain qu’animal, ou dans l’industrie agricole.

« On est des mineurs, mais on est capables de voir les opportunités. [...] Les marges de profits sont intéressantes dans la production d’acide phosphorique. Il y a de l’intérêt sur le marché », indique M. David, avant d’ajouter que la construction de cette usine de deuxième transformation se fera en collaboration avec des partenaires financiers.

Arianne Phosphate a déjà sécurisé son approvisionnement en acide sulfurique, un ingrédient essentiel à la transformation du minerai.

Détails à fignoler
Si cette avenue se présente comme une décision logique à prendre, une fois la mine en opération, aucun lieu n’est encore choisi pour la construction de cette éventuelle infrastructure. L’endroit privilégié devra répondre à deux critères. « Le mot acide fait peur à tout le monde. On est très conscients de ça. Ça prend, d’abord, un terrain habilité dans l’industrie lourde, à l’industrie pétrochimique. On ne veut pas mettre ça n’importe où. Deuxièmement, ça nous prend une fourniture en continu d’acide sulfurique. Il faut être pas loin d’une source ou être localisés à un endroit à partir d’où ce sera facile de s’approvisionner », affirme M. David.

Comme Arianne Phosphate compte livrer son minerai en bateau, cette éventuelle usine serait aussi desservie par voie maritime.

Augmentation des prix
Si le prix du phosphate primaire a augmenté dans les derniers mois, celui de l’acide phosphorique a connu une progression encore plus importante. « Je ne dirai pas que le prix de l’acide a connu une envolée. Il est revenu à des prix normaux, dans les six derniers mois », explique le chef de la direction d’Arianne Phosphate.

Le projet d’exploitation de la mine, qui n’a jamais été aussi près de voir le jour, n’a toujours pas de date de commencement. Il reste encore des questions de financement à boucler, qui devraient être réglées cet automne. On verrait la première pelletée de terre symbolique, dans un monde idéal, le printemps prochain.

Jean-Sébastien David est plus confiant que jamais. La fenêtre idéale pour Arianne Phosphate est la période 2020-2021. Selon les prévisions, l’offre en minerai atteindra un creux à cette période, alors que les prix seront à leur plus haut. « On est motivés. La conjoncture est là. Il faut voir un coup d’avance », pense M. David.