Une étude du ministère de l’Environnement met en doute la viabilité économique du projet de mine d’Arianne Phosphate

Arianne Phosphate: Carl Laberge ne s’en fait pas

Alors qu’une étude du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) parue en mars dernier émet de sérieux doutes sur la viabilité économique du projet de mine d’apatite d’Arianne Phosphate, Administration portuaire du Saguenay (APS) réitère sa confiance envers l’entreprise et son projet de terminal à l’anse à Pelletier.

Pour le directeur général d’APS, Carl Laberge, la publication de cette étude ne change rien au projet de port sur la rive nord du Saguenay. « Arianne Phosphate a toujours été notre client. Le projet de terminal se fait parce qu’il y a une volonté de leur côté », a fait savoir M. Laberge, lorsque joint en soirée.

Selon lui, la minière a toujours démontré le sérieux de ses démarches et sa capacité à obtenir du financement auprès des investisseurs. « Il en existe des tonnes, des avis d’experts et du gouvernement qui donnent leur opinion sur un projet », laisse tomber Carl Laberge, en ajoutant qu’il ne faut pas toujours se fier aux critiques.

Pas rentable
Le document produit par le MDDELCC émet pourtant de sérieux doutes quant à la rentabilité de la mine à ciel ouvert située au lac à Paul, laquelle ne pourrait pas être atteinte avant dix ans. Selon l’économiste Dick McCollough, qui signe l’étude, le projet d’Arianne Phosphate ne tient pas la route avec les prix actuels du minerai.

Administration portuaire de Saguenay, par la voix de son directeur général, Carl Laberge, réitère son appui à Arianne Phosphate, malgré les critiques d’un économiste du MDDELCC.

« Malgré le ton optimiste des gestionnaires d’Arianne Phosphate et des autorités portuaires constaté dans les communiqués et les documents officiels, la situation financière d’Arianne Phosphate semble précaire, sinon insoutenable à court et moyen termes, en raison principalement de l’importance des investissements requis pour l’ensemble du projet, de la faiblesse des prix, d’un marché saturé et de l’absence de partenaires financiers » explique M. McCollough dans son analyse.

En dehors des questions monétaires, l’analyse du MDDELCC critique aussi la construction d’un terminal maritime dans le secteur de l’anse à Pelletier. L’auteur de l’étude ne peut conclure que cette infrastructure, qui répondrait à plusieurs usages, est acceptable socialement.

Deuxième transformation
La minière a récemment annoncé son intention de construire une usine de deuxième transformation d’apatite. Cette usine, qui serait construite au Nouveau-Brunswick, transformerait le minerai en acide phosphorique. En entrevue avec Le Quotidien lors de l’annonce de la construction de cette usine de transformation, Jean-Sébastien David faisait remarquer que, selon lui, le marché du phosphate connaîtra une embellie dans les prochaines années.

« Vers 2020-21, on nous a prédit un creux dans l’offre, alors que la demande va augmenter. La fenêtre pour Arianne est excellente. La conjoncture est là », affirmait-il dans les bureaux de l’entreprise situés sur la rue Racine.

Invité à commenter les conclusions de cette étude, M. David, qui est en vacances cette semaine, n’a pas retourné l’appel du Quotidien.