Marjorie Pedneault est de retour au Québec après avoir subi un traitement en Hongrie pour le cancer du sein ainsi qu'un voyage rempli de rebondissements. 
Marjorie Pedneault est de retour au Québec après avoir subi un traitement en Hongrie pour le cancer du sein ainsi qu'un voyage rempli de rebondissements. 

Après un traitement en Hongrie, Marjorie Pedneault garde espoir de vaincre le cancer

Mariane Guay
Le Quotidien
La Robervaloise Marjorie Pedneault est de retour au Québec après avoir subi une intervention en Hongrie, elle qui tente toujours de trouver un traitement efficace contre son cancer du sein métastatique jugé incurable. Son voyage en Europe n’a toutefois pas été de tout repos.

Marjorie Pedneault venait tout juste de recevoir une belle nouvelle, lorsque contactée par Le Quotidien, mardi. En effet, elle allait pouvoir retrouver ses garçons à Roberval dans peu temps. Depuis son arrivée au Québec, elle était confinée au chalet familial dans l’attente d’un résultat négatif à la COVID-19. Revoir ses enfants lui fera le plus grand bien après un long voyage éprouvant. «Je suis en train de faire mes bagages, j’ai tellement hâte!», a-t-elle lancé au bout du fil.

Pour l’instant, elle se sent particulièrement bien malgré le décalage horaire. «Ça va bien, je suis surprise. Je pensais avoir le décalage, parce que c’est tout de même 6h de décalage avec là-bas donc je croyais que ce serait pire. Ça va bien, j’ai de l’énergie. C’est sûr que j’ai de la douleur, mais ça se contrôle», a souligné la maman de 35 ans.

Un aller-retour épuisant
Dès son arrivée en Hongrie, son frère et elle ont éprouvé quelques difficultés. Avant de partir du Québec, Marjorie Pedneault avait pris soin de faire une demande d’exemption afin de ne pas avoir à faire une quarantaine de deux semaines en Hongrie. Son traitement devait avoir lieu quelques jours seulement après son arrivée, donc il était impossible pour elle de s’isoler 14 jours. De plus, ses traitements du Québec auraient été retardés. Malgré tous les documents approuvés entre les mains, les douaniers n’étaient pas convaincus.

«Quand ils ont vu nos passeports et qu’on venait du Canada, ils nous ont tout de suite dit d’attendre. Ils étaient une dizaine de douaniers assez sérieux et en plus avec la langue hongroise qu’on ne comprend pas, ils parlaient entre eux. C’était assez stressant. Et puis nous, avant de partir, on s’était dit que si on était pour avoir des problèmes, on allait avoir des lettres qui approuvent. La police hongroise avait accepté et nous avait envoyé une lettre comme quoi ils confirmaient et même l’ambassade. On avait tout ça en notre faveur, donc on s’était dit qu’avec ça tout irait bien, mais malgré ça les douaniers s’entêtaient à dire qu’il fallait que nous soyons deux semaines en isolement», a-t-elle raconté. Finalement, après maintes discussions et quelques coups d’émotions, les douaniers ont fini par accepter de les laisser partir de l’aéroport. «Moi et mon frère on est quasiment partis à courir, on s’est dépêché de partir», relate-t-elle en se remémorant ce moment.

L’intervention avait lieu quelque temps après l’épopée de l’aéroport. Le traitement qui n’est pas disponible au Canada consistait à injecter «une sorte de chimiothérapie» par les veines après avoir endormi le patient. Après l’injection, le médecin a 40 minutes maximum pour disposer les électrodes sur les tumeurs. Lorsque les 40 minutes sont écoulées, l’efficacité n’est plus la même. Dans le cas de Marjorie, elle explique que le médecin n’a pas eu assez de temps pour faire le traitement sur toutes les tumeurs lors de cette intervention, car la maladie s’était beaucoup propagée dans les dernières semaines. Toutefois, elle ajoute qu’il est possible que le traitement ait fonctionné comme il y a eu environ 80% de réussite. «Je vais être suivi ici par ma dermatologue à peu près aux deux ou trois semaines. Habituellement après deux mois, je devrais avoir une bonne idée de si je devrais avoir un autre traitement ou si ça a fonctionné.»

La suite
Pour la suite, Marjorie Pedneault continuera ses traitements du Québec et de la Californie. Elle explique que de plus en plus on s’accorde pour confirmer que la combinaison de deux, trois ou quatre sortes d’immunothérapie aide à déclencher une réponse immunitaire, ce qui est souhaité depuis le début dans son cas. C’est pourquoi elle est en train de regarder pour un autre traitement à ajouter à ceux qu’elle reçoit actuellement.

Cependant, ce traitement est approuvé au Canada pour certains cancers, mais pas le sien. Elle doit donc une fois plus débourser une somme exorbitante. «On a trouvé une compagnie privée pharmaceutique qui accepte de me l’injecter. C’est environ 30 000$ pour une injection. Donc là on est la recherche d’un oncologue qui va me le prescrire», a-t-elle confié.

Elle conclut en remerciant la communauté pour leurs généreux dons. «Chaque sou va nous aider à continuer nos recherches!» La levée de fond sur la page Facebook s’achève le 10 août.