Appui massif pour Liz S. Gagné au conseil des commissaires

La présidente Liz S. Gagné et le conseil des commissaires de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay ont reçu un large appui dans le dossier Chantale Cyr, mardi soir, lors de leur séance publique. Plus d’une centaine de membres du personnel s’étaient déplacés pour faire savoir leur soutien à l’aide de la lecture d’une lettre par une enseignante qui a été suivie par une salve nourrie d’applaudissements.

Cette soirée est survenue au milieu d’un chassé-croisé de nouvelles dans le dossier de Chantale Cyr, alors que Radio-Canada rapportait la veille que l’ex-directrice générale réclamait plus d’un million de dollars à la commission scolaire dans la foulée de la décision du juge Guy Roy du Tribunal administratif du travail le mois dernier. Il avait établi au terme d’un long procès que Mme Cyr avait été victime, notamment, d’un congédiement illégal et de harcèlement psychologique.

La salle publique du Centre administratif de la rue Jacques-Cartier était remplie à craquer alors que les membres du personnel, des enseignants aux cadres en passant par des conseillers pédagogiques, remplissaient tout l’espace disponible au devant de la table du conseil, seulement quelques-uns d’entre eux ayant pu trouver des places assises.

Lors de la période de parole au public, en début d’assemblée, c’est l’enseignante à l’École secondaire des Grandes-Marées de La Baie, Nancy Auclair, qui a dit parler au nom de ses collègues. « Mme Gagné, vous êtes arrivées au moment où on avait le plus besoin de vous. Le corps souffrait d’une méchante migraine et tout le monde sait que quand la tête ne va pas, c’est tout le corps qui en souffre. Vous étiez pour nous notre ibuprofène, notre acétaminophène. Mais le mal était plus grand qu’on pensait, plus difficile à guérir », a-t-elle lancé à propos des problèmes récurrents à la direction de la commission scolaire.

L’enseignante Nancy Auclair a lu une lettre d’appui au conseil.

Ainsi, elle visait plus largement que le simple dossier de Chantale Cyr, a-t-elle ajouté lors d’un entretien avec les journalistes, en marge de la séance.

« Ça avait commencé avant, mais quand elle est arrivée, ça n’a pas amélioré les choses. Et oui on a peur qu’elle revienne pour tout ce qu’on a vécu pendant le temps qu’elle était là », a-t-elle avoué.

Départ demandé

Des voix s’étaient élevées à la suite de la décision du juge Roy demandant le départ de Liz S. Gagné, sévèrement blâmée dans le jugement. Toutefois, Mme Gagné a décidé de demeurer en poste, ce qu’elle a réitéré fermement mardi soir. Sa décision avait même surpris le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. Quelques jours plus tôt, il avait déploré l’ampleur des frais juridiques engagés par la commission scolaire, soit 600 000 $. Rappelons que le ministre caquiste a déposé le 1er octobre un projet de loi qui abolirait les commissions scolaires le 29 février prochain. Elles seraient remplacées par des centres de services scolaires.

Pour terminer sa lettre, Mme Auclair invitait justement Mme Gagné à demeurer en poste, tout comme la directrice générale par intérim, Johanne Allard, qui devrait redonner son poste si Mme Cyr revenait au sein de l’organisation.

« On est chanceux quand même, on vous a vous et les autres. On a Mme Allard qui a repris le chapeau et qui essaie de tout mettre en place les recommandations du ministère. C’est une femme de coeur, on en profite et on souhaite que ça s’étire dans le temps. Mais bon, il faut être réaliste quand même. Mme Gagné, pour le temps qu’il nous reste, gardez la tête haute. Vous êtes notre modèle de détermination, de bravoure et de dévouement », a conclu l’enseignante.

Pour sa part, Mme Gagné semblait réjouie de l’appui reçu, autant pour elle que pour tout le conseil.

Une note discordante

L’ancien candidat à la présidence du conseil des commissaires en 2017, Christian Joncas, a pris la parole pour dénoncer la situation actuelle. « Je suis gêné de ce qui se passe actuellement. Je suis un homme de justice et la justice a rendu un jugement. (...) C’est gênant à travers le Québec. On est rendus à 2 M $ jusqu’à maintenant. C’est assez, ça a assez duré », a-t-il fait savoir aux commissaires.

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PAS DE DEMANDE DE RÉVISION

La Commission scolaire des Rives-du-Saguenay ne demandera pas de révision de la décision du juge Guy Roy du Tribunal administratif du travail.

C’est ce qu’a confirmé mardi soir le commissaire-parent et porte-parole dans le dossier, Carl Bergeron.

« On travaille pour négocier une entente hors cour », a-t-il répondu.

La date limite pour une demande de révision est le mercredi 30 octobre.

La CS présentera plutôt sa position le 14 novembre au juge Roy. Ils espèrent toutefois en venir à une entente d’ici là.

En ouverture de prise de parole du public, l’Association québécoise des cadres scolaires (AQCS) était intervenue par la voix de son directeur des relations de travail, Conrad Berry. « L’association est d’opinion que la médiation s’impose dans les circonstances. Cette démarche permettrait l’instauration d’un dialogue que l’on veut constructif entre les parties », a-t-il indiqué.

M. Bergeron s’est montré réceptif. « On est ouverts à toutes les options, que ce soit la négociation ou la médiation », a mentionné le porte-parole.

Il est bon de noter que l’AQCS ne représente pas les directions générales des commissions scolaires, mais plutôt les niveaux inférieurs.